Le personnel canadien pour l’Irak: 69 conseillers militaires au sol et 100 pour la Force aérienne

Les ministres des Affaires étrangères, John Baird, et de la Défense, Rob Nicholson, ainsi que le chef d'État major de la Défense, le Général Tom Lawson, se présentaient le 9 septembre 2014 devant le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des Communes à Ottawa pour onformer les parlementaires sur le déploiement canadien en Irak annoncé la semaine précédente par le premier ministre Stephen Harper (45eNord.ca/Nicolas Laffont)
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Les ministres des Affaires étrangères, John Baird, et de la Défense, Rob Nicholson, ainsi que le chef d'État major de la Défense, le Général Tom Lawson, se présentaient le 9 septembre 2014 devant le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des Communes à Ottawa pour onformer les parlementaires sur le déploiement canadien en Irak annoncé la semaine précédente par le premier ministre Stephen Harper (45eNord.ca/Nicolas Laffont)
Les ministres des Affaires étrangères, John Baird, et de la Défense, Rob Nicholson, ainsi que le chef d’État major de la Défense, le Général Tom Lawson, le 9 septembre 2014 devant le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des Communes à Ottawa. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a finalement confirmé le chiffre exact de 69 soldats canadiens déployés en Irak pour conseiller les forces de sécurité irakiennes qui lutte contre les djihadistes de l’État islamique, et s’ajoute à l’effectif d’environ 100 membres des Forces armées canadiennes de la Force opérationnelle aérienne du Canada pour l’Irak.

Se présentant devant les parlementaires le 9 septembre pour les informer sur le déploiement canadien en Irak, les ministres conservateurs de la Défense et des Affaires étrangères, Rob Nicholson et John Baird, n’avaient pas voulu préciser le nombre exact de militaires canadiens qui seraient déployés, malgré l’insistance des députés de l’opposition, particulièrement Jack Harris, le porte-parole de l’opposition officielle néo-démocrate, pour avoir un chiffre précis.

Tout ce que le ministre conservateur de la Défense avait accepté de dire, c’est qu’il s’agirait de «plusieurs douzaines».

Dans la presse, les estimations variaient d’une douzaine à près d’une centaine. Alors que certains médias parlaient d’à peine une douzaine de conseillers, sur la foi de ce que nous disaient nos propres sources, 45eNord,ca, avait pour sa part annoncé le 5 septembre «qu’après après avoir reçu le consentement définitif de l’Irak, près d’une centaine de membres du Régiment d’opérations spéciales du Canada (ROSC) se joindra donc aux militaires américains pour conseiller le gouvernement irakien sur la façon de fournir aux forces de sécurité dans le nord du pays des moyens d’agir plus efficacement devant la menace de l’État islamique de l’Irak et du Levant (EIIL)».

Le déploiement fait suite à l’appel des États-Unis à former une vaste coalition internationale pour venir à bout du groupe État islamique qui, après s’être emparé de pans entiers du territoire irakien dans une offensive fulgurante en juin dernier, a déclaré sur les territoire conquis un «califat» dans les territoires qu’il contrôle à cheval sur la Syrie et l’Irak et où il impose sa version pparticulièrementrigoriste des la «charia» et fait régner la terreur.

Outre les conseillers militaires, le Canada a déjà déployé un avion CC-130J Hercules et un avion CC-177 Globemaster III de l’Aviation royale canadienne, ainsi que leurs équipages d’environ 30 membres des Forces armées canadiennes à partir de la Base des Forces canadiennes Trenton pour aider à la livraison de matériel militaire essentiel provenant d’alliés qui apportent leur contribution aux forces qui combattent l’EIIL.

De plus, le 15 septembre, à la Conférence internationale sur la paix et la sécurité en Irak, coprésidée par les présidents français et irakien François Hollande et Fouad Massoum, le ministre des Affaires étrangères canadien John Baird, a annoncé l’envoi par le Canada d’armes et de munitions aux Kurdes irakiens.

Dans le cadre de l’Opération IMPACT, la Force opérationnelle aérienne du Canada en Irak entreprendra donc à compter du 18 septembre des opérations à partir de la République tchèque, qui consisteront à livrer en Irak des munitions pour armes légères fabriquées en Europe de l’Est, dans le but d’aider les forces de sécurité irakiennes à protéger les civils contre la menace terroriste présentée par l’État islamique.

Et les Forces armées canadiennes n’en continueront pas moins de participer à des opérations de transport aérien exécutées à partir de l’Albanie dans le cadre d’un effort multinational auquel contribuent également les États-Unis et le Royaume-Uni, et qui vise à assurer une protection efficace aux Irakiens qui font face aux attaques de l’État islamique.

Pour mémoire, la Force opérationnelle aérienne du Canada en Irak comprend:

  • un avion-cargo CC-130J Hercules;
  • un aéronef de transport CC-177 Globemaster III;
  • et un effectif d’environ 100 membres des Forces armées canadiennes, qui regroupe des membres d’équipage d’aéronef, des techniciens et des spécialistes de la logistique

À cela s’ajoutent donc maintenant les 69 membres des forces spéciales canadiennes qui fourniront des conseils stratégiques et tactiques aux forces irakiennes avant de commencer les opérations tactiques contre les combattants de l’État islamique.

Avec maintenant près de deux centaines de membres des Forces armées canadiennes en Irak sans que le parlement n’ait eu à se prononcer, la députée de Portneuf et porte-parole adjointe de l’opposition néo-démocrate en matière de Défense Élaine Michaud, qui s’exprimait mardi soir sur la question lors d’un débat d’urgence à Ottawa, craint un engagement progressif sans débat ni consultation des parlementaires.

Ce à quoi les conservateurs, tout promettant de tenir les parlementaires informés la situation qui ne cesse d’évoluer, rétorquent que, vu la gravité de la menace, il importait de répondre à l’appel, le ministre de la Défense soulignant en outre que l’expertise acquise en Afghanistan par nos forces spéciales servira en Irak contre l’État islamique en faisaient les parfaits candidats pour ce genre de mission.