Le sommet de l’OTAN dominé par l’Ukraine, les Russes irrités, mais Porochenko optimiste

Le sommet de l'OTAN s'est ouvert jeudi 4 septembre à Newport (Royaume-Uni) dans un contexte électrique dominé par la crise ukrainienne (Nato Wale Summit)
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Le sommet de l'OTAN s'est ouvert jeudi 4 septembre à Newport (Royaume-Uni) dans un contexte électrique dominé par la crise ukrainienne (Nato Wale Summit)
Le sommet de l’OTAN s’est ouvert jeudi 4 septembre à Newport (Royaume-Uni) dans un contexte électrique dominé par la crise ukrainienne (Nato Wale Summit)

Le sommet de l’OTAN s’est ouvert ce jeudi 4 septembre pour deux jours à Newport (Royaume-Uni) dans un contexte électrique dominé par la crise ukrainienne, sur fond de guerre des mots entre Occidentaux et Russes qui ont été jusqu’à traiter l’OTAN de «fille hystérique de la Guerre Froide», alors que le président ukrainien Porochenko se déclare malgré tout confiant de signer un cessez-le-feu vendredi.
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Mise à jour au 04/09/2014 à 13h41

La Russie a massé à sa frontière avec l’Ukraine des troupes et du matériel bien plus puissants que tout ce que nous avons vu depuis le début de la crise qui oppose Kiev et les séparatistes prorusses, a affirmé le Pentagone .

Il y a des troupes au sol, une plus forte concentration de pièces d’artillerie, une plus forte concentration de systèmes de défense anti-aériens, une plus forte concentration de roquettes, a détaillé un porte-parole du Pentagone aujourd’hui, le colonel Warren, selon lequel plus de 10.000 soldats russes seraient massés le long de la frontière.

—– à 12h41 La Russie auraient massé aujourd’hui des forces sans précédent à la frontière ukrainienne, rapporte l’AFP sans donner d’autres détails. À suivre…

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Alors qu’une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement posaient pour la photo de famille jeudi midi à Newport, pour un sommet censé envoyer un message de fermeté à la Russie, la réplique ne s’est pas fait attendre de Moscou.

Les États-Unis soutiennent «le parti de la guerre en Ukraine», a lancé le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov, irrité du rejet brutal du plan russe de règlement en sept points et dénonçant «un sursaut de la rhétorique antirusse» à la faveur de la crise ukrainienne.

Ce plan en sept points a été qualifié de «poudre aux yeux» par Kiev, et de «soi disant plan de paix» par le Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

«Certains partenaires occidentaux, y compris, malheureusement, le joueur le plus influent. les Etats-Unis, veulent gagner de l’OTAN pour gagner une situation où l’Amérique dicte sa volonté. Cette notion d’exclusivité, a été proclamé à maintes reprises par le président des États-Unis Barack Obama du haut des tribunes. Et ce n’est pas fini», s’est plaint le chef de la diplomatie russe lors d’une rencontre aujourd’hui à Moscou avec Secrétaire Général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland.

Le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine a pour sa part été encore plus loin  et a qualifié sur Twitter l’Otan de « fille hystérique de la Guerre Froide ».

Porochenko optimiste

Pourtant, en dépit de l’escalade verbale, le président ukrainien Petro Porochenko, invité central du sommet de l’OTAN, a assuré qu’un cessez-le-feu pourrait être signé vendredi à Minsk, au Belarus.

Hier, mercredi, les autorités de Kiev avaient annoncé un cessez-le-feu définitif dans l’est de l’Ukraine, mais Moscou avait tout de suite nuancé l’annonce faite parle service de presse du président ukrainien suite à un entretien avec Vladimir Poutine, déclarant, somme toute, que ce n’était pas si simple.

Voilà qu’aujourd’hui, jeudi, Porochenko déclare que «Demain [vendredi 5 septembre, ndlr] à Minsk, un document doit être signé prévoyant les étapes de la mise en oeuvre d’un plan de paix pour l’Ukraine. La disposition clé du plan est un cessez-le-feu», a-t-il déclaré à Newport.

Le «groupe de contact» composé de représentants de Kiev, Moscou et de l’OSCE doit se réunir vendredi avec les rebelles dans la capitale bélarusse alors que l’armée ukrainienne cumule les revers ces derniers jours.

Petro Porochenko a aussi déclaré aujourd’hui après s’être entretenu avec les dirigeants américain, britannique, français, allemand et italien, juste avant l’ouverture du sommet, que l’OTAN allait soutenir ses membres prêts à apporter une assistance militaire à l’Ukraine.

Les dirigeants ont évoqué la situation dans l’est du pays et le plan de règlement proposé mercredi par le président russe Vladimir Poutine.

»Les USA, la Grande-Bretagne l’Allemagne, la France et l’Italie soutiennent l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Ensemble, soyons forts!», a posté le président ukrainien sur sa page Facebook après la rencontre.

Les 28 membres de l’Alliance entendent accentuer leurs pressions sur Moscou, accusé d’entretenir et de participer à la guerre dans l’est de l’Ukraine.

Décision emblématique de ces pressions, l’annonce, à la veille du sommet, de la suspension par la France de sa livraison d’un navire de guerre Mistral à la Russie. Par ailleurs, d’autres sanctions européennes pourraient être annoncées vendredi.

Et jeudi après-midi, la réunion de la commission Otan-Ukraine sera l’occasion pour les 28 leaders de l’Alliance d’affirmer solennellement leur solidarité avec Kiev.

Par ailleurs, la lutte contre l’État islamique (EI) fera l’objet de réunions en marge du sommet et constituera le thème principal du dîner des chefs d’Etat jeudi soir alors que Washington tente de bâtir une coalition contre l’EI.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron ont réaffirmé tous deux leur «détermination à affronter» cette organisation islamiste ultra-violente dans une tribune publiée jeudi par le quotidien The Times.

«L’État islamique est une menace directe pour le Royaume-Uni», a répété jeudi matin David Cameron à la BBC, alors que Londres, dont un ressortissant pris en otage est menacé d’exécution par l’EI, n’exclut plus de s’associer aux frappes américaines en Irak.

*Avec AFP