Les djihadistes de l’État islamique menaçent la troisième ville kurde de Syrie

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Un combattant kurde de la brigade Salahadin le 6 décembre 2012 dans l'est d'Alep, en Syrie (Photo: Archives/AFP)
Un combattant kurde de la brigade Salahadin le 6 décembre 2012 dans l’est d’Alep, en Syrie (Archives/AFP)

Les jihadistes de l’organisation État islamique (EI) se sont emparés d’une vingtaine de villages dans le nord de la Syrie, prenant en tenaille Aïn al-Arab, la troisième ville kurde du pays en guerre, a indiqué jeudi une ONG.

Si ce groupe extrémiste sunnite qui occupe de vastes régions du nord syrien parvient à prendre cette ville défendue par des milliers de combattants kurdes, il menacerait directement les régions kurdes du nord-est du pays.

Ces dernières 24 heures, les combattants de l’EI ont lancé une vaste offensive qui leur a permis de prendre 21 villages à l’est et l’ouest de Kobane (nom kurde de Aïn al-Arab), a précisé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’EI utilise des armes lourdes, l’artillerie et des chars, a-t-il ajouté, soulignant que la ville était désormais prise en tenaille par ce groupe qui contrôle également de larges pans de territoire en Irak voisin.

L’activiste kurde Jan Ali, basé à Kobane, a confirmé que des dizaines de villages ont été pris (par l’EI) et d’autres ont été abandonnés par leurs habitants kurdes.

Selon lui, les jihadistes ont encerclé Kobane et seul le nord frontalier de la Turquie n’est pas entre leurs mains. Selon des militants, Ankara interdit aux habitants en fuite de traverser la frontière.

L’EI utilise des T-72 de fabrication russe, des canons et des mortiers, a affirmé le militant, joint via internet. Si ce groupe poursuit son offensive, il est très possible qu’il entre à Kobane, troisième ville kurde après Qamishli (nord-est) et Afrine dans la province d’Alep.

L’EI a coupé l’eau et l’électricité de la cité et le siège est suffocant car la nourriture n’entre pas, a-t-il ajouté.

‘Danger d’un massacre’

La coalition de l’opposition syrienne a tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué sur le danger d’un massacre de civils dans les régions kurdes en cas d’avancée des jihadistes.

Pour ces extrémistes, qui cherchent à établir leur autorité du nord-ouest de la Syrie jusqu’à l’est de l’Irak, la prise d’Aïn al-Arab permettrait d’élargir leur contrôle sur la frontière syro-turque.

Pour les Kurdes, qui ont établi à la faveur de la révolte contre le régime syrien de Bachar al-Assad un semblant d’autonomie, il s’agit d’une bataille vitale car si l’EI prend Aïn el-Arab, il avancera rapidement vers d’autres régions kurdes comme Hassaka (nord-est).

En juillet, les Kurdes avaient repoussé une vaste offensive de l’EI, mais celle des dernières 24 heures est plus importante, selon M. Abdel Rahmane.

Des centaines de Kurdes en provenance de Turquie avaient afflué en juillet à Kobane pour prêter main forte à leurs frères en Syrie.

Depuis l’apparition de l’EI en Syrie en 2013, les combats font rage entre Kurdes et jihadistes.

Ailleurs en Syrie, au moins 26 civils ont été tués par des raids de l’aviation syrienne contre Al-Bab, un fief de l’EI dans la province septentrionale d’Alep, selon l’OSDH.

Le régime a multiplié les raids contre les régions tenues par les jihadistes, mais les militants affirment que le majorité des victimes sont des civils.

La guerre en Syrie déclenchée en mars 2011 a fait plus de 191.000 morts selon l’ONU.

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