Les libéraux veulent un débat d’urgence sur les djihadistes qui reviennent au pays

0
Une première cette année: un tribunal de Brampton, en Ontario, a condamné jeudi 24 juillet en vertu des nouvelles dispositions de la loi  à 10 ans de prison Mohamed Hassan Hersi Hersi, un Torontois de 28 ans qui qui projetait de joindre un groupe terroriste en Somalie( Archives/45eNord.ca)
Une première cette année: un tribunal de Brampton, en Ontario, a condamné jeudi 24 juillet en vertu des nouvelles dispositions de la loi à 10 ans de prison Mohamed Hassan Hersi Hersi, un Torontois de 28 ans qui qui projetait de joindre un groupe terroriste en Somalie( Archives/45eNord.ca)

Les députés fédéraux devraient se pencher «de toute urgence» sur le plan de lutte contre le terrorisme et sur les islamistes canadiens impliqués dans des groupes terroristes qui reviennent au pays, a déclaré cette semaine le porte-parole libéral en matière de sécurité publique, Wayne Easter.

Dans un avis de motion présenté au Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes, Wayne Easter réclame des audiences sur les menaces que représentent les Canadiens qui vont se battre à l’étranger dans des organisations terroristes comme l’État islamique.

La Chambre des communes recommencera ses travaux plus tard ce mois-ci.

La motion demande que le comité entende entre autres le ministre de la Sécurité publique Steven Blaney, les autorités des services de renseignement et des représentants de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le Canada n’entend pas devenir un vivier de terroristes

Début 2013, deux jeunes Canadiens ont participé à un attentat contre un complexe gazier en Algérie qui a fait jusqu’à 60 morts, sans compter le cas très médiatisé de deux autres jeunes Canadiens qui se seraient rendus en Afrique du Nord à des fins extrémistes.

Et ce n’était là que la pointe de l’iceberg. En février dernier, le Service canadien du renseignement de sécurité évaluait à 130 le nombre de Canadiens partis rejoindre des organisations terroristes à l’étranger.

Après Montréal et Toronto, Calgary, la grande ville canadienne de l’Ouest, mieux connu pour son rodéo et son pétrole, serait à son tour devenue à son tour un terrain de chasse particulièrement riche pour les recruteurs de groupes islamistes extrémistes comme l’État islamique qui n’hésite pas à menacer tout musulman modéré qui oserait s’opposer à lui.

Le Canada n’entend pas devenir un terreau fertile pour les recruteurs des groupes djihadistes. En avril 2013, de nouvelles dispositions de la loi ont donc modifié le Code criminel en créant de nouvelles infractions relatives au fait de quitter ou de tenter de quitter le Canada pour commettre certaines infractions de terrorisme et prévoient pour les personnes qui seraient reconnues coupables de telles infractions de peines variant de 10 à 14 ans d’emprisonnement.

Et, en juillet 2014, un tribunal de Brampton, en Ontario, a condamné pour la première fois un Canadien qui projetait de joindre un groupe terroriste, imposant à Mohamed Hassan Hersi Hersi, un Torontois de 28 ans qui comptait se joindre à un groupe terroriste en Somalie, une peine de 10 ans de prison.

En outre, de plus en plus, les communautés musulmanes trouvent le courage de réagir et condamnent les groupes ultra-radicaux comme l’État islamique.

Mahdi Qasqas, un jeune musulman et psychologue de Calgary, cité par la CBC, estimait le mois dernier que les communautés musulmanes doivent se mobiliser pour combattre la radicalisation.

Mais s’opposer aux extrémistes pour qui le Canada, comme la Grande-Bretagne, la France, la Belgique et bien d’autres pays occidentaux, est un vivier de jeunes djihadistes en puissance, ne va pas sans risque.

La semaine dernière, menacé par l’État islamique, un imam canadien s’est mis en grève de la faim.

Un plan d’intervention

La GRC serait déjà en train d’élaborer un plan pour intervenir auprès des personnes à risque d’adhérer à ces mouvements. La police travaille avec les communautés locales pour éviter que des jeunes se laissent influencer par des groupes extrémistes.

Dans une lettre adressée au ministre Blaney et rendue publique vendredi, M. Easter affirme que des audiences sur cet «enjeu critique» devraient néanmoins se tenir «urgemment», notamment pour examiner le plan d’intervention de la GRC. Il ajoute qu’il serait important d’évaluer les moyens qui ont déjà été déployés pour remédier au problème.

Le député libéral a poursuivi en citant en exemple le premier ministre britannique David Cameron, qui a promis d’adopter une loi permettant de confisquer le passeport des présumés terroristes. Ces derniers seraient obligés de suivre des programmes de «déradicalisation», sans quoi ils seraient bloqués à la frontière.

«Je crois que les Canadiens méritent de connaître la position du gouvernement canadien sur ces mesures», a estimé M. Easter.

Un porte-parole du ministre Blaney, Jason Tamming, cité par la Presse Canadienne, a indiqué pour sa part vendredi que celui-ci accueillait favorablement l’invitation à témoigner devant le comité. Il a aussi rappelé que le gouvernement canadien avait adopté récemment un plan de lutte contre le terrorisme, en plus de retirer la citoyenneté canadienne à tout individu qui participerait à des activités terroristes.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.