Les missions de maintien de la paix là où il n’y a pas de paix, Ban Ki-moon invite à la réflexion

Des Casques bleus marocains de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (ONU/Catianne Tijerina)
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Des Casques bleus marocains de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (ONU/Catianne Tijerina)
Des Casques bleus marocains de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (ONU/Catianne Tijerina)

Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a appelé vendredi les États du monde à réfléchir aux moyens d’améliorer les opérations de maintien de la paix de l’ONU qui se retrouvent à œuvrer «dans des endroits où il n’y a…pas de paix à maintenir»

Plus tôt cette semaine, par exemple, alors que la situation s’est détériorée dans la zone d’opérations de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) sur le plateau du Golan, le Conseil de sécurité avait estimé qu’il devenait nécessaire d’adapter le dispositif de la Force afin de réduire les risques encourus par le personnel.

Et le plateau du Golan n’est pas la seule zone où les Casques bleus risquent leur vie.

Au Mali, par exemple, dix soldats tchadiens ont été tués par des engins explosifs au cours du mois de septembre. Depuis le début de la mission de l’ONU (MINUSMA) en juillet 2013, plus de 20 Casques bleus ont été tués et une centaine blessés par des engins explosifs ou dans des attaques dans ce pays.

«Du Mali aux hauteurs du Golan, les soldats de maintien de la paix travaillent dans des environnements où ils sont eux-mêmes la cible d’attaques», a souligné le Secrétaire général.

«Le paysage sécuritaire mondial est en plein changement. Des conflits civils auxquels se combinent le terrorisme, la criminalité organisée et des crises sanitaires comme Ebola menacent des millions de personnes», a dit M. Ban lors d’un Sommet sur le maintien de la paix organisé à l’initiative des États-Unis en marge de la 69e Assemblée générale et auquel participait le Vice-président américain, Joe Biden.

Les missions de maintien de la paix de l’ONU «constituent une part importante de la réponse internationale à une grande variété de menaces », a dit le Secrétaire général, notant qu’actuellement, plus de 130.000 Casques bleus, policiers et employés civils étaient déployés à travers le monde, nombre sans précédent dans l’histoire de l’ONU.

Ces missions, chargées de tâches de plus en plus variées, allant du désarmement aux réformes du secteur sécuritaire d’un pays et à toutes sortes de fonctions de stabilisation, sont de plus en plus nécessaires, mais, pour améliorer les opérations de maintien de la paix, le chef de l’ONU a énuméré six nécessités «cruciales» :

  • une réponse rapide, incluant des troupes et la capacité de les déployer en temps utile à l’endroit adéquat,
  • une plus grande mobilité, essentiellement grâce à des hélicoptères,
  • un soutien médical renforcé,
  • une meilleure protection contre les engins explosifs artisanaux,
  • une meilleure information et analyse, notamment sur la criminalité organisée,
  • et un partenariat renforcé avec les organisations régionales, en particulier en Afrique.

Appelant chaque État membre à envisager ce qu’il peut apporter à la cause du maintien de la paix, Ban Ki-moon  a déclaré que rien n’était possible sans « un fort soutien politique et diplomatique »,

«De plus en plus, des missions sont déployées dans des endroits où il n’y a pas de paix à maintenir, pas d’accord de paix à défendre et où de graves exactions sont commises contre les civils. Avec de tels enjeux, les divisions au sein du Conseil de sécurité et des membres de l’ONU en général peuvent avoir un coût très élevé. Nous devons fortifier l’esprit de responsabilité collective qui est au cœur du concept de maintien de la paix », a conclu le Secrétaire général.