Les Russes remettent ça: encore deux bombardiers dans la zone de défense canadienne

Un bombardier russe quadrimoteur Tupolev Tu-95MS (28 RED) à la base aérienne russe d'Engels [région de Saratov, Volga] (Archives/Russavia)
Temps de lecture estimé : 4 minutes
Un bombardier russe quadrimoteur Tupolev Tu-95MS (28 RED) à la base aérienne russe d'Engels [région de Saratov, Volga] (Archives/Russavia)
Un bombardier russe quadrimoteur Tupolev Tu-95MS (28 RED) à la base aérienne russe d’Engels [région de Saratov, Volga] (Archives/Russavia)

Plusieurs avions militaires russes ont été interceptés cette semaine dans des zones de restriction près de l’Alaska et au Canada par des avions américains et canadiens, ont indiqué vendredi des responsables américains de la Défense, sans toutefois violer à proprement parler l’espace aérien nord-américain.

Aucun des appareils russes n’a pénétré dans les espaces aériens américain ou canadien, a toutefois précisé un porte-parole du commandement américain de la défense aérienne chargé de l’Amérique du Nord (NORAD), Jamie Humphries.

Toutefois, les zones de restrictions (air defense identification zone, ADIZ), situées aux confins de l’espace aérien d’un pays, servent de zones tampons, afin de laisser aux gouvernements le temps d’intervenir auprès d’avions potentiellement hostiles.

Même si ces zones ne sont pas liées à des traités internationaux ni régulées par des lois internationales, tous les aéronefs qui pénètrent dans une zone de restriction zone sont néanmoins tenus de présenter des plans de vol aux tours locales de contrôle de la circulation aérienne.

Tout vol repéré dans la région qui ne s’identifie pas, n’a pas de transpondeur en fonction ou n’a pas déposé de plan de vol est identifié visuellement et escorté hors de la zone par les avions américains et canadiens du NORAD.

Le NORAD (en français, le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) est le commandement binational responsable de système aéroporté d’alerte et de détection précoces et d’alerte précoce maritime pour l’espace aérien et maritime entourant les États-Unis et le Canada.

Son commandant est le général américain Charles Jacoby et son commandant adjoint le lieutenant-général canadien Alain Parent.

Deux MIG 35 du côté américain et deux bombardiers du côté canadien

Mercredi,deux avions de chasse russes MIG 35, accompagnés par deux avions ravitailleurs et deux bombardiers de longue portée, sont entrés dans une zone de restriction américaine mercredi et ont été interceptés par des avions de chasse américains F-22 près de l’Alaska, selon ces responsables.

Les appareils russes ont quitté ensuite la zone sans incident, a affirmé un responsables de la Défense, qui s’exprimait sous couvert de l’anonymat.

Cette incursion mercredi a été suivie d’un deuxième incident le lendemain, jeudi impliquant deux bombardiers russes à longue portée, qui ont pénétré, cette fois, la zone de restriction canadienne.

Deux avions de chasse canadiens F-18 ont alors intercepté les bombardiers, qui ont quitté la zone sans incident, a encore dit M. Humphries.

Ça commence à être une habitude. En août dernier, des avions militaires russes avaient frôlé et même pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne du nord-ouest à plusieurs reprises.


Des incidents à ne pas prendre à la légère, dit le Contre-Amiral kirby sur CNN (Vidéo/CNN)

Ces incidents ne sont pas à prendre à la légère

Bien qu’il n’aient pas violé notre espace aérien à proprement parler, les forces nucléaires russes «semblent être en train d’essayer de tester nos réactions de défense aérienne, et/ou nos systèmes de commandement et de contrôle», avait déclaré un porte-parole du NORAD l’été dernier,

Les incursions aériennes russes semblent se multiplier et nous ramènent à l’époque de la guerre froide.

Les derniers incidents aériens ont coïncidé avec la visite aux États-Unis du président ukrainien Pedro Porochenko, dont le pays est en conflit avec des séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine.

Le porte-parole du Pentagone, le Contre-amiral John Kirby, a estimé qu’il n’y avait pas de lien entre cette visite et les incidents aériens.

«Nous avons déjà été confrontés à ce genre d’incident. Nous les prenons très au sérieux. Et nous procédons à des interceptions régulièrement», a expliqué le Contre-amiral sur la chaîne américaine d’information continue CNN.

«Comme d’habitude, nous allons informer la Russie de nos intentions et nous évoquerons sûrement nos inquiétudes avec elle le moment venu», a-t-il ajouté.

Vostok 2014

On ne sait pas si les appareils russes se trouvaient dans ces zones en raison d’exercices annoncés par Moscou en extrême-Orient, y compris des entraînements dans la région de Kamchatka (est de la Russie), a dit le porte-parole américain.

Ces exercices surnommés Vostok-2014 ont commencé vendredi et doivent se poursuivre jusqu’au 25 septembre, avec 100.000 soldats et 120 avions, selon le ministère russe de la Défense.

Des bombardiers stratégiques participent aux exercices d’état-major stratégiques Vostok-2014 (Est-2014) qui ont commencé vendredi dans la région militaire russe de l’Est, avait déjà annoncé le ministère russe de la Défense.

«Les exercices d’état-major stratégiques Vostok-2014 engagent des bombardiers stratégiques lance-missiles Tu-95MS, des bombardiers à long rayon d’action Tu-22M3, des avions-ravitailleurs Il-78, des avions de transport militaire Il-76 et An-12, des avions de reconnaissance radar A-50», a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

En outre, «Des hélicoptères militaires Mi-8, Mi-24 et Ka-52, des bombardiers de combat Su-24, des chasseurs d’assaut Su-25, des chasseurs MiG-31 et Su-27, ainsi que des avions multirôles de nouvelle génération Su-34, Su-30SM et Su-35SM prendront part aux missions de protection des troupes sur les polygones de l’Armée de l’air», a aussi précisé la Défense russe.

Simples exercices, avions égarés, ou test de nos capacités et guerre des nerfs? À suivre…

*Avec AFP et Ria-Novosti