L’État islamique lance un appel au meurtre: les Canadiens maintenant en bonne place sur la liste

L'EI a revendiqué dans ce document vidéo l'exécution par décapitation de Steven Sotloff, 31 ans, un journaliste américain (AFP/Intelligence Group)
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L'EI a revendiqué dans ce document vidéo l'exécution par décapitation de Steven Sotloff, 31 ans, un journaliste américain (AFP/Intelligence Group)
L’EI a revendiqué dans ce document vidéo l’exécution par décapitation de Steven Sotloff, 31 ans, un journaliste américain (AFP/Intelligence Group)

Dans un message publié en plusieurs langues, le groupe État islamique a lancé à ses fidèles un appel au meurtre de citoyens des pays coalisés pour le détruire, appelant à les «Tuer de n’importe quelle manière», et les Canadiens figurent maintenant en bonne place sur la liste des cibles des djihadistes.

«Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen –en particulier les méchants et sales Français– ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière», a déclaré Abou Mohammed al-Adnani, un porte-parole de l’EI.

Dans son message audio que rapporte l’organisation américaine Site Intelligence Group, spécialisée dans la surveillance des groupes islamistes sur internet, Al-Adnani exige le ralliement des musulmans du monde entier et leur demande de passer à l’action le plus rapidement possible.

Il donne ensuite des des détails sur la façon de s’y prendre, incitant à poser des bombes dans les lieux publics et ajoutant que que l’on peut également tuer à l’aide d’armes automatiques ou d’armes blanches.

Les musulmans qui n’ont ni bombes, ni armes, peuvent toujours écraser les gens dans la rue avec leur voiture, les pousser du haut d’une falaise ou encore les empoisonner. «Leur vie n’a pas plus de valeur que celle d’un chien», lance-t-il dans son message.

Et ce n’est pas tout «Ceux qui ne pourraient pas tuer pour une raison ou une autre», dit le porte-parole du groupe terroriste «doivent endommager les cultures, incendier les maisons, les commerces ou encore mettre le feu aux voitures des mécréants.»

Et pour clore son message en beauté, «le minimum à faire serait de leur cracher au visage», conclut Al-Adnani.

Le Canada n’est pas à l’abri

Le Canada a déployé 69 militaires des Forces spéciales en Irak qui se sont joints aux Américains pour conseiller les forces de sécurité irakiennes qui lutte contre les djihadistes de l’État islamique, et ce chiffre s’ajoute à l’effectif d’environ 100 membres des Forces armées canadiennes de la Force opérationnelle aérienne du Canada pour l’Irak.

En outre, le Canada a déjà déployé un avion CC-130J Hercules et un avion CC-177 Globemaster III de l’Aviation royale canadienne, ainsi que leurs équipages d’environ 30 membres des Forces armées canadiennes à partir de la Base des Forces canadiennes Trenton pour aider à la livraison de matériel militaire essentiel provenant d’alliés qui apportent leur contribution aux forces qui combattent l’EIIL.

L’Australie a aussi déployé du personnel militaire et huit avions de chasse F/A18 Super Hornet aux Émirats arabes unis pour participer à la coalition internationale contre les djihadistes de l’État islamique

Et la France, elle, a commencé vendredi 19 septembre à à bombarder les positions djihadistes en Irak.

Mais l’État islamique compte des sympathisants et des réseaux en Occident et entend bien nous faire payer le prix de notre engagement.

Le 18 septembre, une opération antiterroriste d’une ampleur sans précédent a été menée à Brisbane et à Sydney en Australie, déjouant un complot de où l’État islamique qui planifiait des attaques aveugles contre des civils destinées «à choquer, horrifier et terrifier», y compris la décapitation de civils «pour l’exemple», selon es autorités australiennes.

Et le lendemain, l’Australie a déployé des policiers armés au Parlement en raison des menaces djihadistes contre les sommets de l’État, et les pays qui ne l’ont pas déjà fait vont très probablement devoir renforcer leurs mesures de sécurité.

Le Canada ne se laissera pas intimider

Le Bureau du premier ministre Stephen Harper a fait savoir pour sa part que le Canada continuerait de travailler avec ses alliés afin de repousser la menace que représente l’État islamique «non pas sur la seule stabilité du Moyen-Orient, mais sur celle du monde entier».

«Tout comme nos alliés, nous ne nous laisserons pas intimider par des menaces alors que des enfants, des femmes, des hommes et des minorités religieuses vivent dans la crainte de ces terroristes », a indiqué le Bureau du premier ministre canadien.

«Nous ne baisserons pas les bras face aux menaces de ce groupe terroriste barbare», a renchéri Jean-Christophe de Le Rue, Directeur des communications au Cabinet du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, déclarant à 45eNord.ca «Notre gouvernement est fermement engagé à lutter contre l’État islamique. C’est pourquoi nous avons criminalisé le fait de voyager l’étranger pour commettre des actes terroristes et que nous avons agi afin de révoquer la citoyenneté de ceux qui sont reconnus coupable de terrorisme».

En outre, le ministre de l’Immigration, Chris Alexander, a réitéré son intention de révoquer les passeports des sympathisants de l’État islamique radicalisés qui se trouvent au Canada.