L’Irak, un Vietnam bis, lance l’ex-Premier ministre libéral canadien Jean Chrétien

L'ancien Premier ministre libéral jean Chrétien en 2010 (WikiCommons)
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L'ancien Premier ministre libéral jean Chrétien en 2010 (WikiCommons)
L’ancien Premier ministre libéral jean Chrétien en 2010 (WikiCommons)

Un pavé dans la mare: l’ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien et son successeur à la tête du Parti libéral, Justin Trudeau ne sont pas vraiment sur la même longueur d’ondes. Chrétien abonde plutôt dans le même sens que le chef de l’opposition néo-démocrate à Ottawa, Thomas Mulcair, affirmant que la décision d’envoyer des forces spéciales dans le nord de l’Irak pour aider à combattre l’État islamique (EI) pourrait bien entraîner le Canada dans une escalade.

Le chef actuel du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a quant à lui apporté son appui à l’opération. Qualifiant la situation dans le nord du pays de véritable «catastrophe», M. Trudeau estime que les Canadiens ont la «responsabilité de protéger» les nombreux civils qui ont dû quitter leur foyer pour échapper à la menace de l’État islamique.

Lors de la période des questions du mercredi 17 septembre, Thomas Mulcair, avait, lui. refusé d’accorder son soutien au déploiement des «69 conseillers» des forces spéciales pour aider dans leurs «tactiques, techniques et procédures» les forces kurdes en lutte contre le groupe ultra-radical qui se fait appeler l’État islamique».

Pour le chef néo-démocrate, l’Irak serait un Afghanistan bis, une «pente glissante» sur laquelle la situation serait susceptible de dégénérer très facilement.

Voilà que cette semaine, l’ex-Premier ministre Chrétien, qui avait refusé de s’engager aux côtés des Américains lors de leur invasion de l’Irak en 2003, renchérit en affirmant à son tour que l’Irak pourrait être un «Vietnam-bis» puisque là aussi, les États-Unis ont débuté leur intervention avec «quelques conseillers».

Lors d’une entrevue accordée à la CBC, la radio publique canadienne de langue anglaise, Jean Chrétien estime par ailleurs que le Canada est désormais pleinement impliqué dans la campagne menée contre l’État islamique.

L’ex Premier ministre libéral, qui avaot refusé d’engager le pays dans la guerre en Irak en 2003 puisque celle-ci n’était pas autorisée par les Nations unies, provoquant à l’époque l’ire des Américains, croit que l’implication d’Ottawa aujourd’hio dans une mission en Irak est «déjà conclue».

Il a également déclaré sur les ondes de la CBC qu’il trouvait «un peu inhabituel» l’empressement du gouvernement Harper à affirmer que l’aide canadienne n’était pas une mission de combat.

Pour Jean Chrétien, l’envoi de «conseillers militaires» est un engagement qui tait son nom.

Le gouvernement Harper Harper a assuré que l’engagement canadien était limité à 69 membres des forces spéciales qui ne serviront qu’à conseiller et assister les forces irakiennes et les combattants kurdes qui combattent l’EI dans le nord du pays. Ce déploiement doit être réévalué d’ici 30 jours.

Mais Jean Chrétien croit que cet engagement pourrait bien se poursuivre, alors que le Canada sera sous pression pour en faire davantage. «Vous ne pouvez pas y être seulement en partie. Vous êtes engagé, ou vous ne l’êtes pas», a expliqué l’ex-Premier ministre canadien «L’autre camp sait que nous en faisons partie. Bien sûr, si vous refusez d’agir, vos partenaires diront que vous ne respectez pas votre promesse.»

De son côté, le Conseil de sécurité des Nations Unies a condamné unanimement vendredi les attaques perpétrées par l’État islamique en Iraq et en Syrie, alors que le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, dans sa volonté de former la coalition la plus large possible, a été jusqu’à entrouvrir la porte à Téhéran, soulignant qu’il y a un rôle pour presque tous les pays, y compris l’Iran, notant au passage la participation à la réunion de son homologue iranien.