L’Ukraine se félicite d’une désescalade, promet plus d’autonomie à l’Est

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Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé lundi 8 septembre 2014 au cours d'une visite à Marioupol, dans l'est de l'Ukraine, la libération de 1200 personnes capturées par les rebelles prorusses( Service de presse présidence ukrainienne)
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Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé lundi 8 septembre 2014 au cours d'une visite à Marioupol, dans l'est de l'Ukraine, la libération de 1200 personnes capturées par les rebelles prorusses( Service de presse présidence ukrainienne)
Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé lundi 8 septembre 2014 au cours d’une visite à Marioupol, dans l’est de l’Ukraine, la libération de 1200 personnes capturées par les rebelles prorusses. (Service de presse présidence ukrainienne)

Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé mercredi que la majeure partie des troupes russes avaient quitté l’Ukraine, cinq jours après une trêve globalement respectée, et promis une plus grande autonomie à l’Est séparatiste, qui exige l’indépendance.

A la lueur de cette évolution vers une nette désescalade et après plusieurs jours d’atermoiement, l’Union européenne devait trancher mercredi sur l’application de nouvelles sanctions économiques contre la Russie pour atteinte à la souveraineté de l’Ukraine.

« Selon la dernière information que j’ai reçue de nos services de renseignement, 70% des forces russes ont été retirées », a déclaré M. Porochenko, alors que Moscou a toujours démenti tout présence militaire en Ukraine. « Ceci nous fait espérer en l’avenir de l’initiative de paix », a-t-il ajouté.

Selon lui, la situation dans l’est a « changé radicalement » depuis l’entrée en vigueur de la trêve scellée vendredi entre Kiev et les rebelles prorusses.

« Avant l’annonce du cessez-le-feu, l’Ukraine perdait chaque jour des dizaines de vies », a-t-il souligné, au lendemain d’un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine confirmant sa détermination à trouver une issue pacifique au conflit qui a fait plus de 2.700 morts.

Mais « l’Ukraine n’a fait aucune concession sur son intégrité territoriale », a déclaré M. Porochenko, en faisait allusion à la signature vendredi d’un document en douze points qui accorde notamment un « statut spécial » aux régions de Donetsk et Lougansk, deux fiefs rebelles, pour la mise en place d’un « gouvernement autonome provisoire » et la tenue d’élections locales anticipées.

Un projet de loi garantissant plus d’autonomie à l’Est sera présenté au Parlement, a-t-il dit, excluant toute discussion « sur une fédéralisation ou sur une quelconque séparation » (des régions de l’Est).

– Les séparatistes rejettent l’autonomie –

Mais les séparatistes prorusses veulent l’indépendance de leur territoire et non un maintien au sein du pays avec des pouvoirs renforcés comme souhaité par le président ukrainien, a affirmé peu après à l’AFP un responsable des rebelles.

« Nous ne prévoyons pas de demeurer une partie de l’Ukraine », a réaffirmé mercredi Andreï Pourguine, le vice-Premier ministre de la République populaire de Donetsk proclamée par les rebelles.

Accusée par l’Union européenne et les Etats-Unis de souffler le chaud et le froid dans ce conflit — le plus grave depuis la fin de la guerre froide — la Russie a de son côté affirmé que l’Ukraine était responsable du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines en juillet dans l’est de l’Ukraine.

« La catastrophe a eu lieu dans l’espace aérien de l’Ukraine qui porte la pleine responsabilité pour ce qui s’est passé », a argumenté le ministre russe de la Défense mercredi, au lendemain de la publication d’un rapport préliminaire sur le crash ayant fait 298 morts.

Ce rapport indique que le Boeing s’est disloqué en vol en raison d’un « grand nombre de projectiles à haute énergie qui ont pénétré de l’extérieur dans l’avion » et le Premier ministre malaisien, Najib Razak, a estimé que cela alimentait « la forte suspicion » d’un tir de missile.

Kiev a accusé les séparatistes d’avoir tiré un missile fourni par la Russie.

Moscou continue par ailleurs de faire pression sur l’Ukraine en la mettant en garde contre une entrée dans l’Otan, qui serait un défi sans précédent à la sécurité européenne, le plus important depuis la chute du Mur de Berlin » selon l’ambassadeur de Russie auprès de l’Union européenne, Vladimir Tchijov.

‘Nuit calme’

Après plusieurs jours de tensions, notamment aux abords du port stratégique de Marioupol, la situation évoluait vers l’apaisement.

La mairie de Donetsk a indiqué que « la nuit a été calme » dans ce fief rebelle durement éprouvé ces derniers mois par les combats.

Le porte-parole des opérations militaires ukrainiennes, Oleksii Dmitrachkivskii, a pour sa part évoqué six tirs d’artillerie par les insurgés contre des check-points ukrainiens dans la nuit, notamment près de l’aéroport de Donetsk. « Les forces armées ukrainiennes respectent le cessez-le-feu », a-t-il souligné.

Les Etats-Unis ont estimé mardi que le cessez-le-feu en Ukraine « tenait globalement » et qu’ils décideraient d’imposer des sanctions supplémentaires à la Russie selon ce qui se passera sur le terrain « dans les prochains jours ».

L’UE, elle, a indiqué que ses Etats membres allaient « de nouveau se saisir de la question pour décider des prochaines étapes », selon la porte-parole du service diplomatique de l’UE, Maja Kocijancic.

Les 28 ambassadeurs de l’UE doivent analyser une évaluation fournie par le service diplomatique sur la mise en œuvre du cessez le feu.