Mission de l’ONU au Golan: mauvais sort et problèmes de recrutement

Un poste d’observation de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), dan le Golan syrien (Photo: Gernot Maier/ONU)
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Un poste d’observation de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), dan le Golan syrien (Photo: Gernot Maier/ONU)
Un poste d’observation de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), dan le Golan syrien (Photo: Gernot Maier/ONU)

Sur le plateau du Golan, d’enlèvements en attaques, le mauvais sort s’acharne sur la Force de l’ONU chargée d’observer le désengagement (FNUOD) dont les problèmes de recrutement pourrait bien s’accentuer à l’avenir.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a réitéré lundi son appel à la libération de 44 Casques bleus fidjiens de la FNUOD capturés jeudi dernier par un groupe armé près d’Al-Qunaytirah et qui, ironie du sort, remplaçait les Autrichiens qui s’étaient retirés pour…des raisons de sécurité!

Les quarante-quatre Casques bleus de l’ONU, des Fidjiens, chargés de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan, étaient tombés la semaine dernière aux mains d’un groupe armé, les États-Unis accusant la filiale syrienne d’Al-Qaïda, le Front al-Nosra.

De plus,plusieurs autres soldats de maintien de la paix, des Philippins,ont été également bloqués dans deux localités de cette région du Golan que se partagent Israéliens et Syriens, sous contrôle de l’ONU depuis 1974.

Les 72 Casques bleus philippins avaient été encerclés par des éléments armés dans deux endroits différents dans le Golan. Ils ont depuis été transférés vers une zone sécurisée, mais non sans qu’une partie d’entre aient été auparavant l’objet d’attaques des rebelles.

«J’ai de nouveau demandé la libération immédiate et inconditionnelle de ces Casques bleus courageux qui se sont déployés dans la région pour apporter la stabilité», a déclaré Ban lors d’une conférence de presse à Apia, Samoa, où il participe à la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement.

Lors d’une conversation téléphonique hier, le Secrétaire général de l’ONU a aussi assuré au Premier ministre fidjien Frank Bainimarana que l’ONU ne ménagera pas ses efforts pour assurer la libération rapide des Casques bleus et que les commandants de la Force des Nations Unies négocient avec les groupes armés pour obtenir cette libération.

Le mauvais sort s’acharne sur cette mission

Mais ce n’est pas la première fois que les soldats de maintien de la paix de l’ONU sont visés dans cette région où, depuis l’an dernier, le mauvais sort s’acharne contre eux.

En 2013, quatre Philippins ont été capturés en mai alors qu’ils patrouillaient dans la zone-tampon entre Israël et la Syrie, près de la localité de Al-Jamlah, juste deux mois après l’enlèvement de 21 observateurs également philippins, qui avaient été relâchés au bout de trois jours.

Les otages philippins avaient été relâchés, mais, de guerre lasse, le chef de la diplomatie philippine, Albert del Rosario, avait indiqué alors qu’il allait proposer le retrait des 300 soldats philippins au président Benigno Aquino.

Finalement, les Philippines ont maintenu leurs troupes au sein de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement sur le plateau du Golan (FNUOD), mais demandé à ce que, à l’avenir, les observateurs soient mieux protégés et mieux armés, eux qui jusque là n’étaient armés que d’armes de poing.

L’Autriche, elle, avait retiré auparavant son contingent de la FNUOD pour des raisons de sécurité, après des combats entre l’armée et l’opposition syriennes sur le Golan. Ce retrait suivait des défections de soldats croates, japonais et canadiens, qui avaient déjà quitté la Force avant les Autrichiens.

Trois Canadiens faisaient en effet partie de cette force, mais ont été transférés sur une autre opération l’an dernier, avait indiqué en 2013 à 45eNord.ca une porte-parole du Commandement des opérations interarmées du Canada, qui s’occupe des opérations des Forces canadiennes à l’étranger.

La FNUOD compte maintenant 1.223 hommes issus de six pays, dont deux seulement sont des pays occidentaux développés (Inde, Fidji, Philippines, Irlande, Pays-Bas, Népal). Son mandat a été renouvelé pour six mois, jusqu’au 31décembre 2014.

Mais d’enlèvements en attaque, plusieurs pays sont maintenant réticents à fournir des troupes pour les opérations de maintien de la paix dans cette région où lL’ONU pourrait bien avoir des problèmes de recrutement à l,avenir