Troupes de l’Otan en Afghanistan : le temps presse, dit Rasmussen

Au sommet de l'Alliance atlantique, qui s'ouvrait jeudi 4 septembre à Newport, au Royaume-Uni, s'est tenue avant la réunion une cérémonie en l'honneur des militaires qui ont servi au sein de la Force d'assistance et de sécurité (ISAF) de l'OTAN (Ieuanb123/Nato Wales)
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Au sommet de l'Alliance atlantique, qui s'ouvrait jeudi 4 septembre à Newport, au Royaume-Uni, s'est tenue avant la réunion une cérémonie en l'honneur des militaires qui ont servi au sein de la Force d'assistance et de sécurité (ISAF) de l'OTAN (Ieuanb123/Nato Wales)
Au sommet de l’Alliance atlantique, qui s’ouvrait jeudi 4 septembre à Newport, au Royaume-Uni, s’est tenue avant la réunion une cérémonie en l’honneur des militaires qui ont servi au sein de la Force d’assistance et de sécurité (ISAF) de l’OTAN (Ieuanb123/Nato Wales)

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a exhorté jeudi les rivaux de la présidentielle en Afghanistan à signer un accord encadrant la présence de troupes dans le pays dès l’année prochaine, alors que l’Alliance va retirer toutes ses troupes de combat d’ici à décembre.

Depuis juin, les deux rivaux de la présidentielle afghane Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les résultats du scrutin, et malgré un accord sur la composition d’un gouvernement d’unité nationale arraché par l’administration américaine, la situation semble bloquée.

«Nous appelons les deux candidats à la présidentielle afghane à travailler ensemble, à trouver rapidement un résultat à cette élection qui soit acceptable pour le peuple afghan», a déclaré M. Rasmussen à l’issue d’une réunion des chefs d’Etat consacrée à l’Afghanistan.

«Il ne faut pas se voiler la face: le temps nous est compté», avait-il dit en arrivant le matin à Newport, au Royaume-Uni, où une soixantaine de dirigeants de l’Alliance sont réunis en sommet pendant deux jours.

«Nous avons besoin de savoir très rapidement si les arrangements de sécurité nécessaires seront signés par le gouvernement afghan, car c’est une condition préalable pour notre présence en Afghanistan après 2014», avait-il rappelé.

En raison du vide politique à la tête de ce pays, aucun chef d’Etat n’était d’ailleurs à Newport pour représenter l’Afghanistan, et Kaboul a envoyé le ministre de la Défense, Bismillah Mohammadi.

Les chefs d’État présents à Newport ont reçu un message de MM. Abdullah et Ghani indiquant qu’ils feront tout leur possible pour parvenir à un accord politique. «Si cela se matérialise, nous en serions très heureux», a commenté M. Rasmussen après la réunion.

La Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf), déployée depuis 2001 en Afghanistan, doit retirer ses dernières troupes du pays à la fin de l’année après avoir remis en 2013 le commandement aux forces afghanes, ce qui représente 350.000 hommes.

L’Isaf est la mission la plus longue et la plus importante jamais menée sous l’égide de l’Otan.

Une mission de formation et de conseil aux forces armées, et à la police afghane, intitulée Resolute Support et qui doit compter jusqu’à 12.000 hommes, doit ensuite prendre le relais.

«Je suis encouragé par le fait que les deux candidats à la présidentielle ont déclaré qu’ils étaient prêts à signer les arrangements de sécurité rapidement après avoir pris leurs fonctions (…) Mais nous approchons de la date à laquelle la décision devra absolument être prise», a averti M. Rasmussen.

En 2011, les Etats-Unis ont retiré leurs troupes d’Irak car aucun accord n’avait pu être trouvé avec Bagdad pour encadrer légalement la présence de leurs troupes, et d’aucuns craignent qu’un tel scénario ne se reproduise en Afghanistan.

Ces accords sont également essentiels pour garantir le versement d’importantes aides financières, dont plusieurs milliards de dollars pour verser leurs salaires aux soldats afghans.

Sur ce point, M. Rasmussen s’est voulu rassurant. «Nous voulons aider les forces afghanes financièrement (..) aujourd’hui, nous avons renouvelé nos engagements concernant le soutien financier des forces afghanes, et cela jusqu’à fin 2017». Il n’a toutefois pas précisé les sommes promises.