Ukraine: accord de cessez-le-feu entre Kiev et insurgés de l’Est ukrainien

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Un accord sur un cessez-le-feu a été signé vendredi à Minsk entre Kiev et les séparatistes prorusses, a annoncé la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) sur son compte Twitter.
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Mise à jour au 05/09/2014 à 12h23

À la lumière des récents événements, Obama juge préférable d’imposer des sanctions, quitte à les lever ensuite.

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«Les représentants de l’Ukraine, de la DNR et de la LNR (République autoproclamée de Lougansk, ndlr) ont signé un protocole d’accord à Minsk sur un cessez-le-feu à partir de 18H00 vendredi».

Le président ukrainien Petro Porochenko a donc ordonné à l’armée de cesser les hostilités dans l’est du pays à partir de 15H00 GMT vendredi après la signature du protocole préliminaire pour un cessez-le-feu avec les rebelles à Minsk.

«Je donne l’ordre au chef de l’État-major des forces armées de cesser les hostilités à partir de 18H00 (15H00 GMT) le 5 septembre», a indiqué le président cité par son service de presse.

Petro Porochenko avait lui aussi annoncé auparavant sur son compte Twitter la signature d’un protocole préliminaire entre Kiev et les rebelles prorusses dans la capitale bélarusse.

Un accord en 12 points

Le protocole sur le cessez-le-feu et un plan de paix en 12 points ont été signés lors d’une réunion du Groupe de contact trilatéral sur l’Ukraine, ont dit à la presse les participants de la réunion.

Le Groupe de contact trilatéral sur l’Ukraine rassemblait l’ancien président ukrainien Leonid Koutchma, le Premier ministre de la République auto-proclamée de Donetsk, Alexander Zakharchenko, le chef de la République auto-proclamée de Lougansk (LPR) Igor Plotnitsky, l’ambassadeur russe à l’Ukraine Mikhaïl Zourabov, et le représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Heidi Tagliavini.

Le Groupe de contact s’est mis d’accord accord sur les questions clés – la cessation du feu, le retrait des troupes, l’échange de prisonniers et la fourniture de l’aide humanitaire, a déclaré l’ambassadeur de l’OSCE, Heidi Tagliavini.

Des groupes de travail des deux côtés seront maintenant établis d’ici lundi 8 Septembre pour résoudre les problèmes spécifiques, a précisé pour sa part l’ancien président ukrainien Leonid Koutchma après la réunion à Minsk, ajoutant en outre que la première cargaison humanitaire partira pour le sud-est de l’Ukraine samedi.

Un groupe devrait notamment être formé pour organiser la libération des prisonniers qui sont plus de mille de chaque côté, a précisé l’ambassadeur de Russie en Ukraine, Mikhaïl Zourabov, qui représentait Moscou à cette réunion.

Le futur statut des républiques unilatéralement proclamées par les insurgés de Donetsk et de Lougansk n’a toutefois pas été discuté.

«La plupart des points du protocole répondent à nos exigences, a déclaré le Premier ministre de la République autoproclamée de Lougansk autoproclamée du peuple Igor Plotnitsky, ajoutant toutefois qu’«un cessez-le feu ne signifie pas que nous allons changer de cap pour la sécession de l’Ukraine. Mais il s’agit d’une mesure [le cessez-le-feu, ndlr] qui s’imposait».

À son tour, le Premier ministre de la République populaire de Donetsk (RMR) Alexander Zakharchenko a souligné qu’«avec un cessez-le feu, il sera possible de sauver la vie des gens».

L’Occident dans l’expectative

Plus sceptique, ou, tout au moins, plus critique, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a souligné quelques minutes avant la signature du document, que le plan de paix devait prévoir le retrait des troupes russes du territoire ukrainien, appelant les Occidentaux à se porter garants d’un tel accord.

«Il faut rétablir la paix mais pas sur la base d’un plan proposé par le président russe, mais sur la base de celui proposé par le président ukrainien, qui doit être soutenu par les États-Unis et l’Union européenne», a déclaré M. Iatseniouk en ouvrant le conseil des ministres ukrainien.

«Nous ne pourrons réussir seuls face à la Russie, ils vont nous tromper», a-t-il poursuivi. «Nous avons besoin de garanties», a-t-il renchéri.

Selon lui, pour être efficace, ce plan doit prévoir un cessez-le-feu, le retrait de l’armée russe et le rétablissement du contrôle de la frontière, a-t-il ajouté.

Le président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Didier Burkhalter, a quant à lui salué ce vendredi l’accord signé à Minsk (Biélorussie) et assuré les parties du soutien de l’organisation.

Du son côté de l’OTAN se félicite que des accords de paix entre Kiev et des milices aient été conclus à Minsk «si elles conduisent à une véritable cessez-le feu», a déclaré son Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen, disant souhaiter que les accords marquent le début d’un dialogue politique constructif en Ukraine.

Alors que l’Union européenne avait prévu d’imposer de nouvelles sanctions à la Russie d’ici aujourd’hui vendredi, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré quant à elle que l’adoption de nouvelles sanctions de l’UE peut être reportée si la crise dans l’est de l’Ukraine s’apaise, rapporte l’agence britannique Reuters.

Mais l’Union européenne ne lèvera pas ses sanctions contre la Russie jusqu’à ce qu’elle obtienne confirmation d’un cessez-le feu et le début d’un dialogue politique en Ukraine, a affirmé le président français François Hollande au Sommet de l’OTAN au Pays de Galles.

Moscou souhaite le respect de l’accord

Moscou espère que le cessez-le-feu conclu à Minsk entre les autorités ukrainiennes et les séparatistes prorusses sera respecté point par point, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

«Moscou exprime l’espoir que toutes les dispositions du document et les accords obtenus (à Minsk) seront respectés point par point par toutes les parties, et que le processus de négociations en vue du règlement complet de la crise en Ukraine sera poursuivi», a indiqué M. Peskov, cité par l’agence russe Itar-Tass.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué l’accord de cessez-le feu et appelé à des mesures de concrète pour le mettre en œuvre.