Ukraine: convoi d’aide , «mémorandum de paix», mais l’OTAN continue à fourbir ses armes

Les premiers véhicules d'un deuxième convoi russe d'aide humanitaire ont franchi la frontière pour se rendre dans l'est de l'Ukraine contrôlé par les rebelles pro-russes (Arkady Budnitsky/EPA)
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Les premiers véhicules d'un deuxième convoi russe d'aide humanitaire ont franchi la frontière pour se rendre dans l'est de l'Ukraine contrôlé par les rebelles pro-russes (Arkady Budnitsky/EPA)
Les premiers véhicules de deuxième convoi russe d’aide humanitaire qui avaient franchi la frontière le 12 septembre 2014 pour se rendre dans l’est de l’Ukraine contrôlé par les rebelles pro-russes (Arkady Budnitsky/EPA)

Un 3e convoi d’aide russe qui a fait la route sans aucune escorte est arrivé dans l’est de l’Ukraine contrôlé par les rebelles prorusses, pendant que les belligérants signent un «mémorandum de paix», aussitôt contredit par des tirs d’artillerie et que l »OTAN, de son côté, continue à fourbir ses armes.

Le convoi transportant de l’eau et de la nourriture est arrivé à Donetsk et les camions sont en train d’être déchargés, a confirmé Alexander Drobichevski, porte-parole du ministre des Situation d’urgence.

Le porte parole a précisé que ce 3e convoi, le premier à parvenir à Donetsk, n’avait été escorté à la frontière par aucun représentant d’organisme international ou de Kiev.

Selon la télévision publique russe Rossiya 24, le 3e convoi de quelque 200 véhicules transporte 200 générateurs électriques, de l’eau et de la nourriture et sa route a été tenue secrète jusqu’au dernier moment pour raisons de sécurité.

Pendant que le troisième convoi d’aide russe arrivait dans l’Est ukrainien, Kiev et la rébellion prorusse signaient dans la nuit du 19 au 20 septembre un «mémorandum» de paix prévoyant une zone tampon de 30 km qui, s’il est appliqué, aura pour effet de «geler» le rapport de forces actuel. La zone contrôlée par les rebelles s’étend sur 230 km de Lougansk au nord à la mer Noire au sud et sur 160 km dans sa plus grande largeur entre Donetsk à l’ouest et la frontière russe à l’est.

Par contre, quelques heures seulement après la signature du mémorandum censé consolider le cessez-le-feu, une usine d’armement contrôlée par les rebelles prorusses près du fief séparatiste de Donetsk (est de l’Ukraine) explosait après un tir d’artillerie.

Réunion de l’OTAN à Vilnius

Quelque soit l’issue de la crise dans l’Est ukrainien, elle aura laissé des séquelles et provoquer des changements durables dans la façon d’envisager la sécurité européenne.

Les chefs d’états-majors des 28 pays membres de l’OTAN ont ouvert ce samedi 20 septembre en matinée une réunion à Vilnius consacrée à la sécurité régionale. Ils vont revoir les «relations futures entre la Russie et l’OTAN», a déclaré samedi le général danois Knud Bartels, chef du Comité militaire de l’OTAN, sans donner plus de détails.

«Le développement et l’implantation d’un plan de force très réactive seront au centre des discussions», s’est borné à dire le général Bartels.

Au sommet de l’Alliance atlantique à Newport (Pays de Galles) au début du mois, l’OTAN avait annoncé le maintien d’une «présence continue» dans la région, notamment grâce à la création d’une force très réactive capable de se déployer en quelques jours.

Le ministre lituanien de la défense, Jonas Vytautas Zukasa, avait confirmé vendredi l’ouverture de centres régionaux de «commandement et de contrôle» dans quatre ou cinq pays, à savoir en Lituanie, Lettonie, Estonie, Pologne ou Roumanie.

Les centres emploieront chacun jusqu’à 120 militaires, et seront responsables d’un « bataillon multinational » quand d’autres alliés se joindront aux forces américaines déjà déployées en Europe de l’Est, a-t-il précisé. Lors de la réunion à Vilnius, les pays membres de l’OTAN devraient annoncer leurs contributions.

Le général américain Philip Breedlove, commandant en chef des forces alliées, a déclaré pour sa part ce samedi lors de la réunion de l’OTAN à Vilnius que les forces russes étaient toujours à l’intérieur de l’Ukraine.

«Pour ce qui est des forces armées russes sur le terrain, oui, elles sont toujours à l’intérieur de l’Ukraine», a déclaré à la presse le général Breedlove, sans préciser leur nombre.

Le général américain a affirmé que le cessez-le-feu du 5 septembre entre séparatistes et forces de Kiev, «existait seulement sur papier, et que ce qui se passait sur le terrain, était une toute autre histoire. Mais nous espérons que cela va changer».

«Le flux incessant des forces russes et des forces pro-russes, à travers la frontière, leur va-et-vient, fait qu’il est pratiquement impossible de les chiffrer», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Vilnius.

Le général Breedlove a toutefois déclaré qu’il espérait des résultats positifs du mémorandum de paix signé dans la nuit à Minsk.

L’OTAN a également annoncé ce samedi à Vilnius que le général tchèque Petr Pavel, chef d’état-major tchèque, présidera l’année prochaine le Comité militaire, la plus haute autorité militaire de l’Otan, succédant au général danois Knud Bartels.

Petr Pavel sera le premier général venant d’Europe centrale et orientale à occuper ce poste.

*Avec AFP