Ukraine: la trêve des combats globalement respectée

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Des soldats ukrainiens en patrouille le 20 septembre 2014 près de Donetsk (Anatolii Stepanov/AFP)
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Des soldats ukrainiens en patrouille le 20 septembre 2014 près de Donetsk (Anatolii Stepanov/AFP)
Des soldats ukrainiens en patrouille le 20 septembre 2014 près de Donetsk (Anatolii Stepanov/AFP)

La trêve des combats semblait globalement respectée par l’armée ukrainienne et la rébellion prorusse après les efforts des derniers jours pour instaurer un cessez-le-feu durable, avant d’attaquer les très ardues négociations politiques sur l’avenir des régions russophones de l’Est.

L’arrêt des combats n’est pas total, deux soldats ukrainiens ayant été tués durant les dernières 24 heures, mais la situation sur le terrain s’est nettement améliorée et le nombre de civils tués dans des bombardements a diminué ces derniers jours.

Signe de l’accalmie, des convois d’aide russe et ukrainien ont pu être acheminés durant le week-end vers Donetsk et vers Lougansk. Et pour la première fois depuis le 26 juillet, un train en provenance de Kiev a atteint Lougansk.

Après la signature samedi à Minsk d’un plan de paix en neuf points gelant la ligne de front et décrétant la mise en œuvre d’une zone tampon de 30 km de large le long de celle-ci, les belligérants semblent faire preuve de retenue.

Un sentiment résumé à Kiev par le président Petro Porochenko dimanche soir se félicitant d’une «désescalade».

Il a également souligné que le règlement du conflit ne passait pas uniquement par une solution militaire, rappelant que «plus il y aurait de groupes tactiques ou de bataillons de l’armée ukrainienne (dans les régions séparatistes), plus il y aurait de troupes russes sur place».

Plan de paix difficile à mettre en œuvre

Mais après cinq mois d’un conflit qui a fait près de 2.900 morts et a mené à une crispation sans précédent depuis la fin de la Guerre froide entre Russes et Occidentaux, nul ne parie avec certitude sur un règlement rapide de la crise déclenchée en novembre 2013 par un mouvement de protestation pro-européen à Kiev conduisant à la chute du président Viktor Ianoukovitch, suivie d’une annexion de facto de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie et le réveil des séparatismes prorusses dans l’Est.

Petro Porochenko, conscient de l’ampleur de la tâche, a prévenu les séparatistes et la Russie que son pays serait prêt à se défendre militairement si le processus de paix échouait. Il a également évoqué l’acquisition auprès des Occidentaux d’équipements de surveillance, de radars, mais pas d’armes.

L’armée ukrainienne a annoncé commencer la mise en oeuvre des neuf points du mémorandum de Minsk, signé samedi par Kiev et la rébellion, et qui prévoit la création d’une zone tampon, une interdiction de survol des régions séparatistes et le recul des pièces d’artillerie des deux camps.

«Nous nous préparons à reculer l’armement lourd à 15 km» de la ligne de front, a assuré Andriï Lyssenko.

Dimanche, le même porte-parole militaire avait pourtant déclaré que la mise en oeuvre de cette zone tampon ne serait possible qu’une fois obtenue une trêve totale des combats.

Au cours des dernières 24 heures, «nous n’avons pas constaté de violations de la frontière ukrainienne ni de notre espace aérien. De même, il n’y a pas eu de tirs venant du territoire russe, ce qui illustre la mise en oeuvre pratique (par la Russie) des points du plan de paix adopté à l’initiative du président ukrainien», s’est félicité M. Lyssenko.

Reste toutefois l’épineuse question de la présence militaire russe, démentie par Moscou malgré les accusations de Kiev et de l’Otan. L’Alliance atlantique estimait ce week-end que des soldats russes se trouvaient toujours en territoire ukrainien même si leur nombre a baissé.

Ni indépendance ni fédéralisme dans l’Est

Et après le volet militaire, restera le problème du statut des régions séparatistes qui devait être négocié à Minsk mais n’a pas été évoqué.

Les rebelles ont pour l’instant ignoré les propositions de Kiev pour une plus grande autonomie durant trois ans dans les zones sous leur contrôle, l’organisation d’élections locales le 7 décembre et une amnistie sous conditions pour les combattants.

Le «dirigeant» de la République autoproclamée de Lougansk, Igor Plotnitskiï, a estimé lundi que les autorités de Kiev reconnaissaient de facto l’indépendance de la République.

«Qu’ils (les autorités de Kiev) appellent cela un statut spécial s’ils veulent, mais si les lois ukrainiennes ne s’appliquent pas dans une région, c’est de facto une reconnaissance de notre indépendance, simplement avec d’autres mots», a-t-il ajouté. Pour sa part, Kiev rappelle son rejet de toute «indépendance» et de tout «fédéralisme».