1er Bataillon Royal 22e Régiment à Gagetown: ancré dans la réalité (PHOTOS/VIDÉO)

Au village «neutre» plusieurs factions s'affrontent pour son contrôle. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Tout comme leurs confrères du 12e Régiment blindé du Canada, les soldats du 1er Bataillon Royal 22e Régiment sont à Gagetown, au Nouveau-Brunswick, pour se préparer dans le cadre de la montée en puissance de la Force opérationnelle 1-15 (FO 1-15). 45eNord.ca a partagé leur quotidien durant plusieurs jours.

Il y a peu de place à l’imagination lorsque l’on parle du 1er Bataillon, de Gagetown et de la météo: l’infanterie, un terrain peu facile et une météo peu accomodante. Cela donne un temps parfait pour des fantassins!

C’est donc avec de la boue jusqu’aux genoux par endroit que les militaires pratiquent leurs drills lors de l’exercice CASTOR VAILLANT du 20 octobre au 7 novembre.

Dans la perspective d’un retour à une forme de guerre plus classique, dite force on force, c’est à dire opposant deux forces quasi égales, le commandant du 1er Bataillon, le lieutenant-colonel Patrick Robichaud se dit confiant de l’entraînement et de la rigueur de ses soldats qui réapprennent cette base. «La force de nos soldats, c’est de pouvoir opérer contre un ennemi semblable, et qui est aussi complexe et réfléchi que nous, à la même vitesse, si ce n’est plus rapidement», a précisé le commandant à 45eNord.ca.

Mais avant d’atteindre le plus fort de l’exercice, c’est une exigence du commandant qui a été appliquée à la lettre le 25 octobre: le défi du commandant, qui mettait ainsi une pause dans le tempo des opérations. Depuis son arrivée à la tête du bataillon, le lieutenant-colonel a toujours voulu réaliser ce défi, mais n’avais jamais pu… c’est désormais chose faite!

Les compagnies A, B et C du 1er Bataillon ainsi que la compagnie de commandement et la compagnie de services, ont toutes pris part au défi qui consistait en une demi-journée de marche de 20 kilomètres avec plusieurs épreuves: mémorisation d’objets, identifications de véhicules et aéronefs, montage de radio et identification d’arc de tirs, démontage et remontage d’armes, tirs sur une cible à 100 mètres et transport de blessé sur une civière.

Après plus de 4 heures de marche et d’épreuves dans une bruine froide, c’est le réconfort d’un bon BBQ qui a permis aux soldats de reprendre des forces et du moral avant de reprendre leurs opérations.

Et dès le lendemain, c’est la préparation d’un scénario de «cordon et fouille» qu’a eu a mettre en place la compagnie C.

C’est la veille que tout s’est préparé comme l’a expliqué le capitaine Éric Bouzaza. «Nous sommes présentement dans une cache et c’est ici même que le groupe compagnie va effectuer sa préparation à la bataille […] que les ordres du major vont être donnés».

Ce sont donc plus d’une quinzaine de véhicules de toutes sortes, allant de l’ambulance au véhicule blindé léger ou encore au G-Wagon, qui se sont cachés durant toute une nuit dans les bois à quelques kilomètres d’un village «neutre».

Dans le scénario, deux ethnies occupent le village, l’une étant sur son territoire, l’autre étant des réfugiés d’un pays voisin. Mais, des forces «légales» de l’ethnie occupante sont aussi présentes, tout comme des forces spéciales. Pour compliquer la chose, la tension est vive dans le village alors que les uns et les autres s’accusent mutuellement de se voler du matériel.

C’est donc dans ce contexte délicat que la compagnie C a débarqué au petit matin pour fouiller le village à la recherche de forces ennemies.
Le plan établi la veille ne tiendra pas longtemps: armes en main certains villageois (ennemis?) menacent les Canadiens qui ripostent par des tirs. Bilan: deux morts. D’autres suivront plus tard après plusieurs accrochages, cette fois avec des soldats ennemis embusqués dans des bâtiments et à la lisière de bois environnants.

Fouillant bâtiment par bâtiment, la compagnie C découvre des caches d’armes et de précieuses informations, en plus de se faire «challenger» par plusieurs soldats ennemis.

Occupation d’un territoire, une force «ennemie» qui se dit légitime et appuie une faction… Cela semble familier? Qui a dit que la fiction ne rattrapait pas la réalité?