À Kobané, des dizaines de djihadistes tués par les Kurdes et les frappes

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De la fumée s'élève de Kobané, en Syrie, après une frappe aérienne de la coalition internationale, le 18 octobre 2014 (Aris Messinis/AFP)
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De la fumée s'élève de Kobané, en Syrie, après une frappe aérienne de la coalition internationale, le 18 octobre 2014 (Aris Messinis/AFP)
De la fumée s’élève de Kobané, en Syrie, après une frappe aérienne de la coalition internationale, le 18 octobre 2014 (Aris Messinis/AFP)

Les combattants kurdes, aidés des frappes aériennes de la coalition internationale, ont infligé des pertes importantes à l’organisation djihadiste État islamique, qui occupe 50% de la ville syrienne de Kobané après plus d’un mois de combats.

L’EI a perdu 31 combattants entre samedi et dimanche matin, dont 15 dans les bombardements de ses positions par les avions des États-Unis et de leurs alliés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

L’ONG a également fait état d’au moins 70 corps de djihadistes rapatriés en 4 jours dans un hôpital sous contrôle djihadiste dans la province de Raqa, et de 7 victimes dans les rangs kurdes.

Plus d’un mois après avoir débuté, la bataille pour le contrôle de la troisième ville kurde de Syrie continue à se mener rue après rue, s’apparentant à une guérilla urbaine. L’EI est parvenu à progresser un peu vers le centre de Kobané tandis que les Kurdes poussaient dans l’est, a précisé l’OSDH.

Confrontés à une forte résistance, les djihadistes ont dépêché samedi de nouveaux renforts à Kobané, dont la prise serait un trophée stratégique et symbolique, sous l’œil des dizaines de caméras filmant depuis des semaines les combats depuis la frontière turque.

«Hier (samedi), il y a eu d’intenses bombardements et trois attentats suicide à la voiture piégée à la frontière et dans le centre de Kobané. Mais grâce aux raids et aux YPG, (les djihadistes) n’ont pas fait de progrès », a affirmé à l’AFP un responsable kurde local, Idriss Nassen. «Rien n’a changé».

Les djihadistes tentent depuis plusieurs jours de couper l’accès au poste-frontière avec la Turquie, au nord, unique route d’approvisionnement pour les combattants kurdes et seule voie de sortie pour les civils.

Depuis le 16 septembre, la «bataille de Kobané» a poussé à la fuite plus de 300.000 personnes, dont plus de 200.000 en Turquie et des milliers en Irak, mais des centaines sont encore coincés dans la ville, pilonnée par les djihadistes et les frappes de la coalition.

Plus d’une centaine de raids ont été menés depuis fin septembre dans et autour de Kobané, mais la coalition a également visé des infrastructures pétrolières contrôlées par l’EI en Syrie, afin de « dérégler ses sources de financement », selon l’armée américaine.

La contrebande de pétrole est l’une des principales sources de financement des jihadistes qui, selon des experts, pourraient amasser entre un à trois millions de dollars par jour grâce à sa revente à des intermédiaires.

Entretiens Irak-Iran

Accusé de crimes contre l’Humanité, l’EI compte des dizaines de milliers de combattants dont de nombreux étrangers. Selon un ancien Premier ministre jordanien, quelque 1.300 ressortissants de son pays ont rejoint ses rangs en Irak.

Dans ce pays, les forces aériennes américaines ont frappé des positions djihadistes près de Baïji (200 km au nord de Bagdad), où se trouve la principale raffinerie de pétrole du pays, et cinq autres autour du barrage stratégique de Mossoul (nord).

Les forces irakiennes peinent à reprendre le terrain perdu face aux combattants de l’EI qui contrôlent désormais plus de 80% de la province majoritairement sunnite d’Al-Anbar (ouest).

Depuis leurs premières frappes, le 8 août, les États-Unis fournissent un soutien essentiel à l’armée irakienne, incapable pendant des semaines d’enrayer la progression des djihadistes. Aux faiblesses militaires venaient s’ajouter les blocages politiques qui ont retardé de plusieurs semaines les nominations d’un ministre de la Défense et de l’Intérieur.

C’est cependant chose faite depuis samedi: répartissant deux portefeuilles-clés, le Parlement a approuvé la nomination de Khaled al-Obaidi à la Défense, et de Mohammed al-Ghabbane à l’Intérieur.

Le secrétaire d’État américain John Kerry s’est félicité de ces nominations à «des postes cruciaux à attribuer dans le cadre des efforts contre l’EI».

Mais la nomination de M. Ghabbane, du bloc chiite Badr, pourrait placer le ministère de l’Intérieur, en charge de la grande majorité des forces de sécurité, sous le contrôle effectif du commandant de la milice liée à cette formation, Hadi al-Ameri.

Le gouvernement irakien s’appuie, depuis le lancement de l’offensive de l’EI en Irak le 9 juin, sur des milices chiites qui combattent souvent sur le terrain aux côtés de l’armée, et qu’Amnesty International a récemment accusé de commettre des crimes de guerre contre des civils sunnites.

Le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi, qui assurait l’intérim de ces deux postes, se rendra en Iran lundi pour discuter de la lutte contre les jihadistes. L’Iran chiite, allié de Bagdad, est très hostile aux extrémistes sunnites de l’EI.