Après le NORAD, l’OTAN en alerte à son tour, les avions russes jouent à «Jusqu’où aller trop loin»!

2
Un chasseur Typhoon de la Royal Air Force britannique intercepte un bombardier russe TU-95 au dessus de l'Atlantique (Archives/Wikipédia)
Un chasseur Typhoon de la Royal Air Force britannique intercepte un bombardier russe TU-95 au dessus de l’Atlantique (Archives/Wikipédia)

Après le NORAD, l’OTAN est en alerte à son tour face à une intense activité de l’aviation russe.Les forces de OTAN ont procédé à plusieurs interventions aériennes ces deux derniers jours après avoir détecté une intense activité de l’aviation militaire russe dans l’espace européen, a annoncé mercredi le centre de commandement militaire des forces de l’OTAN en Europe.

Les avions russes jouent à «Jusqu’où aller trop loin», Kremlin style.

L’OTAN dit avoir détecté et suivi quatre groupes d’avions militaires russes qui effectuaient des manœuvres militaires dans l’espace aérien européen de la mer Baltique, de la mer du Nord/Atlantique et de la mer Noire les 28 et 29 Octobre 2014.

Selon le centre de commandement des forces de l’OTAN, ces multiples vols russes représentent un niveau inhabituel de l’activité aérienne dans l’espace aérien européen.

29 octobre, mer du Nord/Océan Atlantique, huit avions russe interceptés

À environ 03h00, heure normale d’Europe centrale, le 29 Octobre, les radars de l’OTAN ont détecté et suivi huit avions russes volant en formation au-dessus de la mer du Nord.

Aussitôt dépêchés, les chasseurs F-16 avions de la Royal Norwegian Air Force ont identifié et intercepté les aéronefs russes, soit comprenait quatre bombardiers stratégiques Tu-95 Bear H et quatre avions ravitailleurs Il-78.

Venant de la Russie continentale, les Russes avaient pénétré l’espace aérien international au dessus de la mer de Norvège sans avoir avisé personne.

Six des avions russes se sont alors dirigés vers le nord-est en direction de la Russie, mais deux bombardiers statégiques Tu-95 Bear H ont continué vers le sud-ouest, parallèlement à la côte norvégienne.

Les Typhoons britanniques ont alors été dépêchés.

Les deux avions russes ont été interceptés et identifiés au dessus l’océan Atlantique à l’ouest du Portugal par des F-16 de l’Armée de l’air portugaise.

Les Russes ont alors pris la direction du nord-est, volant à l’ouest du Royaume-Uni.

Les avions de l’OTAN du Royaume-Uni et de la Norvège se sont tenus prêts à intervenir alors que les Russes rebroussaient chemin pour rentrer chez eux pendant que les forces de l’OTAN au sol continuaient à les surveiller.

Le bombardier et l’avion ravitailleur russes n’avait pas déposé un plan de vol ni établi de contact radio avec les autorités de contrôle du trafic aérien civil et ils n’avaient pas de transpondeurs à bord.

Tout cela posait bien sûr un risque pour l’aviation civile et le contrôle de la circulation aérienne.

29 Octobre 2014, mer Noire, quatre avions russes interceptés

Au cours de l’après-midi du 29 Octobre, les radars de l’OTAN ont détecté et suivi quatre avions russes survolant la mer Noire dans l’espace aérien international, y compris deux bombardier stratégiques Tu-95 Bear-H et deux avions de chasse Su-27 Flanker.

L’Armée de l’air turque a intercepté les avions russes et les forces de l’OTAN ont continué à les suivre dans l’espace aérien international.

À 16h, heure normale d’Europe centrale, les Russes étaient était toujours en vol.

29 octobre, mer Baltique, de multiples avions russes interceptés

Au cours de l’après-midi du 29 octobre, les radars de l’OTAN ont également détecté et suivi un grand nombre d’avions russes volant eux aussi dans l’espace aérien international de la mer Baltique sans en avoir avisé qui que ce soit ni avoir établi de contact avec les autorités de contrôle du trafic aérien,

Il y avait cette fois

  • Deux MiG-31 Foxhound,
  • Deux Su-34 Fullback,
  • Un Su-27 Flanker,
  • Deux Su-24 Fencer

Les chasseurs portugais F-16 affectés à la mission de police aérienne de la Baltique ont été dépêchés en réponse au survol de cet essaim d’aéronefs russes et les avions russes sont alors retournés dans leur espace aérien.

Sept chasseurs russe avaient également été interceptés la veille

Au cours de l’après-midi de la veille, 28 octobre, les radars de l’OTAN ont détecté et suivi sept avions de chasse russe dans l’espace aérien international au-dessus de la mer Baltique. Les avions, détectés à environ 14h30 heure normale d’Europe centrale, étaient, là aussi

  • Deux MiG-31 Foxhound,
  • Deux Su-34 Fullback,
  • Un Su-27 Flanker,
  • Deux Su-24 Fencer

Les avions survolaient le golfe de Finlande et ont été interceptés dans le but de protéger l’espace aérien allemand par les chasseurs Typhoon de la mission de police aérienne de l’OTAN dans les pays baltes.

Puis, poursuivant leur route dans l’espace aérien de la mer Baltique, ils ont ensuite été interceptés par les chasseurs alliés du Danemark ainsi que ceux de la Finlande et de la Suède, qui ne sont toutefois pas membres de l’OTAN.

Les chasseurs russes ont alors continué leur route vers l’oblast de Kaliningrad, en territoire russe

Ils avaient cette fois déposé un plan de vol avec les autorités de contrôle du trafic aérien et avaient des transpondeurs à bord, mais avait négligé de maintenir le contact radio avec le contrôle du trafic aérien civil.

Les avions des forces de l’OTAN sont restés en alierte pendant toute la durée des vols russes et les aéronefs ont été continuellement suivis à l’aide des ressources des membres de l’Alliance atlantique au sol et dans les airs.

L’OTAN a mené plus de 100 interceptions d’avions russes en 2014 à ce jour, souligne le commandement militaire de l’Alliance en Europe, ce qui est environ trois fois plus qu’en 2013.

Police aérienne de l’OTAN, surveillance accrue

Les membres de l’OTAN protègent leur espace aérien sur une base 24/7, souligne aussi le commandement militaire de l’OTAN, et les premiers efforts de défense aérienne sont axés sur l’arrêt des incursions non autorisées dans l’espace aérien de l’OTAN et sur ​​la prévention des actes de terrorisme aérien.

Et c’est ainsi, comme on a pu le voir, que les appareils des pays de l’Alliance ont décollé en deux jours de quatre endroits différents pour des missions d’interception contre quatre groupes d’avions militaires russes en manœuvre dans les espaces de la mer Baltique, de la mer du Nord et de la Mer Noire, a précisé l’OTAN dans un communiqué.

Le Canada lui aussi participe à la mission de police aérienne de l’OTAN et la force opérationnelle aérienne (FOA) canadienne a commencé le 1er septembre sa mission de police aérienne dans les pays baltes dans le cadre des mesures de réassurance de l’OTAN envers les pays alliés.

«Dans la foulée de l’augmentation de l’agression militaire accrue de la part de la Russie, la mission de police aérienne dans les pays balte est une démonstration de la solidarité des alliés et du dévouement de l’OTAN envers la sécurité de ses membres», avait déclaré à ce propos en septembre le ministre de la Défense du Canada, Rob Nicholson.

Jusqu’où aller trop loin, Russian style

Les interceptions d’avions militaires russes s’approchant des espaces aériens de pays baltes ou est-européens ont plus que doublé depuis le début de l’année, avait révélé début octobre un haut responsable de l’OTAN, au moment où le nouveau secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, était en visite en Pologne. Les Russes sont tout simplement en train de tester notre défense, avait-il commenté.

Du côté de l’Amérique du Nord, le commandement bi-national canado-américain de la défense aérospatiale (NORAD) n’est pas en reste. En août dernier, des avions russes de l’ère soviétique ont mené pas moins de 16 incursions dans et autour des zones d’identification de défense aérienne du nord-ouest, un nombre jamais vu depuis la fin de la guerre froide, et ont remis ça le mois suivant, plusieurs avions militaires russes ont été interceptés cette semaine dans des zones de restriction près de l’Alaska et au Canada par des avions américains et canadiens.

Il semble donc, de plus en plus, que les Russes testent les capacités de réaction des Occidentaux pour mieux savoir jusqu’où ils peuvent aller trop loin.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion2 commentaires

  1. Delescolle José

    Et dire que (presque) chaque État membre de l’U.E. est occupé à démanteler son armée (y compris ses autres services publics) pour faire face à la fameuse crise de la dette. En Belgique, depuis plus de dix ans, les budgets de l’armée n’ont cessé d’être rabotés progressivement, ce qui l’a affaiblie considérablement. Si un conflit important devait se déclarer, comme en 1940, on ne pourrait pas tenir bien longtemps… Je crois que nous vivons actuellement un « remake » de la grande dépression des années 30, après le krach boursier de 1929 (et nous, de 2008). L’histoire est un éternel recommencement. Pourtant, W. Churchill a dit « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » CQFD !

Répondre