Après Ottawa, New York: un partisan du djihad attaque des policiers à la hache

Un homme penchant vers «les thèses extrémistes» islamistes a attaqué des policiers avec une hache jeudi à New York, avant d'être abattu, annoncent la police et le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE (Archives/Spencer Platt/AFP)
Temps de lecture estimé : 4 minutes
Un homme penchant vers «les thèses extrémistes» islamistes a attaqué des policiers avec une hache jeudi à New York, avant d'être abattu, annoncent la police et le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE (Archives/Spencer Platt/AFP)
Un homme penchant vers «les thèses extrémistes» islamistes a attaqué des policiers avec une hache jeudi à New York, avant d’être abattu, annoncent la police et le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE (Archives/Spencer Platt/AFP)

Après les événements tragiques au Canada les 20 et 22 octobre, les partisans du djihad continuent à répondre à l’appel au meurtre lancé par l’État islamique le 22 septembre et, jeudi, un Américain converti à l’Islam et radicalisé a agressé des policiers à la hache en pleine rue à New York avant d’être abattu.

Les quatre policiers du quartier de Queens étaient en train de poser jeudi pour une photo, à la demande d’un photographe, lorsque l’assaillant, un homme noir âgé de 32 ans, est arrivé et, sans un mot, les a attaqués.

L’un des policiers a été frappé au bras et un autre à la tête avant que les policiers ne ripostent en tirant sur l’homme, le tuant.

Le policier grièvement blessé à la tête est toujours hospitalisé dans un état grave vendredi.

L’homme a ensuite attaqué un deuxième policier et l’a légèrement blessé au bras avant d’être abattu, sept secondes après le début de son attaque, par les deux autres policiers.

Une passante a également par accident été blessée par balle et hospitalisée dans un état grave.

Quant au photographe pour lequel posait le groupe de jeunes agents, il s’est montré coopératif et n’est pas considéré comme suspect, a indiqué la police.

L’Américain, identifié dans les médias comme Zale Thompson, avait estimé dans une vidéo publiée le mois dernier sur un site pro-État islamique (EI) que «le djihad est une réponse justifiable à l’oppression des sionistes et des croisés», rapporte aujourd’hui, vendredi, le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

L’homme s’était converti à l’islam il y a deux ans. Il n’avait pas de casier judiciaire à New York, mais avait été arrêté à six reprises en Californie, en 2003 et 2004, apparemment pour des affaires de drogue. Il avait été renvoyé de l’armée en 2003, a aussi indiqué la police de New York.

L’enquête est toujour en cours sur les motivations de l’homme, mais, selon SITE, plusieurs déclarations publiées par Thompson sur YouTube et Facebook montraient «une inclination ultra-raciale dans les contextes à la fois religieux et historiques, et laissaient penser qu’il penchait vers les extrémistes».

La police a aussi fouillé dans l’ordinateur du suspect et y a découvert sur les réseaux sociaux des déclarations antigouvernementales, anti-Occident, et parfois anti-blanc, Thomson était allé récemment sur des sites Internet traitant d’Al-Qaïda, de l’État islamique et des islamistes somaliens shebab.

Il avait aussi consulté les informations sur les attaques au Canada et celles concernant un homme ayant récemment sauté au-dessus des grilles de la Maison-Blanche.

«Les loups solitaires sont un souci croissant», a dit le chef de la police, Bill Bratton.

Mercredi à Ottawa, Michaël Zehaf-Bibeau, un homme de de 32 ans à la double citoyenneté canadienne et libyenne, a tué un jeune soldat de 24 ans montant la garde devant un Monument aux de la guerre avant de pénétrer dans le Parlement, où il a finalement été abattu par le sergent d’armes après des échanges de tirs.

Et lundi, à St-Jean-sur-Richelieu, au Québec, Martin «Ahmad» Rouleau, 25 ans, avait lancé sa voiture sur un militaire, le tuant, dans le parking d’un centre commercial fréquenté par des militaires, avant d’être abattu par la police. Également passé à l’islamisme radical, Rouleau s’était fait retirer son passeport en juillet, alors qu’il comptait se rendre en Turquie.

Les deux jeunes assaillants aux motivations apparemment religieuses et politiques, sont pourtant «nés et (ont été) élevés dans ce pays pacifique», a souligné jeudi le Premier ministre Stephen Harper devant les députés à la Chambre, avant de promettre de «redoubler» la lutte contre le terrorisme.

Ces attaques surviennent aussi alors que le Canada vient de s’engager dans la lutte antijihadistes en Irak aux côtés des forces de la coalition internationale et que le groupe ultra-radical l’État islamique a lancé le 22 septembre un appel au meurtre où les Américains et les Canadiens figurent en bonne place.

Des bombes prêtes à exploser

«Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen –en particulier les méchants et sales Français– ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière», a déclaré Abou Mohammed al-Adnani, un porte-parole de l’EI, dans son message.

Il donne ensuite des des détails sur la façon de s’y prendre, incitant à poser des bombes dans les lieux publics et ajoutant que que l’on peut également tuer à l’aide d’armes automatiques ou d’armes blanches.

Les musulmans qui n’ont ni bombes, ni armes, peuvent toujours écraser les gens dans la rue avec leur voiture, les pousser du haut d’une falaise ou encore les empoisonner. «Leur vie n’a pas plus de valeur que celle d’un chien», lance-t-il dans son message.

Certes, cela ne date pas d’hier qu’il y ait des terroristes sur le territoire national.

Encore, récemment, en septembre 2013, Chiheb Esseghaier, 31 ans, de Montréal et Raed Jaser, 36 ans, ont été accusés de complot en vue de commettre un attentat terroriste et complot pour attenter à la vie d’autrui au profit ou sous la direction d’un groupe terroriste, ou en association avec lui.

Arrêtés en avril 2013 par la police fédérale canadienne , ils avaient fomenté une attaque contre un train de passagers de VIA Rail entre Toronto et New York.

Mais la différence entre les deux terroristes du complot contre Via Rail et les assaillants isolés qui passent à l’attaque sans prévenir et agissent seuls: on peut déjouer un complot qui exige une préparation complexe et laisse des traces, mais beaucoup plus difficilement prévenir une attaque isolée.

Plus les moyens sont simples, plus il est difficile de prévenir l’attaque. Et les individus radicalisés qui vivent parmi nous deviennent des bombes qui peuvent exploser à tout moment.