Actes terroristes à Ottawa: Zehaf-Bibeau s’était procuré une Winchester 3031 et voulait se battre en Syrie

Michaël Zehaf Bibeau (photo tirée d’un compte Twitter)
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Michaël Zehaf Bibeau (photo tirée d’un compte Twitter)
Michaël Zehaf Bibeau (photo tirée d’un compte Twitter)

Le commissaire de la Gendarmerie royale canadienne (GRC) Bob Paulson et le chef du Service de police d’Ottawa Charles Bordeleau ont fait le point cet après midi sur l’attaque sur la Colline du Parlement qui a coûté la vie à un jeune militaire lors d’un point de à 15 h 30 (heure de l’Est) à l’immeuble de la Direction générale de la GRC, exhortant tous deux les citoyens à s’impliquer dans leur propre sécurité.

La police d’Ottawa, qui collabore à l’enquête de la police fédérale, a bien sûr comme premier mandat la sécurité des citoyens de la ville d’Ottawa et le chef de police, Charles Bordeleau a fait lors du point de presse appel à la la vigilance de tous, enjoignant les citoyens à signaler toute activité suspecte, comme l’avait fait avant lui au Québec la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault après les événements de St-Jean puis son chef, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard aujourd’hui.

Le chef de police a aussi indiqué avoir communiqué avec les communautés religieuses de son territoire «pour assurer la sécurité de tous».

Il a aussi indiqué que la zone autour du cénotaphe était encore entourée d’un cordon de sécurité, mais qu’elle redeviendrait bientôt accessible.

Zehaf-Bibeau avait la double citoyenneté libyenne et canadienne

Le commissaire de la GRC, Bob Paulson, a révélé pour sa part que Michaël Zehaf-Bibeau le tireur d’Ottawa tué mercredi après qu’il a abattu un militaire de garde au Monument de guerre et pénétré dans l’édifice du Parlement avait la double citoyenneté libyenne et canadienne.

Après avoir vécu au Québec, où il était né, et à Vancouver, il habitait Calgary, la métropole de l’Alberta,la riche province pétrolière canadienne. Calgary qui, après Montréal et Toronto, serait à son tour devenue à son tour un terrain de chasse particulièrement riche pour les recruteurs de groupes islamistes extrémistes comme l’État islamique qui n’hésite pas à menacer tout musulman modéré qui oserait s’opposer à lui.

Zehaf-Bibeau, qui était l’objet d’une enquête pour sa demande de passeport, avait un passé criminel. Le tireur de 32 ans avait notamment plaidé coupable en 2004 à Montréal à des accusations de possession de substances hallucinogènes. Sa dernière condamnation remonte à 2011, à Vancouver, quand, accusé de vol et de menaces, il avait plaidé coupables à la deuxième accusation.

Des informations non confirmées l’associent également à un individu connu de la GRC, a dit le commissaire, précisant que le tireur d’Ottawa était désabusé et avait des croyances extrémistes.

Toutefois, le commissaire a clairement affirmé qu’il n’y avait aucun lien entre le tireur d’Ottawa et Martin Ahmad Rouleau, qui avait quelques jours plus tôt à St-Jean-sur-Richelieu au Québec foncé avec sa voiture sur deux militaires dans un centre commercial, tuant l’un d’eux.

Mais Zehaf-Bibeau n’était toutefois pas sur la fameuse liste de voyageurs à haut-risque qui veulent partir se battre à l’étranger aux côtés des djihadistes et que surveille la police fédérale.

Voulant partir pour la Syrie, il était arrivé à Ottawa le 2 octobre pour régler son problème de passeport et, dans la capitale fédérale, résidait dans un refuge de l’Armée du Salut.

Arrivé à Ottawa le 2 octobre, il s’était procuré une Winchester 3031

Bien qu’ayant eu des liens avec le Front Al-Nosra, le groupe djihadiste concurrent de l’État islamique, le jeune Zehaf-Bibeau penchait plutôt dorénavant du côté de ce dernier qui, depuis ses récents succès, attirent de plus en plus de jeunes djihadistes qui veulenet se battre à ses côtés.

Bien qu’on ne connaisse pas à ce stade ci toutes les motivations du tireur, il semble selon la GRC que la question du passeport qu’il peinait à obtenir et dont il avait besoin pour partir, pourrait être centrale dans cette histoire.

Zehaf-Bibeau, à qui il était interdit de posséder une arme, avait réussi on ne sait pas comment à se procurer la carabine Winchester 3031, une arme de plusieurs milliers de dollars avec laquelle il a fait feu ce jour tragique.

Le 21 du même mois, donc la veille des événements, il s’était aussi procuré le véhicule beige à bord duquel il a quitté le cénotaphe après avoir abattu le jeune réserviste de 24 ans, Nathan Cirillo, qui y montait la garde.

Le commissaire Paulson a confirmé ce que la police d’Ottawa avait déjà révélé plus tôt aujourd’hui, Zehaf-Bibeau aurait agi seul lors de la fusillade d’hier au Parlement.

Le porte-parole de la police d’Ottawa Marc Soucy avait affirmé qu’on ne recherchait pas d’autres assaillants et que l’enquête se poursuivait.

Mais il faut se rappeler que la police d’Ottawa se concentre sur l’aspect judiciaire et que cette déclaration ne signifie aucunement que le tireur n’avait pas d’appui ou n’appartenait pas à un réseau.

Tout au contraire «L’enquête se poursuit et permettra de déterminer si Zehaf-Bibeau a reçu du soutien sous une forme ou une autre dans la planification de son attentat», a indiqué Bob Paulson..

Le commissaire de la GRC a insisté pour dire que des menaces comme celles posés par des individus comme Zehaf-Bibeau, et surtout le moment où ils peuvent passer à l’acte, sont très difficiles à détecter et à déterminer.«Il n’y a aucun moyen de savoir où et à quel moment un tel attentat peut survenir».

Les mesures de surveillance renforcées

Bob Paulson a toutefois annoncer que, dorénavant, des mesures supplémentaires seront prises pour assurer la sécurité des Canadiens, notamment la surveillance des voyageurs à haut risque qui sera haussée.

La GRC est présentement à évaluer avec le Service canadien de renseignements de sécurité (SCRS) le niveau de menaces que représente chacun des individus sur la liste des voyageurs à haut risque qui compte actuellement 93 personnes, bien que, se souligner le commissaire, le nombre fluctu selon l’évolution des évaluations.

En plus de renforcer sa surveillance, la police fédérale tentera après cette évaluation d’obtenir des éléments de preuves pour procéder à des arrestations si nécessaire.

Notant toutefois la nécessité d’assure le délicat équilibre entre la protection des citoyens et l’accès libre à nos institutions démocratiques, le commissaire de la GRC a conclu sont point de presse en exhortant les Canadiens à être «vigilants et à veiller les uns sur les autres».