Ban-Ki-moon scandalisé par l’attaque contre les Casques bleus au Mali

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré vendredi choqué et indigné par l'embuscade meurtrière contre un convoi de la Minusma au Mali et a souligné que s'en prendre aux Casques bleus constituait une grave violation des lois internationales.
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Un Casque bleu du Niger en patrouille à Gao, au Mali (Marco Dormino/Minusma)
Un Casque bleu du Niger en patrouille à Gao, au Mali (Marco Dormino/Minusma)

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est déclaré vendredi choqué et indigné par l’embuscade meurtrière contre un convoi de la Minusma au Mali et a souligné que s’en prendre aux Casques bleus constituait une grave violation des lois internationales.

Neuf Casques bleus nigériens de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ont été tués vendredi 3 octobre dans une attaque près de la ville de Gao.

Cette attaque, la plus meurtrière à ce jour perpétrée contre la Mission de l’ONU au Mali, porte le nombre total de victimes d’actes hostiles depuis le début de la mission, le 1er juillet 2013, à 30 Casques bleus tués et 90 autres blessés.

«Le Secrétaire général souligne que les attaques contre les Casques bleus des Nations Unies constituent une violation grave du droit international. Il rappelle aux groupes armés opérant dans le nord du Mali leur engagement à coopérer avec l’Organisation des Nations Unies pour prévenir les attaques contre les soldats de la paix en conformité avec leur déclaration du 16 septembre à Alger. Au moment où les négociations de paix sont en cours, il insiste sur le fait que toutes les parties doivent faire preuve de bonne foi et s’engager à une solution politique et que les auteurs de ces actes épouvantables soient traduits en justice», a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

Le Conseil de sécurité a également fermement condamné cette attaque.

«Les membres du Conseil de sécurité ont souligné que les attaques visant les Casques bleus pourraient constituer des crimes de guerre en vertu du droit international», précise un communiqué de presse du Conseil.

Le Canada a lui aussi condamné l’attaque meurtrière.

Le ministre des Affaires étrangères John Baird a souligné que «Les victimes, originaires du Niger, étaient membres de la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Mali, qui s’emploie à restaurer la paix et la stabilité dans un pays déchiré par des actes méprisables de terrorisme».

«Le Canada maintient son soutien aux négociations en cours à Alger et qui visent à conclure un accord de paix entre le gouvernement malien et les groupes de rebelles au nord du pays.», a aussi ajouté le chef de la diplomatie canadienne.

À l’initiative de la France, le Conseil de sécurité a aussi publié une déclaration unanime pour condamner dans les termes les plus forts cette attaque et affirmer qu’il s’agit d’un crime de guerre au regard des lois internationales.

Le gouvernement malien et six mouvements armés du nord du Mali ont signé en juillet à Alger une feuille de route pour des négociations devant ramener la paix. Le deuxième round de discussions s’est ouvert début septembre à Alger mais aucune avancée notable n’a toutefois été enregistrée.

Selon un officier nigérien de la Minusma cité par l’Agence France-presse, mais s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, l’embuscade a été tendue par les islamistes du Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest.

Le Mujao, lié à Al-Qaïda, fait partie des groupes jihadistes ayant contrôlé le nord du Mali pendant près d’un an, de 2012 à 2013, avant d’en être en grande partie chassé par une intervention militaire internationale en cours depuis janvier 2013.

La semaine dernière, l’ONU s’était inquiétée de la résurgence incontestable des jihadistes dans le nord du Mali.

Avec l’armée malienne encore en reconstruction et les militaires français de Serval redéployés dans une opération régionale plus large, Barkhane, les Casques bleus sont de nouveau à la merci ds groupes djihadistes dans cette région du pays.