Déclarations du PM, du ministre de la Défense et du Chef d’État-major sur le décès de l’adjudant Patrice Vincent, victime d’un acte terroriste

L’adjudant Patrice Vincent, membre de l’Unité interarmées de soutien du personnel au Centre intégré de soutien du personnel de St-Jean (MDN)
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L’adjudant Patrice Vincent, membre de l’Unité interarmées de soutien du personnel au Centre intégré de soutien du personnel de St-Jean (MDN)
L’adjudant Patrice Vincent, membre de l’Unité interarmées de soutien du personnel au Centre intégré de soutien du personnel de St-Jean (MDN)

Dans le stationnement d’un centre commercial de St-Jean -sur-Richelieu fréquenté par les militaires de l’endroit, Patrice Vincent, un adjudant de 53 ans a été fauché par une voiture lundi en fin de matinée dans ce qui semble être un acte terroriste commis par un jeune Canadien «radicalisé», Martin «Ahmad» Rouleau, abattu pas la suite par la police locale après une poursuite d’environ 5 km.

L’adjudant Patrice Vincent, membre de l’Unité interarmées de soutien du personnel au Centre intégré de soutien du personnel de St-Jean, est décédé des suites de ses blessures le  soir du 20 octobre 2014.

Les Centres intégrés de soutien du personnel comme celui où travaillait l’adjudant Vincent s’adressent aux militaires et aux vétérans des Forces canadiennes (force régulière et de la réserve).

Amère ironie, «Des employés d’Anciens Combattants Canada et du ministère de la Défense nationale y travaillent côte-à-côte et veillent à combler leurs besoins et ceux de leurs familles, qu’ils aient besoin de soins de santé, d’aide pour vivre un deuil ou pour faire la transition à la vie civile».

Le Centre intégré de soutien du personnel de St-Jean, un des trois centres du genre au Québec avec Bagotville et Valcartier, est situé en dehors d’une base militaire, dans un centre commercial au 320, boulevard du Séminaire Nord, à St-Jean-sur-Richelieu, au Québec.

C’est dans le stationnement du centre commercial où est situé le centre, au bureau 001, que le suspect, qui surveillait les lieux depuis 9h15 ce matin là, a foncé avec sa voiture vers 11h30 sur les deux militaires, dont l’adjudant Vincent qui était alors en uniforme, avant de prendre la fuite pour être rattrapé quelques minutes plus tard environ 5 km plus loin, à l’angle du Boulevard du Séminaire et de la rue Schubert.

C’est alors que, quittant son véhicule, il a foncé sur les policiers armé d’un couteau et a été abattu. Il est mort plus tard en soirée.

La Sûreté, qui mène l’enquête, fait d’ailleurs un appel à témoin dans cette affaire.


L’adjudant Vincent était membre de la Force régulière depuis mai 1986. Pendant sa carrière, en tant que pompier, il a été affecté à Valcartier, Comox, Halifax, Trenton, Esquimalt, Edmonton, North Bay et Montréal.

Par ailleurs, suite au décès de l’adjudant Vincent, le Premier ministre Harper, le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson et le chef d’État-major de la Défense, le Général Tom Lawson, ont  émis des déclarations que nous reproduisons ici intégralement.

Déclaration de Stephen Harper

«C’est avec stupeur et tristesse que j’ai appris hier que deux membres des Forces armées canadiennes de la Garnison de la Base des Forces canadiennes Saint‑Jean ont été happés par un homme qui, selon nos services de sécurité nationale, s’était radicalisé.

« Au nom de tous les Canadiens, Laureen et moi offrons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis du membre des FAC qui a succombé aux blessures subies lors de cet événement odieux. Nous prions également pour le rétablissement du militaire qui a été blessé. Par ailleurs, j’aimerais remercier les premiers intervenants sur les lieux pour leurs efforts.

«Enfin, je tiens à dire que les autorités peuvent compter sur notre plein appui pour faire toute la lumière sur ce geste horrible. »

 

De Rob Nicholson

«C’est avec un immense chagrin que j’ai appris la mort d’un membre des Forces armées canadiennes qui a succombé à ses blessures après avoir été victime d’un délit de fuite hier à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec.

«Nous sommes de tout cœur avec la famille, les amis et les collègues du membre et nous ferons tout pour les aider dans cette période difficile. Un autre membre des FAC, blessé lors de cette tragédie, est toujours à l’hôpital. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et lui offrons notre aide et notre appui.

«Nous savons que le suspect était connu des policiers et des autorités fédérales. Cet incident fait présentement l’objet d’une enquête.

«Les Forces armées canadiennes ont grandement contribué à la sûreté et à la sécurité, au pays et à l’étranger, et ont offert l’espoir d’un avenir meilleur à ceux qui ont connu l’horreur et la mort. Les membres des FAC représentent le meilleur du Canada, et d’être témoin de la mort d’un des nôtres dans un acte aussi absurde ne fait que renforcer notre détermination. Nous nous souviendrons.»

 

De Tom Lawson

«Hier, la communauté de la Défense a appris que deux membres des Forces armées canadiennes ont été victimes d’un délit de fuite à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec. Un des militaires est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures.

Nous sommes de tout cœur avec la famille, les amis et les collègues du membre, et les Forces armées canadiennes leur offriront leur soutien en cette douloureuse épreuve. Nous souhaitons à notre collègue blessé un prompt rétablissement, et nous offrons notre soutien continu à sa famille pendant qu’il se rétablit.

Le suspect a quitté la scène de l’incident et a été poursuivi par la police. La poursuite s’est soldée par la mort du suspect. L’hypothèse a été émise que ce délit de fuite serait un possible acte terroriste contre nos membres. L’incident fait actuellement l’objet d’une enquête menée par les policiers, qui détermineront si c’était le cas une fois l’enquête terminée.

La sécurité et le bien-être du personnel des Forces armées canadiennes sont pour nous une priorité. Des mesures de sécurité sont en place dans toutes les installations des Forces armées canadiennes au Canada, et nous adaptons continuellement ces mesures en fonction des exigences d’un environnement de sécurité en évolution. De plus, nous resterons vigilants contre des menaces possibles. »