Encore un autre cas de terrorisme «domestique» dans la capitale nationale canadienne

La GRC, à l'avant-garde de la lutte au terrorisme au Canada (Archives/Dickelbers/WikiC)
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La GRC, à l'avant-garde de la lutte au terrorisme au Canada (Archives/Dickelbers/WikiC)
La GRC, à l’avant-garde de la lutte au terrorisme au Canada (Archives/Dickelbers/WikiC)

Le terrorisme «domestique» est devenu une préoccupation constante et on apprend aujourd’hui qu’une importante opération policière menée par l’Équipe intégrée de la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a mené samedi dernier encore à l’arrestation à Ottawa d’un homme soupçonné de terrorisme.

Le suspect, âgé de 39 ans, faisait l’objet d’une enquête et il était surveillé de très près par les policiers.

Au moment où la police fédérale canadienne tentait de lui mettre la main au collet, l’homme, un dénommé Luqman Abdunnur, a essayé de s’enfuir. Une altercation s’en est suivie au cours de laquelle un policier de la Police provinciale de l’Ontario a tiré un coup de feu, mais le suspect n’a pas été blessé dans l’échauffourée.

La Police provinciale de l’Ontario et le Service de police d’Ottawa ont aussi participé à cette opération.

La voiture du suspect, une Nissan noire, aurait été fouillée par la section des explosifs, mais la police n’y a rien trouvé.

Aucune information n’a été donnée pour le moment sur les motifs exacts de cette arrestation et la GRC n’a pas précisé se l’homme faisait partie des 93 personnes interdites de voyage en raison de leur radicalisation, ni s’il avait un lien avec le tueur qui a abattu le jeune réserviste devant le cénotaphe mercredi dernier.

Les menaces terroristes se multiplient

Mais les cas de Canadiens liés à des activités terroristes, ici ou à l’étranger, continuent à se multiplier.

Après le Montréalais Esseghaier et son complice qui voulaient fr=aire dérailler un train de Via Rail, en avril 2013, tout récemment encore, jeudi 23 octobre, la Cour supérieure de justice de l’Ontario a condamné un Canadien d’Ottawa, Misbahuddin Ahmed, 30 ans, à une peine de 12 ans d’emprisonnement pour avoir pris part à un complot monté par une cellule qui comptait commettre un attentat.

Parmi les preuves présentées au procès, un enregistrement d’une conversation dans laquelle les suspects discutaient d’une attaque d’une base militaire au Canada où devait avoir lieu une cérémonie de rapatriement du corps d’un militaire décédé à l’étranger.

Ils avaient été arrêtés à Ottawa en possession, selon la police, de «plans, vidéos, instructions, livres et composants électriques destinés explicitement à la fabrication d’engins explosifs».

Un Canadien présenté comme le cerveau de la cellule terroriste, Hiva Alizadeh, 34 ans, avait, lui, été condamné en septembre à 24 ans de prison.

En juillet, un autre Canadien, Mohamed Hassan Hersi, avait été condamné par Un tribunal de Brampton, en Ontario, à 10 ans de prison, Hersi, un Torontois de 28 ans, projetait de joindre un groupe terroriste en Somalie.

Des menaces qui ne datent pas d’hier

L’ombre de la menace terroriste plane depuis longtemps sur le Canada, même si les Canadiens en sont pleinement conscients depuis peu.

Le 2 juin 2006, une série de perquisitions menées par plus de 400 policiers dans la région métropolitaine de Toronto avait mené à l’arrestation de 18 individus (14 adultes et 4 personnes d’âge mineur, tous des hommes), groupe surnommé depuis «The Toronto 18», qui planifiait des attaques contre la Banque de Toronto et les bureaux de Radio-Canada.

Ils prévoyaient prendre d’assaut le Parlement d’Ottawa,d’enlever des de députés et d’exiger le retrait des troupes canadiennes en Afghanistan et la libération de certains prisonniers au Moyen-Orient. L’assassinat du premier ministre Stephen Harper était aussi envisagé.

Les Équipes intégrée de la sécurité nationale

C’est pour contrer de pareilles menaces qu’ont été crées les Équipes intégrée de la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui ont pour mission, comme leur nom l’indique, de mener des «interventions intégrées» avec plusieurs partenaires afin de déceler et de contrer rapidement toute menace à la sécurité nationale et à la sécurité publique.

«Pour de nombreux pays, y compris le Canada, la réalité du terrorisme a fait ressortir l’importance d’accroître l’intégration des ressources et l’échange de renseignements», dit à ce sujet la police fédérale.

C’est aussi une Équipe intégrée de la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada qui mène actuellement l’enquête sur les circonstances de l’attaque du 22 octobre à Ottawa où un partisan du djihad, Michaël Zehaf Bibeau, a abattu un jeune réserviste qui montait la garde devant le cénotaphe avant de pénétrer dans l’édifice du Parlement où il a été abattu à son tour.

Il y a des «Équipes intégrées» à Vancouver, Toronto, Ottawa et, ici, à Montréal.