Groupe État islamique: nouveaux assauts des djihadistes à Kobané et en Irak

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Explosion dans la ville syrienne de Kobané défendue par les Kurdes, photographiée depuis le village turc de Mursitpinar le 20 octobre 2014 (Bulent Kilic/AFP)
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Explosion dans la ville syrienne de Kobané défendue par les Kurdes, photographiée depuis le village turc de Mursitpinar le 20 octobre 2014 (Bulent Kilic/AFP)
Explosion dans la ville syrienne de Kobané défendue par les Kurdes, photographiée depuis le village turc de Mursitpinar le 20 octobre 2014 (Bulent Kilic/AFP)

Les djihadistes ont lancé de nouvelles attaques dans la ville syrienne kurde de Kobané, en Syrie, et dans une région du nord de l’Irak également sous contrôle des forces kurdes, qui peinent à freiner leur avancée en dépit du soutien international.

À Kobané, à quelques kilomètres de la frontière turque, plusieurs frappes de la coalition menée par les États-Unis sont venues appuyer les troupes au sol dans la nuit, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Après la nouvelle offensive lancée lundi soir par le groupe de l’État islamique (EI), des combats se poursuivaient mardi dans l’est de la ville, où s’est produite une explosion, vraisemblablement à la voiture piégée.

La veille, les combats avaient fait 17 morts dans les rangs djihadistes et cinq du coté kurdes, selon un bilan de l’OSDH.

Parallèlement, dans l’Irak voisin, les djihadistes ont poussé vers le nord et attaqué la ville de Qara Tapah, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière iranienne. Quelques 9.000 personnes ont fui, selon une source locale. « Nous avons réclamé un soutien aérien de la coalition internationale », a déclaré un responsable militaire du secteur.

La coalition a mené ses premières frappes sur les positions irakiennes de l’EI le 8 août, mais plus de 4 mois après, elles commencent à montrer leurs limites face aux jihadistes, qui contrôlent l’immense majorité de la province occidentale d’Al-Anbar.

Des responsables américains et irakiens ont reconnu à plusieurs reprises qu’une stratégie purement aérienne ne permettrait pas de gagner cette guerre, soulignant la nécessité de renforcer l’armée irakienne, totalement dépassée au début, en juin, de l’offensive de l’EI.

En attendant, la coalition multiplie les raids – plus de 140 uniquement à Kobané depuis fin septembre – et s’appuie sur les Kurdes, devenus ses meilleurs alliés dans la lutte contre l’EI.

Lundi, pour la première fois, trois avions cargos C-130 américains ont largué des armes, des munitions et du matériel médical sur les positions des Unités de protection du peuple (YPG). Il s’agit d’ « aider à la poursuite de la résistance », a expliqué l’armée américaine, en précisant que les équipements largués étaient fournis par les autorités kurdes d’Irak.

Abadi à Téhéran

La région autonome du Kurdistan irakien a également promis d’envoyer des hommes à Kobané.

«Nous avons des jeunes Kurdes originaires du Kurdistan occidental (la Syrie, NDLR) que nous avons entraînés au Kurdistan (irakien). Nous allons les envoyer au combat», a déclaré à l’AFP Halgord Hekmet, porte-parole des peshmergas irakiens. Mais »nous n’avons pas d’autres forces à envoyer », a-t-il souligné, l’Irak étant lui-même en proie depuis le 9 juin à une offensive de l’EI.

Pour faciliter l’arrivée de ces renforts, la Turquie a annoncé l’ouverture de sa frontière, une déclaration saluée par Washington, qui presse depuis des semaines Ankara d’agir sur le dossier syrien.

Malgré la pression de ses alliés, le gouvernement islamo-conservateur turc a jusqu’à présent refusé toute intervention militaire pour aider les combattants kurdes de Syrie, estimant que cela ne ferait que renforcer le président syrien Bachar al-Assad, sa bête noire.

Ankara considère en outre le Parti de l’union démocratique (PYD), dont sont issus les combattants kurdes à Kobané, comme le pendant syrien du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 en Turquie une guérilla à l’origine de 40.000 morts.

Les États-Unis continuent néanmoins de discuter avec la Turquie pour voir comment ce pays pourrait aider à combattre l’EI. «Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’il y aurait des divisions entre nous sur la manière de repousser cette menace. Nos objectifs généraux sont exactement les mêmes», a ainsi assuré la porte-parole du département d’État américain, Marie Harf.

Parallèlement, à Téhéran, le président Hassan Rohani a reçu mardi le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi, arrivé dans la nuit en Iran pour discuter de la lutte contre les djihadistes.

Extrêmement hostile aux sunnites de l’EI, l’Iran chiite s’est engagé très tôt aux côtés de l’Irak en y envoyant des armes et des conseillers militaires, selon des responsables iraniens et des peshmergas irakiens.