La Suède reconnaît l’État de Palestine, Washington juge la décision prématurée

Le Premier ministre social-démocrate suédois Stefan Löfven sur le plateau de la chaîne TV4 à Stockholm, le 10 septembre 2014 (Pontus Lundahl/AFP)
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Le Premier ministre social-démocrate suédois Stefan Löfven sur le plateau de la chaîne TV4 à Stockholm, le 10 septembre 2014 (Pontus Lundahl/AFP)
Le Premier ministre social-démocrate suédois Stefan Löfven sur le plateau de la chaîne TV4 à Stockholm, le 10 septembre 2014 (Pontus Lundahl/AFP)

Washington a jugé que toute reconnaissance internationale d’un Etat palestinien était prématurée, après que la Suède eut annoncé ce vendredi 3 octobre qu’elle reconnaîtrait un État de Palestine.

Le Premier ministre Stefan Löfven a en effet annoncé que son pays va reconnaître l’État de palestine, ce qui serait une première pour un pays occidental de l’UE.

Sur les 134 pays qui, selon l’Autorité palestinienne, reconnaissent l’État palestinien, seul sept sont sept membres de l’Union européenne: la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre.

«Une solution à deux États suppose une reconnaissance mutuelle et la volonté d’une coexistence pacifique. C’est pourquoi la Suède va reconnaître l’État de Palestine», a déclaré le Premier ministre suédois, joutant que «Cela doit se faire dans le respect des exigences légitimes à la fois des Palestiniens que des Israéliens quant à leur autodétermination et leur sécurité».

La porte-parole du département d’État Jennifer Psaki a réaffirmé quant à elle le soutien de Washington au principe d’un État palestinien, mais par le biais d’un processus de paix, d’une solution négociée et de reconnaissance mutuelle entre Palestiniens et Israël.

Les Etats-Unis et leur secrétaire d’Etat John Kerry, artisans entre juillet 2013 et avril dernier de la reprise du dialogue direct entre les deux camps, ont toujours milité pour une solution à deux Etats vivant côte à côte, a rappelé Mme Psaki.

Mais ce sont les parties qui doivent vouloir et pouvoir aller de l’avant, a plaidé la porte-parole.

La Suède, qui compte une importante communauté palestinienne, a aussi pris cette initiative à un moment où les efforts déployés depuis des décennies pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien semblent dans une impasse complète, et alors que les capitales occidentales se demandent comment en sortir et que la frustration des dirigeants palestiniens est proche de son comble.

La Suède avait voté en faveur du statut d’observateur de la Palestine à l’ONU en 2012, statut qui lui a été accordé à une imposante majorité malgré l’opposition des États-Unis et d’autres pays. L’année précédente, le pays nordique s’était opposée à son entrée à l’Unesco, où elle est membre à part entière.