Le Brigadier-général Lafaut, commandant de la 2e Division, explique les nouvelles mesures de sécurité

Le Brigadier-général Stéphane Lafault, commandant de la 2 Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est), qui présidait le 28 septembre 2014 la parade du rassemblement pour le changement des appellations d'Unités des Bataillons des Services Francophones du Canada a profité de la période d'inspection du 35 Bon Svc,pour discuter avec certains membres de l'Unité (35 Bon SVC)
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En interview pour 45eNord.ca, le brigadier-général Stéphane Lafaut, commandant de la 2e Division du Canada, reconnaît la frustration et le questionnement des gens par rapport aux suicides au sein des Forces. (Clémentine Michallon/45eNord.ca)
Le brigadier-général Stéphane Lafaut, commandant de la 2e Division du Canada, en interview pour 45eNord,ca en septembre 2014 (Clémentine Michallon/45eNord.ca)

Les mesures de protection de la force ont été renforcées pour le personnel et les bases et installations militaires au pays et Brigadier-général Lafaut, Commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (est ), responsable de toutes les opérations des Forces armées canadiennes au Québec, a adressé un message aux troupes et à leur famille pour leur expliquer la situation et l’interdiction, dorénavant, du port de l’uniforme en dehors du travail.

Des policiers militaires armés sont en outre maintenant postés à la guérite qui garde l’entrée des bases. De plus, à  l’entrée de plusieurs bases, telle  Bagotville et St-Hubert, des blocs de béton ont aussi été posés à l’entrée pour éviter qu’un véhicule puisse forcer l’entrée.

Dans son message publié sur la page Facebook de la Division, le Brigadier-général Stéphane Lafaut explique aux troupes et aux familles de militaires, sa réponse «aux récents événements malheureux qui se sont produits à St-Jean et à Ottawa», et annonce  la décision prise avec son état-major «de rehausser la sécurité de tous les militaires et employés civils travaillant sur les bases et garnisons en sol québécois ainsi que nos infrastructure» et  explique en détails les mesures prises pour leur sécurité

Non seulement les contrôles de sécurité aux différents points d’entrées des installations de la Défense au Québec seront rehaussées, mais «d’autres initiatives inhérentes à la Protection de la Force seront prises et varieront en fonction de la situation, selon les lieux, les circonstances et l’évaluation de la menace», annonce le Commandant de la 2e Division, expliquant que pour des raisons de sécurité opérationnelle, il ne peut  pas élaborer sur les différentes stratégies.

Pour le port de l’uniforme, le Brigadier-général indique clairement que, jusqu’à nouvel ordre, il sera interdit à pour tous les militaires en fonction au Québec lorsqu’ils portent leur uniforme de faire des arrêts dans des endroits publics, qu’il s’agisse de la garderie des enfants, des épiceries, des stations de service, les transports en commun, etc.

«Vous ne pourrez porter l’uniforme uniquement que lorsque vous voyagez en voiture, vous rendant directement de la résidence au lieu de travail, et vice-versa, et ce, lorsque vous êtes certain de ne pas avoir à faire d’arrêt en chemin», précise-t-il, ajoutant même  «Lorsque vous serez en opération, il sera permis de porter l’uniforme, mais je vous demande d’être vigilant et à l’affût».

Quant aux résidences des familles de militaires hors des bases, des ententes avec les forces policières locales sont conclues ou en voie d’être conclues pour intensifier les patrouilles.

Ne prenant absolument aucun risque, une directive nationale a annulé les activités des jeunes cadets et leur interdit à eux aussi le port de l’uniforme, a confié à 45eNord.ca une source bien renseignée.

Le Chef d’État-major de la Défense explique les mesures à l’échelle nationale

Le Général Tom Lawson,  dans un communiqué ce jeudi 23 octobre,   expliqué aux personnel militaire que ces nouvelles mesures n’avait pas été prises à la légère.

«Nous prendrons les mesures de précaution appropriées afin de réduire les risques non nécessaires et continuerons également de déployer des efforts pour défendre les intérêts des Canadiens et des Canadiennes, au pays et à l’étranger, avec une détermination inébranlable. Nous ne nous laisserons pas décourager», lance d’enbtrée de jeu le chef d’État-major de la Défense..

«Suivant mes ordres», poursuit-il,« le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC) a ordonné aux bases de l’ensemble du Canada d’accroître, au besoin, les mesures de protection locale des Forces. Dans la région de la capitale nationale, l’application de ces mesures a entraîné l’isolement immédiat de toutes les installations des Forces armées canadiennes. Bien que la période d’isolement soit maintenant terminée, à partir du 23 octobre 2014, je demande aux militaires de la capitale nationale de ne pas porter leur uniforme lorsqu’ils ne sont pas en service ou ailleurs qu’à leurs lieux de travail. Ceci est une mesure temporaire et le port de l’uniforme lors des déplacements recommencera aussitôt que possible».

«Cet ordre n’a pas été donné à la légère», fait valoir le Général. «En tant que membres des Forces armées canadiennes, nous portons notre uniforme avec fierté et nous continuerons de le faire. Toutefois, compte tenu du récent incident survenu à Saint-Jean-sur-Richelieu au cours duquel l’adjudant Vincent a perdu la vie et de la fusillade d’aujourd’hui à Ottawa, cet ordre est perçu comme étant une mesure d’intervention appropriée».

«J’ai également ordonné au commandant du COIC de préparer et de diffuser des directives mises à jour relatives à la protection des Forces pour l’ensemble des Forces armées canadiennes en vue de restreindre l’accès aux bases et aux installations de la Défense», écrit lke chef d’État-major de la Défense, soulignant qu’il y va de « la sécurité de nos membres, de leurs familles et [des ] partenaires civils [ des Forces armées]»

Ailleurs aussi

Quant aux Collèges militaires (le Collège militaire royale de St-Jean de celui de Kingston), qui sont placés sous la responsabilité de l’Académie de Défense du Canada, ils sont soumis au même régime et il est dorénavant interdit aux élèves officiers et au personnel  de porter l’uniforme en dehors du cadre militaire.

Du côté de l’Assemblée Nationale à Québec et des Hôtels de Ville de Québec et Montréal, les mesures ont aussi été renforcées.

Les effectifs policiers ont été doublés à l’Assemblée nationale, qui sera fermée au public jusqu’à nouvel ordre. La sécurité a également été renforcée dans tous les palais de justice.

À Montréal, le maire Denis Coderre a toutefois souligné que des mesures de sécurité avaient déjà été prises quand le Canada a décidé  le 7 octobre de participer à la mission de combat en Irak et, renforcées après les événements de St-Jean, lundi où un apprenti djihadiste avait foncé sur deux militaires tuant l’un d’eux, avant d’ être abattu.

Mais, elles ont encore été renforcées depuis les événements de ce matin et, jusqu’à nouvel ordre, tous les accès sont fermés, rue Notre-Dame, et les entrées du personnel sont contrôlées.

Du côté des réseaux de transport, les agents de sécurité ont été appelés à plus de vigilance et de nouveaux protocoles sont aussi en train d’être mis en place. Ainsi, à Québec, les autobus civils de la RTC (Régie de transport de la Capitale) ne passeront plus près de la base militaire pour éviter encore davantage le risque d’y amener des individus indésirables, plus difficiles à identifier et  contrôler lorsque perdu dans une foule de passagers.