Le chef des missions de paix de l’ONU annonce un renforcement du dispositif au Mali

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous (Paulo Filgueiras/ONU)
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Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous (Paulo Filgueiras/ONU)
Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous (Paulo Filgueiras/ONU)

Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a annoncé mardi que les Casques bleus au Mali allaient «durcir» leur dispositif, après une série d’attaques, dont la dernière, le jour même de l’annonce, a coûté la vie à un militaire sénégalais.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a assisté mardi à une cérémonie à la mémoire des neuf Casques bleus nigériens de la Mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) qui ont été tués la semaine dernière dans une embuscade, et il a exprimé son soutien au contingent tchadien, qui a également subi des pertes ces dernières semaines.

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’était déclaré la semaine dernière choqué et indigné par l’embuscade meurtrière contre le convoi de la Minusma au Mali et avait alors souligné encire une fois que s’en prendre aux Casques bleus constituait une grave violation des lois internationales.

Dans la matinée du vendredi 3 octobre, sur l’axe Ménaka-Ansongo, en direction d’Indelimane, un convoi de ravitaillement du contingent nigérien de la MINUSMA est tombé dans une embuscade. Le bilan de cet attentat est le plus lourd depuis le démarrage de la Mission. Cela porte à 30 le nombre de Casques bleus tués pour la paix au Mali.

«Ça n’est plus un contexte de maintien de la paix. Ça nous impose évidemment de prendre toute une série de mesures qui sont déjà décidées, qui sont en train d’être appliquées pour durcir nos bases, durcir nos protections», a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse dans la soirée.

«Nous sommes en train de déployer davantage d’engins contre les mines, contre les explosifs, de faire venir davantage de véhicules blindés», a-t-il ajouté, assurant avoir fourni au Tchad, qui menaçait de retirer ses troupes après avoir perdu 10 soldats en septembre, «les assurances qu’il souhaitait, notamment sur les rotations des troupes».

«J’ai déjà également commencé à prendre les dispositions pour déployer au-dessus du ciel malien des drones de surveillance aérienne de longue portée», a précisé M. Ladsous, souhaitant en outre un renforcement de la coopération avec les militaires français de l’opération Barkhane.

Au même moment, un Casque bleu sénégalais était tué par des tirs de roquette contre le camp de la Minusma à Kidal (extrême nord-est), a indiqué par ailleurs un responsable de la force de l’ONU dans la région, cité par l’AFP. Le responsable a aussi fait état aussi d’«un blessé léger»,

Six à sept explosions ont été entendues, mais cinq roquettes tirées sur le camp, selon la même source.

Selon des sources militaires et diplomatiques, ces dernières violences avaient été précédées de menaces du chef jihadiste malien, Iyad Ag Ghali, fondateur d’Ansar Dine, un des groupes liés à Al-Qaïda ayant contrôlé pendant près d’un an le nord du Mali, avant d’être dispersés par une intervention militaire lancée à l’initiative de la France en janvier 2013.

L’attaque contre le convoi du contingent nigérien dans la région de Gao, au sud de Kidal, avait quant à lui été revendiquée par un autre djihadiste malien, proche du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des groupes qui composaient la coalition islamiste qui a occupé le Nord malien .

«Il faut que tous les groupes armés qui se trouvent dans le nord du pays se tiennent à leur parole, se conforment aux engagements qu’ils ont pris […] pour faire en sorte que le nord du Mali retrouve la paix civile», a aussi déclaré le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Le gouvernement malien et six mouvements armés du Nord – notamment les groupes armés touareg – ont signé en juillet à Alger une feuille de route des négociations pour ramener la paix et sont engagés depuis septembre dans un deuxième round de discussions, qui n’ont cependant permis pour l’heure aucune avancée notable.

*Avec AFP