L’État islamique affirme avoir décapité l’otage britannique Alan Henning

Le travailleur humanitaire britannique Alan Henning a été décapité le 3 octobre 2014 en représailles aux frappes aériennes britanniques contre l'EI en Irak (SITE)
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Le travailleur humanitaire britannique Alan Henning a été décapité le 3 octobre 2014 en représailles aux frappes aériennes britanniques contre l'EI en Irak
Le travailleur humanitaire britannique Alan Henning a été décapité le 3 octobre 2014 en représailles aux frappes aériennes britanniques contre l’EI en Irak (AFP)

Le groupe État islamique a revendiqué l’exécution par décapitation du travailleur humanitaire britannique Alan Henning, en représailles aux frappes aériennes britanniques contre l’EI en Irak, a rapporté vendredi le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

La vidéo intitulée un nouveau message à l’Amérique et à ses alliés, a été réalisée selon le même scénario que lors des exécutions précédentes de deux Américains et d’un Britannique.

Alan Henning, vêtu de la même tenue orange que les victimes précédentes, qui rappelle les tenues des prisonniers de Guantanamo, ne prononce qu’une brève phrase, avant que son bourreau ne reprenne la parole pour accuser le parlement britannique d’être responsable de sa mort.

Le bourreau, dont la voix semble avoir été altérée électroniquement, a néanmoins un accent britannique et semble être le même, selon SITE, que celui qui a assassiné l’otage britannique David Haines, mi-septembre.

À la fin de cette vidéo, qui ne dure qu’une minute et 11 secondes, l’EI présente aussi un autre otage américain, Peter Kassig.

Alan Henning est le quatrième otage occidental exécuté de la sorte par l’EI en Syrie, après les deux journalistes américains, James Foley, dont la vidéo avait été diffusée le 19 août, Steven Sotloff (vidéo diffusée le 2 septembre) et le travailleur humanitaire David Haines (vidéo diffusée le 13 septembre).

Alan Henning, un chauffeur de taxi originaire de Manchester, père de deux adolescents, avait été kidnappé en décembre dernier alors qu’il s’était porté volontaire pour acheminer de l’aide dans un camp de réfugiés syriens.

M. Henning, âgé de 47 ans, avait rejoint un convoi d’aide humanitaire et a été capturé le 26 décembre 2013, peu après avoir franchi la frontière entre la Turquie et la Syrie. Plus tôt cette semaine, l’épouse de M. Henning, Barbara, avait demandé aux intégristes de le relâcher. Sa libération était également réclamée par des dizaines de leaders musulmans au Royaume-Uni.

Surnommé gadget, pour son goût prononcé pour les nouvelles technologies, il n’était pas un professionnel de l’humanitaire.

Le premier ministre britannique David Cameron a condamné «le meurtre brutal d’Alan Henning», tandis que la Maison-Blanche parle d’une «nouvelle preuve de la brutalité de l’EI».

Un Français, Hervé Gourdel, a également été décapité en Algérie selon le même mode opératoire (vidéo diffusée le 24 septembre) par des jihadistes se réclamant du groupe EI.

Peter Kassig, le prochain otage menacé d’être tué par les islamistes, est un ancien ranger de l’armée américaine qui a combattu en Irak. Agé de 25 ou 26 ans, il a quitté l’armée en 2012, est parti s’installer à Beyrouth après un mariage raté, et a créé une association humanitaire, baptisée SERA (Special Emergency Response and Assistance), principalement pour venir en aide aux réfugiés et aux populations déplacées.

Les États-Unis et leurs alliés, dont le Royaume-Uni et bientôt le Canada, bombardent chaque jour les positions de l’organisation État islamique, qui a conquis de vastes pans de territoire en Irak et en Syrie.