Mission canadienne de combat en Irak: les détails du déploiement

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Un CF-18 en plein ravitaillement en carburant lors de RIMPAC 2012 (Photo: Nicolas Laffont)
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Un CF-18 canadien se réapprovisionne en carburant (Photo: Nicolas Laffont)
Un CF-18 canadien se réapprovisionne en carburant (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Après avoir déposé la motion ouvrant la voie à une mission de combat et pavant la voie au déploiement de chasseurs CF-188 Hornet en Irak, le gouvernement Harper a dévoilé ce vendredi plus de détails dans une note d’information sur l’engagement canadien en Irak.

Stephen Harper a déposé ce matin une motion ouvrant la voie à l’envoi d’avions de chasse et d’avions de ravitaillement pour participer aux frappes aériennes menées par les pays de la coalition internationale assemblée par les États-Unis contre les cibles du groupe armé État islamique, en Irak seulement pour l’instant, tout en entrouvrant la porte à des frappes en Syrie.

Un débat et un vote auront lieu lundi à ce sujet, mais le débat sera toutefois limité à cinq heures et, bien sûr, le vote est déjà acquis au gouvernement qui dispose de la majorité des sièges à la Chambre.

Le déploiement

La mission des avions de transport Hercules CC-130J et un CC-177 Globemaster de l’Aviation royale du Canada et leurs équipages déployés pour aider à l’envoi de ressources militaires essentielles aux alliés qui apportent leur contribution aux forces kurdes qui combattent l’EIIL est maintenu.

La mission des jusqu’à 69 militaires canadiens qui peuvent être déployés en Irak pour conseiller les forces de sécurité irakiennes sur le plan stratégique et tactique est prolongée de 6 mois, ce qui correspond aussi à la durée initiale de la nouvelle mission de combat.

Plus particulièrement, au cours de la mission qui durera au plus 6 mois, le Canada fera ce qui suit, précise la note d’information du gouvernement canadien:

  • Il fournira un CC150 Polaris, deux CP140 Aurora et un avion de transport pour améliorer les capacités de ravitaillement, de surveillance aérienne et de transport des membres de la coalition menant des frappes aériennes contre le groupe terroriste EIIL et ses alliés en Irak, y compris environ 280 membres d’équipage et autres membres du personnel;
  • Il fournira jusqu’à six chasseurs de combat CF188 Hornet dans le cadre d’une force de frappe visant à appuyer les forces irakiennes dans le combat contre le groupe terroriste EIIL et ses alliés en Irak, y compris environ 320 membres d’équipage et autres membres du personnel.

Les membres du personnel et les ressources aériennes de l’ARC dans leur ensemble demeureront sous commandement canadien, mais pourraient se voir attribuer des tâches quotidiennes à accomplir pour la mission de la part de commandants de la coalition.

La pertinence de la flotte de CF-188

Les CF188 ont fait preuve de puissance aérienne moderne en 2011 au-dessus de la Lybie et le lieutenant-général Yvan Blondin, commandant de l’Aviation royale canadienne, déclarait justement aux parlementaires récemment à propos sur la pertinence de la flotte de CF-18, «qu’il avait une confiance totale en la capacité des aéronefs et du personnel de déployer la puissance aérienne du Canada partout dans le monde, afin d’appuyer les opérations aériennes en cours en Irak».

«Les aéronefs que nous pilotons aujourd’hui ont continuellement fait l’objet de travaux de modernisation tout au long de leur durée de vie utile, afin de s’assurer que nos équipages peuvent se diriger dans des zones dangereuses en ayant la confiance qu’ils possèdent le matériel dont ils ont besoin pour réaliser leurs missions de manière sécuritaire», expliquait le le Lieutenant-général Blondin.

«Les membres de notre Aviation royale canadienne et les aéronefs ont démontré qu’ils peuvent combattre aux côtés de nos alliés : ils sont aptes au combat, et les capacités de nos CF188 aujourd’hui font en sorte qu’ils puissent servir aux côtés des aéronefs de chasse pilotés par nos alliés dans la lutte contre l’EIIL[ le groupe l’État islamique].

Les objectifs de la mission

Le gouvernement déploiera donc des membres des Forces armées canadiennes, des aéronefs et d’autre équipement afin, dit le document d’information:

  •  de soutenir et effectuer des frappes aériennes contre le groupe terroriste EIIL et ses alliés en Irak;
  •  de fournir des conseils et de l’aide aux forces irakiennes dans leur lutte contre l’EIIL et ses alliés en Irak;
  •  de fournir des services de renseignement, de surveillance et de reconnaissance;
  • de fournir du personnel de planification et de liaison pour travailler avec les É.-U. et les autres alliés.

Sur les objectifs de la mission, le premier ministre avait déjà déclaré ce matin qu’ils étaient de réduire de façon importante les capacités à mener des actions militaires d’ampleur et d’avoir des bases dans la région.

Les frappes devraient aussi diminuer la capacité du groupe islamiste radical à mener des actions à l’extérieur.

Stephen Harper a aussi admis que l’action militaire n’éradiquera pas l’«État islamique» mais, dit-il, faisant valoir que cette action diminuera plutôt un conflit dans la région qui devenait de plus en plus dangereux, donnant le temps de trouver d’autres solutions.

Par ailleurs, «Nous allons attaquer l’État islamique uniquement là ou le Canada a le soutien clair du gouvernement de ce pays», a dit le chef du gouvernement canadien,expliquant qu’il ne voulait faire la guerre ;a aucun gouvernement de la région, mais ajoutant ajoutant toutefois que, si cela devenait possible, il étendrait les frappes à la Syrie.

Une coalition renforcée

Les Américains ont commencé les frappes en Irak le 8 août dernier, rejoint par la France, puis le Royaume uni. De plus, les .États-Unis effectuent également des frappes en Syrie de façon quasi-continu depuis le 23 septembre avec l’aide de cinq pays arabes qui se sont joints à la coalition, le Royaume de Bahreïn, le Royaume hachémite de Jordanie, le Royaume d’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis.

La coalition engagée en Irak, et pour certains pays en Syrie, s’était déjà renforcée vendredi avec l’envoi par l’Australie d’avions de combats et de 200 militaires. La Belgique, le Danemark, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni mènent également des frappes aériennes contre le groupe l’État islamique aux côtés des États-Unis et de cinq alliés arabes — Jordanie, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar et Bahreïn.

Le Canada renforcera donc encore la coalition qui lutte le groupe armé ultra-radical et ultra violent qu’est l’État islamique qui vient de décapiter aujourd’hui même son quatrième otage occidental.

Le groupe l’État islamique s’est emparé de pans entiers du territoire irakien dans une offensive fulgurante en juin dernier, a proclamé sur les territoires qu’il contrôlait en Irak et en Syrie un «califat» islamique où il exige l’obéissance absolue de tous les musulmans et fait régner depuis la terreur, persécutant les minorités, violant et assassinant.