Quand nos militaires se font attaquer dans nos rues, c’est le Canada qui est attaqué et il faut réagir….

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Les événements survenus lundi à Saint-Jean-sur-Richelieu et ceux de mercredi matin à Ottawa, reliés ou non, m’interpellent, m’attristent, me consternent à titre de militaire à la retraite et me font craindre le pire pour mes anciens collègues. Attaquer les soldats des Forces armées canadiennes signifie s’attaquer directement à la démocratie canadienne, car ils en sont des artisans et l’un de ses symboles les plus significatifs.

Une telle situation est tout à fait inacceptable. Les auteurs et toutes personnes qui y sont impliquées devront payer sévèrement le prix de leurs gestes. Une sévérité qui devra être stratégique et qui dissuadera toutes autres personnes de commettre de telles attaques. Le Canada est un lieu sécuritaire, multiculturel, reconnu pour son ouverture, qui offre une grande qualité de vie à ses citoyens et il doit en demeurer ainsi.

Conséquemment à ces événements, il ne faut pas céder à la «psychose» populaire et au chaos, car cela est sans doute l’espérance des auteurs de ces actes qu’ils soient organisés ou non. La mesure de limiter la porte de l’uniforme des militaires en dehors des garnisons est sage dans les circonstances, et ce, pendant que les forces de l’ordre et la sécurité civile tentent d’éclaircir les événements de lundi et de ce matin. Les militaires n’ont pas à être pris pour cibles et à être exposés à des actes contre le gouvernement canadien surtout pas sur notre propre territoire. Ainsi des mesures réactives sont appropriées à court terme pour protéger ceux et celles qui ont fait et qui font du Canada, cette terre de liberté, de justice sociale et de démocratie.

Blâmer le gouvernement canadien pour sa prise de position et sa décision d’intervenir militairement en Irak et en Syrie ne peut en aucun temps justifier des actes de la sorte. Le Canada contribue à la sécurité mondiale et à la paix avec ses alliés depuis la guerre des Boers en 1899. La situation en Irak et en Syrie et tout particulièrement les actes de décapitation envers des Occidentaux menacent la sécurité mondiale et doivent faire l’objet d’une intervention en ce sens qui s’avère donc une nécessité. Une mission de paix ou humanitaire dans ces pays n’aurait pas été l’approche appropriée.

J’invite donc tous mes anciens collègues à redoubler de vigilance et de demeurer aux aguets ainsi que de faire preuve de résilience et de détermination dans ces moments tragiques. Perdre des frères d’armes en théâtre opérationnel est une fatalité malheureuse des conflits armés, mais en perdre dans nos rues, sur notre territoire est une fatalité que personne n’aurait pu croire encore ce matin. Ces attaques dans nos rues et dans notre Parlement, symbole ultime de notre société démocratique et libre, font en sorte que le Canada, comme nation, devra maintenant négocier avec des menaces intérieures plus sérieuses que jamais au même titre que la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Toutes mes condoléances à la famille du Caporal Nathan Cirillo et aux membres de son régiment.