Réalité chez les familles de militaires canadiens

Retour chaleureux et plein d'amour pour les militaires. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Retour chaleureux et plein d'amour pour les militaires. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Retour chaleureux et plein d’amour pour les militaires. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Faire face au déploiement

Au Canada on compte plus de 57 000 familles dont un des proches fait partie des Forces canadiennes, de là l’importance de bien reconnaître la réalité vécue par ces familles afin d’être en mesure de leur apporter l’aide nécessaire convenable à leurs styles de vie, ce que l’armée canadienne s’efforce de faire activement depuis plusieurs années.

Faire face à un déploiement fait partie des situations que doivent vivres les familles de militaires, un déploiement est en fait l’affectation temporaire du militaire lorsque celui-ci est appelé à effectuer une mission, et ce, non accompagné de sa famille. Les séparations lors d’un déploiement peuvent provoquer du stress et de l’anxiété qui est causée par les perturbations du mode de vie. De remplir ces obligations au quotidien, devenirs-chef de famille du jour au lendemain et de répondre aux besoins de chaque membre de la famille dans cette situation peut sembler ardue. Changement au niveau des responsabilités domestiques, des effets sur les relations affectives conjugales et familiales et des changements sur la vie sociale peuvent affecter tous les membres de la famille, par contre, dans certain cas, l’absence reliée au déploiement peut être vue comme une occasion de développer sa croissance personnelle et familiales ainsi, devenir un moment privilégié disposé à la découverte de nouvelles sources de forces intérieure comme, l’entraide, l’écoute, la débrouillardise et le soutien mutuel.

Comment préparer les familles

Les familles qui ont un certain nombre d’années d’expérience du monde militaire savent qu’une bonne préparation pré-déploiement devient un mode normal de fonctionnement et de ce fait, on a clairement démontré l’importance de la préparation familiale tant pour l’unité que pour la famille durant la guerre du golfe Persique au début des années 90, et plus tard, au cours des missions de paix en Somalie en Haïti et en Afghanistan. Une recherche faite auprès des familles de militaires au Canada a confirmé que les familles séparées lors d’un déploiement vivent mieux l’absence et ce après avoir reçu les séances d’information et l’aide venant du groupe de soutien au déploiement, ainsi que l’aide qu’offre le CRFM (Centre de ressources pour les familles des militaires). De plus, les opérations militaires menées à l’étranger au début des années 90 ont appris aux dirigeants militaires que la situation familiale à un impact direct sur la capacité du militaire a exécuté son travail sur le terrain. Les militaires qui ont l’assurance que les membres de leurs familles sont bien préparés et bien entourés peuvent se concentrer sur leurs travail et ce, avec l’esprit tranquille.

Le cycle émotionnel du déploiement

Un déploiement représente une expérience très émotionnelle autant pour le militaire déployé que pour la famille et les amis qu’il quitte. Parvenir à comprendre les différents stages émotifs entourant le déploiement et réaliser que ces sentiments sont complètement normaux, peut apaiser certaines craintes. Voici les différents stages du cycle émotionnel que doivent vivre les militaires et leur famille lors d’un déploiement.

L’avant-déploiement

Anticipation de la séparation : excitation, déni, peur, colère, ressentiment, stress, peine font partie des émotions ressenties par le militaire et les membres de leur famille d’une à six semaines avant le départ. La dernière semaine avant la séparation, l’impression de se détacher et de se tenir en retrait fait partie du cycle émotionnel vécu d’un côté comme de l’autre, donc, confusion, ambivalence, colère, retrait, disputes, sont ressentis et ainsi deviennent des émotions normale.

Pendant le déploiement

Pendant le déploiement survient le désordre émotionnel, le sentiment d’abandon, de perte, de vide, de douleur, de désorganisation et de frustration. Pendant les premières semaines, famille et militaire doivent s’adapter à tous les changements liés à l’absence. Espoir, confiance, retour au calme, colère apaisée, solitude font leurs apparitions pendant le déploiement, donc une stabilisation et un rajustement de la situation se font graduellement à cette étape-ci.

Le retour

Une famille prête pour un déploiement doit également l’être pour le moment tant attendu des retrouvailles. L’anticipation du retour qui se manifeste une à six semaines avant le retour apporte certains sentiments comme de l’excitation, l’impression d’une attente sans fin, inquiétude et stress sont présent et difficile à contrôler pour certains.

L’après-déploiement

Renégociation de la relation de couple et de la vie familiale, un moment qui n’est pas facile à faire et pratiquement impossible à appréhender. Les émotions ressenties sont instables, d’une durée variable et surviennent dès le retour. Inconfort, confusion dans les rôles, satisfaction, un mélange de bonheur et de crainte. Certaines familles et militaires vivent le retour comme une menace à leur relation de couple ainsi que pour d’autres le retour est perçu comme une nouvelle relation. La réintégration et la stabilité reviennent en majorité du temps entre six et douze semaines après le retour.

Les familles de militaires et le militaire doivent demeurer vigilant au retour, car c’est à ce moment que peuvent survenir certains problèmes, on parle ici du syndrome de stress post-traumatique, colère, déprime, solitude imminente et tout autre blessures de stress opérationnel. Amis, famille, collègues, demeurez à l’affût de tout changement et prenez soin de maintenir une bonne communication entre vous.