Terrorisme à St-Jean: «Ahmad le converti» avait-il fait d’autres convertis comme lui avant de mourir

Martin «Ahmad» Rouleau, de son vrai nom Martin Couture Rouleau, récemment converti à l'Islam et autoradicalisé, qui a foncé lundi 20 octobre 2014 avec sa voiture dans un groupe de militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l'un d'eux, avant de prendre la fuite et d'être abattu par la police locale (photo tirée de Facebook)
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Martin «Ahmad» Rouleau, de son vrai nom Martin Couture Rouleau, récemment converti à l'Islam et autoradicalisé, qui a foncé lundi 20 octobre 2014 avec sa voiture dans un groupe de militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l'un d'eux, avant de prendre la fuite et d'être abattu par la police locale (photo tirée de Facebook)
Martin «Ahmad» Rouleau, de son vrai nom Martin Couture Rouleau, récemment converti à l’Islam et autoradicalisé, qui a foncé lundi 20 octobre 2014 avec sa voiture dans un groupe de militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l’un d’eux, avant de prendre la fuite et d’être abattu par la police locale (photo tirée de Facebook)

Pendant que la Sûreté du Québec poursuit l’enquête indépendante, la police fédérale canadienne, devra encore prendre la mesure du réseau de Martin «Ahmad» Rouleau, qu’elle avait pourtant à l’œil depuis l’été et qui a tout de même réussi à foncer avec sa voiture dans un groupe de militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l’un d’eux, avant de prendre la fuite et d’être abattu par la police locale.

Non seulement devra-t-elle chercher à savoir s’il avait des complices qui seraient toujours vivants et représenteraient encore une menace, mais surtout s’il avait des sympathisants. Savoir, donc, si «Ahmad le converti», avant de mourir, avait lui-même fait des convertis.

Le commissaire de la GRC, Bob Paulson, a confirmé aujourd’hui à sa sortie d’un comité parlementaire à Ottawa que la Gendarmerie royale canadienne (GRC) avait confisqué le passeport de Martin Rouleau qui faisait partie des 90 individus qui font actuellement l’objet d’une enquête de la police fédérale canadienne pour leurs liens avec des activités ou des groupes terroristes.

«On va faire notre enquête avec nos partenaires de la Sûreté du Québec et il faut nous assurer que le suspect, qui est mort, n’a pas eu du support de la communauté et notre enquête va être sérieuse pour nous assurer qu’il n’y a pas d’autre suspect», a déclaré le commissaire Paulson.

«Nous ne le soupçonnons pas, mais nous sommes ouverts à cela et cela nous préoccupe. Donc nous allons suivre toutes les pistes d’enquête pour nous satisfaire que nous avons éliminé cette possibilité», a-t-il précisé

«Nous devons travailler et être satisfaits que nous avons une compréhension pleine et entière de la portée [qu’avait cet individu] et de ses contacts », a expliqué le commissaire.

En fin d’après midi, en conférence conjointe du Service police de la Ville de Montréal (SPVM), de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la Sûreté du Québec (SQ), il a aussi été confirmé par la police fédérale que Rouleau n’était pas un inconnu, loin de là.

La police avait Rouleau à l’œil depuis juin et il avait été rencontré à plusieurs reprises par les policiers, la dernière rencontre remontant au 9 octobre.

La police fédérale s’était aussi rendu compte dès juillet à la lecture de sa page Facebook que, non seulement il se radicalisait rapidement, mais s’apprêtait à quitter le pays.

Son passeport avait alors été saisi et Rouleau arrêté alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays pour la Turquie.

La police avait été jusqu’à présenter l’affaire à un procureur, mais, n’ayant pas assez de preuves qu’il partait pour commettre des actes terroristes pour le retenir, avait du le libérer.

La police fédérale n’a pourtant pas abandonné la partie et a tenté de ramener le jeune homme dans le droit chemin avec l,aide de ses parents et de l’imam de la mosquée où avait l’habitude de se rendre pour la prière.

Mais le jeune homme, qu’on avait pas vu au local de prière depuis plusieurs mois, a fini par échapper à la surveillance policière et à passer à l’acte.

De son côté, la Sûreté du Québec qui mène l’enquête indépendante sur les événements d’hier, dit être porté à croire que l’homme, qui était dans le stationnement ce jour là depuis 9h15 le matin avant de passer à l’acte vers 11h30, aurait agi seul.

La Sûreté a également un appel à témoin dans cette affaire.

Tout témoin du véhicule peut rencontrer les enquêteurs de la SQ qui ont établi un poste de commandement au stationnement du 320 boul. du Séminaire N. où le drame s’est produit ou téléphoner au téléphoner au 1-800-659-4264.

Mais, quant à la sécurité de nos militaires au pays, le commissaire Bob Paulson n’a pas pas pu complètement écarter qu’une menace puisse peser toujours sur les militaires basés à Saint-Jean-sur-Richelieu ou ailleurs «C’est une question plus large à laquelle l’enquête répondra».

De son côté, lors de la conférence de presse conjointe qu’il donnait ce matin à St-Jean-sur-Richelieu avec son homologue provinciale Lise Thériault, le ministre de la Sécurité Publique Steven Blaney, habituellement flegmatique, a paru piqué au vif par la question d’une journaliste qui se demandait s’il ne vaudrait pas mieux que les militaires ne portent plus leur uniformes lors de leur déplacements.

Le ministre de répondre alors avec vivacité «que nous sommes dans un pays libre» et qu’il n’était pas question d’interdire le port de l’uniforme aux militaires qui décide de le porter lors de leur déplacements en ville.

Alors qu’il assistait ce mardi à la base Cold Lake en Alberta au départ des six avions de chasse CF-18 de la mission de lutte contre les djihadistes de l’État islamique en Irak, le ministre de la Défense, Rob Nicholson, a déclaré pour sa part sur la sécurité des militaires et de leurs installations qu’il s’agit d’une «préoccupation continue, qui va se poursuivre, en particulier à la suite de la tragédie d’hier».

Le ministre de la Défense n’a pas voulu dire si des mesures de sécurité supplémentaires seront mises en oeuvre pour protéger les membres des Forces armées et leurs proches. Des médias ont toutefois rapporté qu’ils n’ont pas pu filmer ou photographier mardi les familles de militaires qui ont quitté la base pour aller combattre le groupe armé État islamique en Irak et possiblement en Syrie. Ce qui a sans doute plus à voir avec la nature de la mission que les événements de St-Jean.