Zehaf-Bibeau n’était pas qu’un pauvre fou mais bel et bien un terroriste, soutient la GRC

Michaël Zehaf Bibeau (photo tirée d’un compte Twitter)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Michaël Zehaf Bibeau (photo tirée d’un compte Twitter)
Michaël Zehaf Bibeau (photo tirée d’un compte Twitter)

Dans l’affaire de l’attaque d’Ottawa du 22 octobre, la thèse de l’attaque terroriste se confirme de plus en plus et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) contredit tous ceux qui affirment que le tireur qui a abattu le jeune réserviste qui montait la garde mercredi devant le cénotaphe à Ottawa n’était qu’un pauvre fou, affirmant même avoir la preuve que son geste était politique et idéologique.

Ces révélations contredisent notamment les propos de la mère du tueur qui, dans une lettre publiée la veille dans le National Post, se dit persuadée que son fils souffrait de troubles psychiques, qu’il n’était pas un «terroriste» et son geste était celui d’un être instable et désespéré.

Dans une mise à jour sur l’attaque terroriste perpétrée le 22 octobre 2014 à Ottawa, la police fédérale affirme que son enquête progresse qu’elle a beaucoup appris sur les déplacements et les gestes de Zehaf-Bibeau avant l’attaque.

La GRC dit avoir trouvé des éléments de preuve convaincants voulant que l’attaque de Zehaf-Bibeau ait été menée pour des motifs idéologiques et politiques.

Une vidéo compromettante

Zehaf-Bibeau avait, dit le communiqué de la police fédérale, préparé un enregistrement vidéo de lui-même tout juste avant de passer à l’acte.

La police «procède à une analyse approfondie de cet enregistrement aux fins d’établissement d’éléments de preuve et de renseignement», ajoutant qu’elle ne peut rendre cette vidéo publique pour l’instant.

Après avoir vécu au Québec, où il était né, et à Vancouver, il habitait Calgary, la métropole de l’Alberta, la riche province pétrolière canadienne. Calgary qui, après Montréal et Toronto, serait à son tour devenue à son tour un terrain de chasse particulièrement riche pour les recruteurs de groupes islamistes extrémistes comme l’État islamique qui n’hésite pas à menacer tout musulman modéré qui oserait s’opposer à lui.

Selon un ancien résident de l’abri Beacon, où a vécu un temps Zehaf-Bibeau sur East Cordova à Vancouver, le tireur d’Ottawa clamait que «le Moyen-Orient va conquérir le monde et combien il détestait les États-Unis et le Canada», «Je suppose qu’ils [ceux qui l’ont endoctriné, ndlr] lui ont parlé que cala a du être facile, Il ne se soucie pas de vivre ou de mourir», a confié l’ancien résident du refuge à un quotidien de Vancouver.

Michael Zehaf-Bibeau avait été vu lisant des messages en ligne d’un djihadiste canadien qui a récemment exhorté ses partisans à «mener des attaques sur le Canada», selon les sources du quotidien de Vancouver.

Il communiquait via Internet avec un certain Abu Khalid Al Kanadi, un musulman converti et partisan du groupe l’État islamique l’Etat islamique qui exhortait ses «disciples» à mener des attaques au Canada jusqu’a ce que son compte Twitter soit suspendu mercredi.

Une attaque bien préparée

Par ailleurs, la GRC croit que le couteau que Zehaf-Bibeau avait en sa possession provenait de la propriété de sa tante à Mont-Tremblant. Zehaf-Bibeau aurait vécu sur cette propriété il y a plusieurs années, dit la GRC, et y aurait caché le couteau.

Zehaf-Bibeau, à qui il était interdit de posséder une arme à cause de ses antécédents criminels, avait réussi on ne sait pas comment à se procurer la carabine Winchester d’un vieux modèle peu courant avec laquelle il a fait feu ce jour tragique.

«Nous pensons qu’il pourrait avoir également caché l’arme sur la même propriété, mais l’enquête se poursuit», précise encore la GRC.

Le 21 du même mois, donc la veille des événements, il s’était aussi procuré le véhicule beige à bord duquel il a quitté le cénotaphe après avoir abattu le jeune réserviste de 24 ans, Nathan Cirillo, qui y montait la garde.

Beaucoup de planification et d’organisation pour une personne dont certains disent que seul le trouble mental explique son geste.

L’accès à une somme d’argent considérable

La police fédérale croit également avoir établi la source du financement des activités qui ont précédé l’attaque perpétrée par le partisan du djihad de 32 ans qui vivait dans la pauvreté.

Zehaf-Bibeau a travaillé dans les champs de pétrole de l’Alberta et a mis son argent de côté. Il avait accès à une somme d’argent considérable. Nous nous penchons sur tous ses décaissements dans la période menant à l’attaque, disent les enquêteurs.

La GRC vérifie également les interactions de Zehaf-Bibeau avec de nombreuses personnes dans les jours qui ont précédé l’attaque pour déterminer déterminer si ces interactions pourraient avoir un quelconque lien avec ce qui, aux yeux de la police, est clairement une attaque terroriste.

Pendant que la police enquête sur les motivations du tireur et sur ses possibles liens avec d’autres partisans du djihad, la police d’Ottawa s’occupe de l’enquête judiciaire. Cette enquête de «portée nationale» demeure «exceptionnellement active et fluide» dit la police fédéral qui assure avoir l’intention de communiquer «autant de renseignements que possible au public, aussi vite que possible».