Burkina: après le coup d’État, le Canada n’attend pas les promesses de Zida et suspend son aide

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Le roi de la tribu des Mossi, Mogho Naba (g), le lieutenant-colonel Isaac Zida (c) et l'archevêque de Ouagadougou Philippe Ouedraogo (d) à Ouagadougou le 4 novembre 2014 (Issouf Sanogo/AFP)
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Le roi de la tribu des Mossi, Mogho Naba (g), le lieutenant-colonel Isaac Zida (c) et l'archevêque de Ouagadougou Philippe Ouedraogo (d) à Ouagadougou le 4 novembre 2014 (Issouf Sanogo/AFP)
Le roi de la tribu des Mossi, Mogho Naba (g), le lieutenant-colonel Isaac Zida (c) et l’archevêque de Ouagadougou Philippe Ouedraogo (d) à Ouagadougou le 4 novembre 2014 (Issouf Sanogo/AFP)

Même si, pressé par la communauté internationale, l’homme fort de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Isaac Zida, s’est engagé ce mardi 4 novembre à «remettre le pouvoir aux civils», le Canada n’attendra pas la transition et suspend dès aujourd’hui son aide au développement au gouvernement du Burkina Faso .

À la lumière des derniers développements au Burkina Faso, le ministre du Développement international, Christian Paradis, a annoncé aujourd’hui que le Canada suspendra immédiatement le financement de l’aide au développement versé directement au gouvernement du Burkina Faso et à ses institutions, dit le ministère canadien des Affaires étrangères dans un communiqué en date du 4 novembre..

«Dans le contexte actuel, il nous est impossible de verser les fonds destinés à l’aide au développement directement au gouvernement du Burkina Faso en étant assurés qu’ils seront utilisés de façon efficace aux fins prévues», a déclaré le ministre Paradis. «Nous sommes solidaires avec le peuple du Burkina Faso et exhortons les autorités en place à donner la priorité aux besoins de la population du pays. À cette fin, nous procédons dès maintenant à une évaluation et un examen des programmes d’aide au développement du Canada en cours dans ce pays.»

Pendant ce temps, le nouvel homme fort, Isaac Zida, a déclaré que «si tout le monde s’accorde, il n’y a pas de raison pour que d’ici 15 jours la transition ne soit pas faite».

Ce délai de deux semaines correspond à l’ultimatum de l’Union africaine, qui a brandi lundi la menace de sanctions.

Désigné par l’armée comme chef du régime intérimaire après la chute du président Blaise Compaoré, Zida a réitéré aujourd’hui sa promesse faite la veille d’une transition «dans un cadre constitutionnel», «dirigée par une personnalité consensuelle».

L’ex numéro 2 de la Garde présidentielle subit une forte pression internationale de la part des deux principaux alliés du Burkina, les États-Unis – qui avaient demandé le transfert du pouvoir aux civils dès dimanche – et la France, ancienne puissance coloniale et premier bailleur de fonds du Burkina Faso, qui réclame aussi le transfert du pouvoir aux civils.

Le Canada, lui, annoncé donc la suspension de son aide au développement au Burkina Faso, dans l’attente de la mise «en place» d’un «gouvernement civil stable et élu démocratiquement».

«Le Canada suspend tout financement direct au gouvernement du Burkina Faso tant que nous ne serons pas convaincus que la situation a été résolue et qu’une autorité civile légitime et responsable aura été mise en place. Nous encourageons donc toutes les parties à établir rapidement un échéancier pour un rétablissement rapide d’autorités démocratiquement élues, conformément à la Constitution du Burkina Faso », a déclaré le ministre canadien du Développement international.