Des navires Russes dans la Manche, mais l’OTAN nous dit de rester calme!

Le destroyer russe anti-sous-marins Sevromorsk (WikiCommons)
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Le destroyer russe anti-sous-marins Sevromorsk (WikiCommons)
Le destroyer russe anti-sous-marins Severomorsk (Archives/WikiCommons)

Un escadron de navires de guerre russes est entré dans la Manche vendredi selon les médias russes, qui citent le service de presse de la Flotte russe du Nord, mais un responsable de l’OTAN minimise l’événement et rejette l’idée que les Russes soient là pour mener des exercices militaires.

C’est l’Ukraine, mais à l’envers, les Russes se vantant d’y être, dans la Manche, pour y effectuer des manœuvres militaires, alors que l’OTAN cette fois affirme, au contraire, que les navires russes ne sont là que de passage, sans pour autant avoir l’intention de mener de véritables exercices.

La très officielle agence russe Ria Novosti affirme bien quant à elle ce vendredi 28 novembre, citant un communiqué du service de presse de la Flotte russes, qu’une escadre de la Flotte du Nord est entrée dans la Manche pour procéder à des exercices, mais a dû s’abriter d’une tempête dans la Baie de Seine.

Le 20 novembre, l’escadre a quitté le port de Severomorsk, base principale de la Flotte russe du Nord, et mis le cap sur la mer du Nord. Depuis, elle a parcouru plus de 1.700 milles nautiques, dont une partie par mer agitée.

»Une escadre dirigée par le grand bâtiment anti-sous-marin Severomorsk et comprenant des bâtiments de guerre et de soutien logistique a franchi la partie la plus étroite de la Manche, le Pas-de-Calais, et est entrée dans la Baie de Seine», peut-on lire dans le communiqué.

Toujours selon le service de presse de la Flotte, les navires se trouvent actuellement dans les eaux neutres de la baie où ils attendent que la tempête s’apaise.

Outre le Severomorsk, l’escadre comprend le bâtiment de débarquement Alexandre Otrakovski, le navire-ravitailleur Doubna et le remorqueur de sauvetage SB-406.

La Marine française quant à elle a confirmé l’emplacement des navires et dit qu’il ne était pas rare d’avoir des navires de guerre russes dans la Manche.

«Nous savons que quatre navires de guerre russes ont passé la Manche, venant de la Mer du nord, ce que tous les navires ont le droit de faire, selon la loi internationale», a déclaré pour sa part un porte-parole du ministère britannique de la Défense.

Le lieutenant-colonel Jay Janzen, porte-parole militaire de l’OTAN, a déclaré de son côté que l’alliance était au courant de l’emplacement des navires russes.

«Notre information indique que les navires transitent et ont été retardés par les conditions météorologiques. Ils ne mènent pas d’exercices pas dans la Manche, comme certains médias russes voudraient nous faire croire», affirme le porte-parole de l’OTAN.

Et c’est là que ça devient curieux, parce que les Russes persistent à dire qu’ils mèneront bel et bien des exercices militaires, alors que l’OTAN insiste pour dire le contraire comme si elle savait mieux que la Flotte russe elle-même quelles sont les intentions de…la Flotte russe.

«Lors du mouillage, les équipages effectueront des exercices en vue de perfectionner les techniques de lutte contre les commandos et les moyens de combat sous-marins, ainsi que des entraînements visant à maintenir la survie du bâtiment lors de l’infiltration d’eau ou en cas d’incendie à bord», indique le communiqué du service de presse de la Flotte russe du Nord.

C’est vraiment le monde à l’envers, avec les Russes qui annoncent s’apprêter à mener des exercices dans La Manche et l’OTAN qui rétorque que, mais non, mais non, ils ne vont pas faire ça…

Pourtant, la Russie joue de plus en plus des muscles depuis le refroidissement des relations Est-Ouest causé par la crise en Ukraine où les puissances occidentales accusent la Russie de soutenir les rebelles séparatistes en guerre contre le nouveau pouvoir pro-occidental à Kiev.

Et, tout récemment encore, Philip Breedlove, commandant en chef de l’OTAN, s’est dit ce très inquiet du déploiement de missiles russes en Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars par Moscou. La situation représente désormais à ses yeux une menace pour la totalité de la mer Noire.

En outre, les chasseurs et bombardiers russes multiplient les incursions dans ou autour des zones de défense européennes et nord-américaine. L’OTAN disait il y a une semaine avoir procédé à 50% plus d,’interceptions d’aéronefs russes cette année que les années précédentes.

Donc, manœuvres ou pas, si les Russes sont maintenant dans la Manche, cela démontre au moins assez éloquemment qu’on ne les a plus…dans la manche.