État islamique: le rapport de force s’inverse, mais le combat durera des années, admet Dempsey

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Le 15 novembre à Bagdad, le général Martin Dempsey, chef d'état-major des forces américaines, discutent avec des militaires américains en mission en Irak (D. Myles Cullen /U.S. Departement of Defense)
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Le 15 novembre à Bagdad, le général Martin Dempsey, chef d'état-major des forces américaines, discutent avec des militaires américains en mission en Irak (D. Myles Cullen /U.S. Departement of Defense)
Le 15 novembre à Bagdad, le général Martin Dempsey, chef d’état-major des forces américaines, discutent avec des militaires américains en mission en Irak (D. Myles Cullen /U.S. Departement of Defense)

Le général Martin Dempsey, chef d’état-major des forces américaines, a estimé ce samedi 15 novembre à Bagdad que le rapport de forces dans le conflit contre l’État islamique (EI) était en train de se renverser, mais a admis que la campagne durerait probablement des années.

Le 13 novembre, faisant le point des opérations canadiennes dans la lutte contre le groupe de l’«État islamique», le colonel Dan Constable, commandant de la Force opérationnelle interarmées canadienne en Irak, avait affirmé que l’État islamique était carrément passé de l’offensive à la défensive.

Selon le colonel canadien, les frappes ont permis de priver l’EI de capacités militaires nécessaires pour attaquer les forces irakiennes.

Cette évaluation, après seulement deux frappes des forces canadiennes, contrastait avec celle, plus nuancée, du Général américain Lloyd Austin, commandant du CENTCOM, le commandement militaire américain responsable du Moyen-Orient, qui affirmait plutôt quelques jous plus tôt que les frappes de la coalition n’avaient réussi jusqu’à maintenant qu’à freiner la progression du groupe extrémiste.

Devant les troupes américaines, le Général Martin Dempsey, loin de verser dans un discours triomphaliste, a déclaré quant à lui que l’armée américaine avait simplement, jusqu’ici, aidé les forces irakiennes et kurdes à «éloigner l’Irak du précipice».

Restant optimiste, le plus haut gradé américain a toutefois ajouté «Et maintenant, j’ai le sentiment que les choses commencent à changer. Bien joué», a-t-il ajouté.

Il était crucial, a poursuivi le chef d’état-major de l’armée américaine, de montrer que l’EI n’est pas une force ‘inarrêtable’ mais plutôt «une bande de nains à l’idéologie radicale».

Le général, qui s’est rendu au centre opérationnel conjoint mis en place à Bagdad, a aussi rencontré le général James Terry, commandant de la «task force» chargée de l’opération, ainsi que des membres de l’administration irakienne, dont le Premier ministre Haïdar al-Abadi. Il s’est ensuite rendu à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

La bataille au sol, la clé de la victoire

La visite du général Dempsey survient alors que Barack Obama a annoncé voici une semaine un nouveau renforcement de l’aide américaine aux forces irakiennes et kurdes qui combattent l’EI.

Quelque 1500 conseillers militaires américains supplémentaires vont se rendre en Irak, soit un doublement des forces américaines présentes pour aider et former les forces irakiennes, alors que la coalition mise en place par Washington poursuit parallèlement ses frappes aériennes contre des cibles de l’EI.

La visite du chef de l’état-major interarmes des forces américaines coïncide également avec l’annonce le même jour que les forces gouvernementales irakiennes ont brisé le siège de la principale raffinerie de pétrole du pays, qui était assiégée depuis plusieurs mois par les djihadistes de l’EI.

Cette nouvelle avancée importante des forces gouvernementales survenant elle-même au lendemain d’une autre victoire significative des forces irakiennes, qui ont repris la localité stratégique de Baïji, à 10 km de la raffinerie, dans le nord de l’Irak.