La lutte contre l’EI s’invite dans les discours du Jour du Souvenir alors que les frappes continuent en Irak

Un CF-18 canadien de l'opération Impact décolle de la base canadienne au Koweït (Archives/Combat Cam)
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Un CF-18 canadien de l'opération Impact décolle de la base canadienne au Koweït (Archives/Combat Cam)
Un CF-18 canadien de l’opération Impact décolle de la base canadienne au Koweït (Archives/Combat Cam)

Alors qu’on commémorait au Canada les sacrifices de ceux qui ont combattu dans les guerres passées, la lutte continuait ce 11 novembre en Irak contre les djihadistes de l’État islamique et, tant le ministre canadien de la Défense que le chef d’État-major du Canada ont tenu à en faire mention dans leur déclaration du Jour du Souvenir, marqué, cette année par la mort de deux soldats tués ici-même par deux partisans du djihad.

Même en pleine cérémonies du Jour du Souvenir, les dirigeants canadiens ne pouvaient éviter de parler à la lutte contre le groupe radical qui a inspiré l’assassinat de deux soldats canadiens le mois dernier ici-même au Canada. « Cette éthique du service et des sacrifices continue, tandis que les Forces armées canadiennes d’aujourd’hui se joignent à nos alliés pour appuyer le peuple irakien dans sa lutte contre le groupe terroriste connu sous le nom de l’État islamique en Irak et au Levant», disait le ministre de la Défense nationale dans sa déclaration du Jour du Souvenir.

Et, en cette semaine du Souvenir où les Canadiens se rappellent le sacrifice de ceux qui sont tombés pour le pays, des militaires des Forces armées canadiennes déployés dans le cadre de l’Opération IMPACT ont décidé d’honorer la mémoire de l’adjudant Patrice Vincent et du caporal Nathan Cirillo, assassinés par des partisans du djihad le mois dernier ici-même au Canada, en donnant leurs noms à deux de leurs bases d’opérations.

«Cette année est particulièrement émouvante», a dit pour sa part le chef d’État-major du Canada, le Général Tom Lawson,. dans sa déclaration du Jour du Souvenir.

«Récemment, en raison d’un attentat commis ici, en sol canadien, nous avons perdu deux de nos frères d’armes, pour la seule raison qu’ils portaient leur uniforme. Notre uniforme. Alors que nous nous rassemblerons, la journée du 11, au Monument commémoratif de guerre à Ottawa, et au pied de cénotaphes et dans des cimetières partout au pays, nous nous souviendrons de l’adjudant Vincent et du caporal Cirillo, ainsi que de leur service et leur sacrifice», a déclaré le Chef d’État-major, ajoutant «Nous rendrons hommage à nos collègues disparus en donnant leur nom à des bases d’opérations en Irak et au Koweït, et nous poursuivrons nos opérations, de manière inébranlable.

Les Canadiens frappent

Pendant ce temps, des opérations aériennes visant la destruction d’infrastructures et d’équipement et à priver les djihadistes de capacités militaires nécessaires pour attaquer les Forces de sécurité irakiennes ou les forces de la coalition se poursuivent et une série de missions de la coalition ont été conduites en soutien aux opérations terrestres des Forces de sécurité Irakiennes (FSI) ce 11 novembre près de Baiji, au nord de Bagdad, où se trouve la plus importante raffinerie de pétrole du pays, convoitée par les djihadistes du groupe l’État islamique.

Aujourd’hui, un CF-188 Hornet canadien a frappé une pièce d’artillerie du groupe djihadiste en utilisant des munitions guidées par laser.

Au 11 novembre 2014, la Force opérationnelle canadienne en Irak a mené 62 sorties, selon les Forces canadiennes.

  • Les 6 chasseurs CF-188 Hornet ont effectué 42 sorties;
  • L’avion de ravitaillement en vol CC-150T Polaris a effectué neuf sorties, délivrant quelques 418.000 livres (217.224 kg) de carburant pour avions de la coalition; et
  • Les 2 CP-140 Aurora ont effectué 11 missions de reconnaissance.

Les frappes fonctionnent et une nouvelle phase de la lutte commence

Trois mois après les États-Unis ont commencé à mener des frappes aériennes contre les terroristes du groupe l’État islamique, le commandant en chef de l’armée américaine pour le Moyen-Orient, le Général Lloyd Austin, affirme que les frappes fonctionnent.

«Je pense que les frappes ont un effet significatif sur les capacités du groupe l’État islamique», a dit le général, mais «La question est, dans combien de temps les Irakiens peuvent-ils développer la capacité de ‘faire ce qu’ils doivent faire’»

Pendant ce temps commence en Irak une «nouvelle phase» de la lutte contre l’État islamique dans l’ouest

Des conseillers militaires américains ont pour la première fois été déployés dans la province irakienne d’Al-Anbar, signe tangible de la « nouvelle phase » annoncée par les Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Le déploiement de cinquante soldats sur la base d’Al-Assad à Al-Anbar (ouest) intervient peu après l’annonce du doublement de la présence américaine en Irak, à hauteur de 3.000 soldats, ce qui doit permettre aux forces irakiennes de passer à une configuration plus offensive contre les jihadistes.

C’est la première fois depuis le début de son engagement auprès du gouvernement irakien contre l’EI que les États-Unis envoient des militaires ailleurs qu’à Bagdad et dans la région autonome du Kurdistan (nord).

Les forces pro-gouvernementales éprouvent les pires difficultés à regagner du terrain dans la province d’Al-Anbar, presque totalement contrôlée par l’EI, qui y a dernièrement exécuté plus de 200 membres d’une tribu sunnite ayant pris les armes contre lui.

Par ailleurs, Un grand flou entoure toujours le sort du chef de l’ EI, Abou Bakr al-Baghdadi, depuis les raids de la coalition anti-jihadistes qui ont visé la semaine dernière « un convoi de dix véhicules qui transportaient peut-être des chefs de guerre », selon le Pentagone.

*Avec AFP