Burkina Faso: le Canada parie sur la transition et lève la suspension de l’aide

Le président intérimaire du Burkina Faso tout récemment nommé Michel Kafando, à Ouagadougou le 17 novembre 2014 (AFP)
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Le président par intérim du Burkina Faso Michel Kafando (gauche) marche avec le lieutenant-colonel Isaac Zida, le 19 novembre 2014 à Ouagadougou (Sia Kambou/AFP)
Le président par intérim du Burkina Faso Michel Kafando (gauche) marche avec le lieutenant-colonel Isaac Zida, le 19 novembre 2014 à Ouagadougou (Archives/Sia Kambou/AFP)

Le ministre canadien du Développement internationale, Christian Paradis, a annoncé cette semaine la décision du Canada de rétablir l’aide au développement directe accordée au gouvernement du Burkina Faso, malgré le scepticisme de bien des observateurs devant la transition politique dans ce pays, marquée par l’accès à la primature du lieutenant-colonel Zida dans le gouvernement du nouveau président de transition.

Au début du mois, le Canada avait suspendu l’aide financière versée au Burkina Faso, après les troubles politiques ponctués par la chute du président Blaise Compaoré le 31 octobre et la prise temporaire du pouvoir par le lieutenant-colonel Isaac Zida.

Après être parvenu à s’emparer des rênes du pouvoir en prenant de vitesse ses concurrents, au lendemain du départ de Blaise Compaoré, fin octobre, l’ex numéro deux de la Garde présidentielle, sous la pression de l’Union africaine, de la société civile burkinabée, de Paris et de Washington, avait permis que soit désigné Michel Kafando, 72 ans, ancien ministre des Affaires étrangères, pour prendre la présidence de la transition.

Mais, surprise! Dans le gouvernement de transition du Burkina Faso annoncé dimanche soir dernier, les deux postes clés de la Défense et de l’Intérieur reviennent à des militaires.

Le lieutenant-colonel Isaac Zida cumulera le poste de Premier ministre avec celui de ministre de la Défense.

En tout, quatre militaires, en comptant Zida, figurent au gouvernement. Le colonel Auguste Denise Barry, l’un des plus proches collaborateurs d’Isaac Zida, a été nommé ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, l’équivalent du ministère de l’Intérieur.

Un acte de foi!

Mais le ministre canadien du Développement se dit, lui, convaincu que le Burkina Faso est maintenant «dirigé par une autorité civile légitime et responsable qui permettra au pays de tenir des élections pacifiques et démocratiques en 2015».

«À la lumière du rétablissement de l’ordre constitutionnel, après l’instabilité politique qui a marqué le mois d’octobre, le Canada a décidé de lever la suspension de l’aide financière directe versée au Burkina Faso et de fournir à nouveau une aide au développement au gouvernement de ce pays et à ses institutions», déclare le minbistre par voie de communiqué.

«L’aide canadienne au développement permet au Burkina Faso d’assurer l’avenir des enfants et des jeunes de ce pays et de stimuler une croissance économique durable. Nous nous réjouissons à l’idée de fournir au gouvernement et à ses institutions l’aide dont ils ont besoin pour réaliser leurs objectifs en matière de développement, et ce, dans l’harmonie et dans un climat de stabilité politique.», ajoute le ministre canadien.

Il semble donc que la communauté internationale n,aura rien guère d’autres choix que faire semblant de croire les militaires burkinabés qui paraissent eux-mêmes faire semblant de céder à la pression de la communauté internationale….