Les réseaux sociaux, un nouvel enjeu pour la Défense

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Les réseaux sociaux font l'objet d'un grand enjeu pour la RDDC
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Les réseaux sociaux font l'objet d'un grand enjeu pour la RDDC
Les réseaux sociaux font l’objet d’un grand enjeu pour RDDC. (montage 45eNord.ca)

Recherche et développement pour la Défense Canada (RDDC) est co-hôte de l’Expérience sur le rôle des bénévoles numériques dans le cadre des opérations de rétablissement, en partenariat avec la Conférence sur la gestion des catastrophes de la Croix-Rouge canadienne, qui a lieu à Halifax du 18 au 20 novembre 2014.

Les nombreuses catastrophes récentes dont en 2010 le tremblement de terre en Haïti, ont démontré l’importance du rôle des réseaux sociaux dans le cadre des opérations d’interventions d’urgence et de rétablissement. En effet, ces derniers jouent un grand rôle dans la communication et l’information des populations internationales de par leur rapidité de circulation de l’information, mais également leur capacité à mobiliser les citoyens du monde.

Ils offrent la possibilité aux «bénévoles numériques» de partager sur la toile la vidéo d’un ouragan, la prise d’assaut d’une ville par des rebelles, ou encore des photos d’un hôpital en Afrique, etc. Ainsi tout citoyen devient reporter en herbe.

C’est à partir des témoignages mis en ligne par les personnes ayant assisté à une catastrophe, que les responsables de la gestion d’urgence et les premiers intervenants sont à même de mieux être informé, mieux comprendre et mieux agir dans une situation donnée.

C’est dans ce cadre que l’Expérience sur les bénévoles numériques a été mise en place, à l’aide d’un effort de collaboration entre le Centre des sciences pour la sécurité de RDDC, la Croix-Rouge canadienne, mais aussi la Croix-Rouge américaine. Elle s’inscrit dans le contexte de la troisième Expérience Canada-États-Unis de renforcement de la résilience III (CAUSE III).

CAUSE III est un effort de collaboration entre le Centre des sciences pour la sécurité de Recherche et développement pour la défense Canada, Sécurité publique Canada et le département de la sécurité intérieure des États-Unis, ainsi qu’un certain nombre d’organismes provinciaux, municipaux et non-gouvernementaux.

En quoi consiste l’Expérience?

L’Expérience sur le rôle des bénévoles numériques a été conçue pour explorer et développer les capacités des médias sociaux en vue de soutenir l’ensemble de la communauté de la gestion des catastrophes au Canada.

Le directeur général du secteur de la gestion des catastrophes de a Croix-rouge canadienne, John L. Byrne s’est exprimé à ce sujet « l’effet des médias sociaux s’accroit exponentiellement avec chaque nouvelle catastrophe ou urgence. Cette expérience, en parallèle avec notre Conférence sur la gestion des catastrophes à Halifax, donnera à nos participants une meilleure connaissance des méthodes par lesquelles les bénévoles numériques peuvent nous assister. »

Pour l’occasion, feront le déplacement des responsables gouvernementaux, des premiers répondants, des travailleurs humanitaires, des travailleurs du secteur des organismes sans but lucratif, et des bénévoles numériques du Canada et des États-Unis. Ils exploreront de quelle manière les experts en matière de gestion d’urgence peuvent collaborer avec des bénévoles numériques afin de renforcer leur capacité à se préparer à un éventuel sinistre, à y répondre et à procéder à une remise à la normale de la situation.

L’Expérience s’est fixé trois objectifs majeurs. Dans un premier temps, décrire et évaluer la coopération possible entre bénévoles virtuels, responsables de la gestion des catastrophes et travailleurs humanitaires au cours de la phase de rétablissement après un sinistre majeur. Ensuite, valider une ébauche d’un concept d’opération qui répond aux besoins d’échange d’informations et de répartition des tâches entre les groupes d’intervenants. Enfin, démontrer et mesurer comment les médias sociaux et l’engagement des bénévoles numériques améliorent la capacité de rétablissement en cas d’incident multi-agences.

Un scénario catastrophe

Pour se faire, un scénario fictif à été élaboré par les responsables du projet : une puissante tempête tropicale qui voyage le long de la côte est, provoquant des inondations, des arbres tombés et des pannes de courant.

La tempête va toucher terre dans le nord des États-Unis et Halifax, Nouvelle-Écosse, causant d’importants dégâts dans la région de Halifax, en particulier autour de la zone du bassin de Bedford. Le jour suivant, la tempête se perd en mer et le long processus de rétablissement est enclenché. Les travailleurs dans la région sont aux prises avec divers défis.

Il s’agit de comprendre comment les organismes qui surveillent la tempête peuvent développer des produits de connaissance de la situation et envoyer des alertes et des avertissements aux organismes de gestion d’urgences ainsi qu’au public. Le but est également d’observer comment bénévoles virtuels vont soutenir les efforts de rétablissement par le biais aux médias sociaux. Enfin, analyser comment ces derniers peuvent être utilisés pour une diffusion de masse des informations de rétablissement.

Bien que prévisibles, les résultats de cette Expérience sont très attendus et pourraient représenter un enjeu considérable à l’échelle mondiale comme l’a exliqué le Sous-ministre adjoint du Secteur de la gestion des urgences et des programmes de Sécurité publique Canada, Shawn Tupper: «cette volonté de collaboration est un élément-clé de la voie à suivre dans l’approche pangouvernementale en matière de gestion d’urgence».