L’Occident a mis son nez en Ukraine, la Russie pourrait bien remettre le sien en Afghanistan

Le président russe Vladimir Poutine Lors de la réunion avec les membres de l'Assemblée parlementaire de l'OTSC, avec la Présidente du Conseil de la Fédération russe [Chambre haute] Valentina Matvienko et le président de la Douma [Chambre basse] et président de l'Assemblée parlementaire, Sergueï Narychkine, le 6 novembre 2014 (Service de presse du Kremlin)
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Le président russe Vladimir Poutine Lors de la réunion avec les membres de l'Assemblée parlementaire de l'OTSC, avec la Présidente du Conseil de la Fédération russe [Chambre haute] Valentina Matvienko et le président de la Douma [Chambre basse] et président de l'Assemblée parlementaire, Sergueï Narychkine, le 6 novembre 2014 (Service de presse du Kremlin)
Le président russe Vladimir Poutine Lors de la réunion avec les membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTSC, avec la Présidente du Conseil de la Fédération russe [Chambre haute] Valentina Matvienko et le président de la Douma [Chambre basse] et président de l’Assemblée parlementaire, Sergueï Narychkine, le 6 novembre 2014 (Service de presse du Kremlin)
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré lors d’une réunion de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation du Traité de sécurité collective la semaine dernière que le peuple afghan peut compter sur le soutien de la Russie après le retrait des troupes de l’OTAN de l’Afghanistan en décembre.

«Nous comprenons que le retrait du contingent militaire international ne fera pas la situation plus facile», a déclaré M. Poutine. « Mais en cas de nécessité, nous serons prêts à prêter nos amis en Afghanistan d’une épaule pour se pencher sur afin de garder la situation dans ce pays stable et avec des perspectives de développement. »

Lors de cette réunion de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation une coalition multilatérale, comprenant, notamment, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et la Russie, le président russe a déclaré qu’il était très heureux de la présence à la réunion de représentants de l’Afghanistan à table, où, avec la Serbie, ils avaient le statut d’observateurs.

«Je suis très heureux de voir des représentants de l’Afghanistan et la Serbie ici. À cet égard, il faut noter que la situation, telle qu’elle se développe en Afghanistan, attire certainement l’attention partout dans le monde, et pas moins dans la zone de l’Organisation. Nous souhaitons le succès de peuple afghan dans la normalisation de la situation dans le pays, mais nous nous rendons compte que les défis se poseront après le retrait du contingent international. Si nécessaire, nous sommes prêts à donner un coup de main à nos amis afghans, pour assurer que la situation dans le pays reste stable et assurer des perspectives de développement positives», a déclaré le maître du Kremlin.

En 1979, les troupes soviétiques, dans le cadre des accords de défense mutuelle qui liaient alors l’URSS à l’État afghan, répondaient à l’appel du parti communiste au pouvoir à Kaboul, menacé par une rébellion armée.

Cette intervention entraînait une forte résistance des rebelles, armés par les États-Unis, et, finalement, les forces soviétiques se retiraient dix ans plus tard en 1989, provoquant la chute du régime pro-soviétique et pavant la voie à la montée des Talibans dès 1994, leur prise du pouvoir en 1996 et tout ce qui s’ensuivra.

Mais, aujourd’hui, la donne a changé.

Certains hommes politiques afghans las des Américains, cités par la chaîne privée d’information continue afghane Tolo News, ont déclaré que la Russie, l’ex ennemie, pourrait être un allié précieux après 2014. «J’espère que la Russie ne soit pas la même après 2014 que ce qu’elle était avant il y a 13 ans», a déclaré le député afghan Shukria Barakzai. «Avec les changements et l’examen de sa politique politique en Afghanistan, […], elle peut aider l’Afghanistan dans les domaines politiques, économiques et sociaux avec de grands projets en matière d’énergie dans les pays asiatiques.»

La Russie avait jusqu’à maintenant a coopéré avec les troupes étrangères en Afghanistan en vertu de l’accord de coopération Russie-OTAN ratifié la mi-2007 qui permettait l’OTAN d’utiliser le territoire russe pour le transfert de matériel et de troupes, mais, avec la détérioration des relations Est-Ouest provoquée par la crise ukrainienne, les Russes devraient maintenant faire cavalier seul.

Beaucoup de gens pensent que l’étroite coopération de la Russie avec l’Afghanistan mette de la pression sur l’Iran et le Pakistan et les contraignent à diminuer leur ingérence en Afghanistan.

En tout état de cause, la Russie, qui a recommencé sans complexe à étendre son influence son influence dans le monde, ne semble pas prête à s’arrêter de sitôt et il serait sans doute imprudent de ne pas compter avec elle.