Menace russe et Arctique au menu de la visite de John Baird à Reykjavik en Islande

19
La capitale d'Islande, Reykjavik (Archives/Bjørn Giesenbauer/WikiCommons)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
La capitale d'Islande, Reykjavik (Archives/Bjørn Giesenbauer/WikiCommons)
La capitale d’Islande, Reykjavik (Archives/Bjørn Giesenbauer/WikiCommons)

Le ministre des Affaires étrangères John Baird a annoncé ce jeudi 27 novembre qu’il effectuera une visite en Islande pour discuter, notamment, de sécurité internationale avec «des représentants de cet important voisin de l’Arctique».

Il y a aussi fort à parier qu’il en profitera pour discuter de la «menace russes» avec les dirigeants de ce pays partenaire du Canada dans le Conseil de l’Arctique.

À Reykjavik, en Islande, le ministre Baird rencontrera lors de la visite annoncée aujourd’hui le premier ministre, M. Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, et le ministre des Affaires étrangères, M. Gunnar Bragi Sveinsson, pour discuter de questions bilatérales, en mettant l’accent sur la sécurité internationale, l’Arctique et le renforcement des relations économiques entre les deux pays.

«Nous sommes tous deux des pays fondateurs de l’OTAN, des membres du Conseil de l’Arctique et des partenaires de libre-échange.», a souligné le chef de la diplomatie canadienne lors de l’annonce de sa visite.

Partenaires dans l’Arctique

En mai 2013, le Canada a accédé à la présidence du Conseil de l’Arctique lors la réunion ministérielle du Conseil de l’Arctique tenue à Kiruna, en Suède, pour un mandat de deux ans.

Lors de sa visite en Finlande l’été dernier, le ministre Baird avait rencontré les hauts représentants de l’Arctique pour la Finlande et des dirigeants d’entreprise à bord d’un brise-glaces finlandais et la promotion de la coopération entre le Canada et la Finlande dans l’Arctique.

La présidence canadienne du Conseil de l’Arctique est placée sous le thème global du développement au service de la population du Nord, l’accent étant mis sur l’exploitation responsable des ressources, la navigation sécuritaire dans l’Arctique et la viabilité des collectivités nordiques.

«Le Canada et la Finlande sont de solides partenaires dans l’Arctique», avait déclaré le ministre Baird l’été dernier, ajoutant que le Canada était reconnaissant «de l’appui que la Finlande apporte aux initiatives prises par le Canada durant sa présidence du Conseil de l’Arctique, y compris le rôle de premier plan qu’elle joue pour faciliter la création du Conseil économique de l’Arctique».

Les menaces russes au menu

Depuis, la situation dans l’Arctique a été compliquée par le conflit avec les Russes dont les ambitions, même avant, dérangeaient plusieurs pays ayant des intérêts dans l’Arctique.

En avril dernier, le Canada, tout président du Conseil de l’Arctique qu’il soit, avait boycotté une rencontre du Conseil de l’Arctique sur les émissions de carbone noir et de méthane dans l’Arctique à Moscou en représailles contre l’annexion de la Crimée par la Russie.

Et depuis, les relations avec Moscou ne se sont pas arrangées et la coopération avec les Russes au sein du Consei, de l’Arctique reste problématique

«Cette visite permettra de resserrer les liens entre le Canada et l’Islande, poursuivant ainsi sur la lancée de la récente visite au Canada du ministre islandais des Affaires étrangères», a déclaré à propos de la visite annoncée aujourd’hui le ministre Baird, ajoutant que la relation avec l’Islande s’appuyait, notamment «sur nos efforts communs en tant qu’alliés dans la lutte contre l’agression de la Russie ainsi que sur l’entrée en vigueur de notre accord «Ciel ouvert».

Alors que le traité »Ciel ouvert», qui avait été rejeté par l’Union soviétique, mais ratifié par la Russie en 2001, a mis en place un programme de vols de surveillance non armés sur la totalité du territoire des États parties pour renforcer la confiance mutuelle, les Russes font de plus en plus de visites non annoncés dans ou autour des zones de défenses nord-américaines et européennes depuis le début du refroidissement des relations Est-Ouest provoqué par la crise en Ukraine et l’OTAN parle de 50% d’interceptions d’avions militaires russes de plus que les années précédentes.