Nigeria: Boko Haram s’en prend encore à des écoliers: 47 élèves tués dans une attaque suicide

Photo tirée d'une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (AFP)
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Photo tirée d'une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (AFP)
Photo tirée d’une vidéo diffusée le 13 juillet 2014 par Boko Haram montrant le leader du groupe islamiste nigérian, Abubakar Shekau au centre (Archives/AFP)

Une cinquantaine d’adolescents ont été tués ce lundi 10 novembre dans un attentat-suicide contre leur collège dans le nord-est du Nigeria, l’un des pires massacres attribués au groupe islamiste armé Boko Haram en lutte contre contre l’éducation à l’occidentale et qui multiplie les rapts, et les tueries.

L’explosion s’est produite dans un collège-lycée public de garçons de Potiskum, capitale économique de l’État de Yobe, l’un des trois Etats placés sous loi martiale depuis un an et demi pour faire face à l’insurrection sanglante menée par le groupe islamiste, qui a fait plus de 10.000 morts en cinq ans.

Ce massacre a été perpétré au lendemain de la publication d’une nouvelle vidéo du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, dans laquelle il réaffirme avoir créé un «califat» dans les zones du nord-est du Nigeria conquises par les insurgés et exclut à nouveau toute perspective d’accord de cessez-le-feu avec le gouvernement.

Boko Haram, dont le nom signifie «L’éducation occidentale est péché» en langue haoussa et qui affirme lutter contre l’éducation à l’occidentale, a déjà mené de nombreuses attaques contre des établissements scolaires.

En février, des hommes armés avaient ouvert le feu et lancé des explosifs dans le dortoir d’un internat à Buni Yadi, également dans l’Etat de Yobe, tuant au moins 40 adolescents.

En juillet 2013, l’attaque du lycée de Mamudo, non loin de Potiskum, avait fait 42 morts parmi les élèves et leurs enseignants, que les assaillants avaient rassemblés dans un dortoir où ils avaient jeté des explosifs et mis le feu.

Auparavant, toutefois, en 2010 et 2011, les islamistes s’en prenaient aux écoles quand elles étaient fermées, mais, depuis 2013, les élèves sont de plus en plus visés.

L’attaque de Boko Haram qui a le plus provoqué l’indignation de la communauté internationale est celle du lycée public pour filles de Chibok, dans l’État voisin de Borno, fief historique des islamistes, lors de laquelle 276 adolescentes avaient été enlevées en avril.

Plus de six mois plus tard, 219 d’entre elles sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

Les autorités nigérianes avaient affirmé mi-octobre avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram, prévoyant notamment la libération des otages de Chibok, mais, dans sa plus récente vidéo, le chef du groupe islamiste, Abubakar Shekau, dément à nouveau avec virulence avoir conclu un cessez-le-feu avec le gouvernement et va même jusqu’à menacer de tuer l’homme qui s’était présenté comme le négociateur du groupe avec les autorités d’Abuja.

*Avec AFP