Torture: l’ONU critique sévèrement les États-Unis

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Le 16 avril 2013, à Sanaa, des Yéménites portent des combinaisons similaires à celles de la prison de Guantanamo, en soutien aux détenus en grève de la faim (Photo : Archives / Mohamed Huwais / AFP)
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Le 16 avril 2013, à Sanaa, des Yéménites portent des combinaisons similaires à celles de la prison de Guantanamo, en soutien aux détenus en grève de la faim (Photo : Archives / Mohamed Huwais / AFP)
Le 16 avril 2013, à Sanaa, des Yéménites portent des combinaisons similaires à celles de la prison de Guantanamo, en soutien aux détenus en grève de la faim (Photo : Archives/Mohamed Huwais/AFP)

Le comité de l’ONU contre la torture a sévèrement critiqué les États-Unis, au terme de l’examen de leur rapport. Selon les experts, les États-Unis violent la Convention sur plusieurs points, en particulier la détention au secret et la détention prolongée à Guantanamo.

«Les États-Unis doivent changer plusieurs de leurs pratiques pour se conformer pleinement à la Convention des Nations unies contre la torture», a affirmé Alessio Bruni, chargé de l’examen du rapport de Washington.

Dans leurs conclusions, les experts réunis à Genève critiquent notamment les méthodes d’interrogatoire, la détention en isolement, le traitement des prisonniers de Guantanamo, les brutalités policières ou encore le sort des migrants illégaux.

Ils saluent en même temps des améliorations récentes dans la législation américaine. Ils se félicitent du fait que Washington reconnaît désormais l’application extraterritoriale de la Convention, y compris à Bagram (Afghanistan), Guantanamo (Cuba) et sur les bateaux et avions américains.

Toutefois, toutes les interrogations concernant l’application géographique de la Convention ne sont pas levées, en particulier concernant les ambassades, les bases militaires et pendant une occupation militaire, selon les experts.

Le comité demande aux États-Unis de criminaliser la torture au niveau fédéral. Ils doivent retirer leurs réserves, en particulier qualifiant des actes de torture psychologique comme «une maladie mentale prolongée».

Le comité rappelle qu’aucune circonstance ne peut justifier la torture, en particulier la lutte contre le terrorisme. Il se déclare préoccupé par l’incapacité à enquêter sur les allégations de tortures de suspects détenus dans les prisons américaines à l’étranger et demande que des enquêtes rapides et impartiales soient menées.

Les experts se déclarent en outre profondément préoccupés par le fait que les Etats-Unis continuent de détenir sans charges 148 prisonniers à Guantanamo. Ils rappellent que la détention illimitée est une violation de la Convention.