Ukraine: six soldats tués en 24 heures, l’OTAN dénonce un renforcement militaire russe très grave

Un soldat ukrainien, dans la région de Donetsk.(Photo Alexander Khudoteply/AFP)
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Un soldat ukrainien, dans la région de Donetsk.(Photo Alexander Khudoteply/AFP)
Un soldat ukrainien, dans la région de Donetsk.(Photo Alexander Khudoteply/AFP)

Six soldats ukrainiens ont été tués et neuf autres blessés dans l’est séparatiste prorusse de l’Ukraine en 24 heures, selon un nouveau bilan annoncé mardi par Kiev.

Selon le porte-parole de l’état-major, Vladislav Seleznev, les rebelles prorusses ont tiré à 33 reprises sur des positions des forces loyalistes. Les soldats ont été tués dans des tirs ou après avoir sauté sur des mines artisanales, a-t-il précisé.

Selon M. Seleznev, les insurgés posent de façon active des mines en exposant au danger les civils, une tactique relativement nouvelle des rebelles dans ce conflit qui a débuté à la mi-avril et a fait plus de 4.100 morts selon l’ONU.

Les militaires ukrainiens ont notamment essuyé des tirs près de la ville de Chtchastia dans la région de Lougansk qui abrite une centrale thermique et à l’aéroport de Donetsk que les forces ukrainiennes et les rebelles prorusses se disputent depuis des mois.

L’aéroport international de Donetsk, théâtre de combats depuis mai et maintenant dévasté, avait été reconstruit à neuf pour l’Euro de football en 2012.

Effectuant mardi une visite cruciale dans le règlement de la crise ukrainienne d’abord à Kiev puis à Moscou, Frank-Walter Steinmeier a défendu les accords de Minsk signés en septembre entre Ukrainiens et séparatistes prorusses avec la participation de la Russie et de l’OSCE. Ces accords avaient permis la mise en place d’un cessez-le-feu désormais quotidiennement bafoué.

«Les accords de Minsk ne sont pas parfaits, mais ce sont des accords de base. Il faut respecter ces accords», a déclaré Frank Walter Steinmeier, dont les propos étaient traduits en ukrainien au cours d’une conférence de presse à Kiev avec le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Celui-ci a de son côté accusé Moscou de «violer grossièrement» les accords.

La visite de M. Steinmeier, dont le pays est le principal médiateur entre Kiev et Moscou, intervient sur fond de crainte d’une «guerre totale» dans l’Est séparatiste prorusse où les violences ne connaissent pas de répit.

Au même moment à Bruxelles, le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, a accusé la Russie de «continuer de déstabiliser l’Ukraine».

«La Russie a le choix: la Russie peut soit participer à une solution de paix négociée ou elle peut continuer sur le chemin qui mènera à son isolement», a-t-il mis en garde en arrivant à une réunion avec les ministres européens de la Défense.

«Nous voyons des mouvements de troupes, d’équipements, de tanks, d’artillerie et aussi de systèmes de défense antiaérienne modernes», a détaillé M. Stoltenberg. «C’est un renforcement militaire très grave (…) à la fois en Ukraine et sur le côté russe de la frontière» observé par l’OTAN, mais aussi par des sources sur place, comme des «journalistes indépendants» ou les observateurs internationaux de l’OSCE, a-t-il ajouté.

Les accusations de déploiement massif russe avancées depuis plus d’une semaine par Kiev et les Occidentaux sont qualifiées d’«élucubrations» par la diplomatie russe, mais les autorités ukrainiennes disent se préparer au «pire scénario» dans le conflit qui a déjà fait plus de 4100 morts depuis la mi-avril.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui va s’entretenir avec M. Steinmeier dans l’après-midi à Moscou a d’avance douché les espoirs d’accalmie dans la crise en estimant qu’il ne fallait pas attendre d’avancée immédiate.

«Mais nous apprécions notre dialogue régulier avec l’Allemagne», a-t-il déclaré depuis Minsk.

Après l’accueil glacial réservé à Vladimir Poutine le week-end dernier lors du sommet du G20 en Australie, M. Lavrov a tout de même déclaré espérer que les relations de la Russie avec l’Union européenne n’aient pas atteint un point de «non-retour».

Le responsable russe a également pressé les autorités ukrainiennes de respecter la trêve conclue le 5 septembre, mais quotidiennement violée par les deux parties, et de s’engager dans des négociations avec les rebelles.