Agressions sexuelles: avant de quitter le Pentagone Chuck Hagel rappelle qu’il y a encore du chemin à faire

Des soldats américains assistent à une séance de prévention du suicide (Photo: Sgt Anthony Mitchell, 3rd Medical Deployment Support Command, US Army)
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Des soldats américains assistent à une séance de prévention du suicide (Photo: Sgt Anthony Mitchell, 3rd Medical Deployment Support Command, US Army)
Des soldats américains assistent à une séance de sur la santé mentale. (Archives/Sgt Anthony Mitchell/3rd Medical Deployment Support Command/US Army)

S’appuyant sur un nouveau sondage, le Pentagone a affirmé que les victimes d’agressions sexuelles dans l’armée américaine sont souvent mises à l’écart par leurs collègues et privées de promotion après avoir dénoncé les faits auprès de leurs supérieurs.

Si le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a noté que l’armée avait fait des «progrès substantiels» dans la prévention des agressions sexuelles, il a également reconnu du même souffle qu’il restait encore à faire pour protéger les victimes.

«L’éradication de l’agression sexuelle dans nos rangs n’est pas seulement essentielle à la santé à long terme et la préparation de la force, a déclaré Hagel, mais c’est aussi le respect de nos engagements les plus élevés pour protéger nos concitoyens et soldats, marins, aviateurs et US Marines».

«Quand une victime fait état d’une agression sexuelle, elle doit être entourée et aidée, pas rejetée et punie», a affirmé le ministre qui a donné récemment sa démission.

Ce dernier a présenté jeudi des mesures pour protéger les victimes d’éventuelles représailles, des formations plus complètes pour les officiers juniors et « de nouvelles procédures » à suivre pour les supérieurs hiérarchiques.

Près de 6.000 militaires ont rapporté avoir été victimes d’agressions sexuelles entre octobre 2013 et octobre 2014, contre 5.500 l’année précédente, soit une augmentation de 8%, selon un nouveau sondage dévoilé jeudi.

Le général Martin Dempsey, Chef d’état-major des armées des États-Unis, a déclaré que «la mission est loin d’être achevée».

Le rapport montre que les efforts du Département de la Défense ont eu un impact. «D’abord, nous avons eu un nombre d’incidents vers le bas. Nous l’avons fait, a-t-il dit, soulignant qu’«il y avait moins de cas d’agressions sexuelles ou de contacts sexuels non désirés pour l’exercice 2014 par rapport à 2012».

L’armée est passée de 26.000 à environ 19.000 incidents. «Mais ce sont encore 19.000 de trop», a lancé du même coup le général Dempsey.

Le questionnaire, auquel les militaires répondaient de manière anonyme, a mis en lumière que 62% des femmes victimes d’agressions sexuelles affirment avoir subi brimades et représailles après avoir dénoncé les faits.

Près de la moitié des plaignants étaient des hommes, montre cette étude.

Ces tendances sont encourageantes, ont noté des responsables du Pentagone: le nombre d’agressions sexuelles semble en déclin et les victimes portent plus facilement plainte. Le problème des représailles contre les victimes qui parlent reste cependant préoccupant.

L’armée américaine est sous le feu des projecteurs depuis trois ans avec plusieurs hauts gradés éclaboussés par des affaires de moeurs. Le président Barack Obama a, de multiples fois, fait part de sa colère, dont en mai 2013, où il estimait que les militaires coupables d’agressions sexuelles risquaient de saper la confiance dans l’armée américaine.

L’abus d’alcool est souvent la principale cause d’agression sexuelle et le chef du Pentagone, Chuck Hagel, qui doit céder sa place prochainement, a ordonné une révision complète de la politique concernant la consommation d’alcool dans l’armée.