Enquête sur cautionnement reportée: le Canado-Tunisien arrêté pour «propos terroristes» reste derrière les barreaux

Un homme de 36 ans, soupçonné d'avoir tenu des propos faisant craindre des activités terroristes, a été arrêté dimanche à l'aéroport Pierre-Elliot Trudeau par la Sûreté du Québec (tirée de Facebook)
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Un homme de 36 ans, soupçonné d'avoir tenu des propos faisant craindre des activités terroristes, a été arrêté dimanche à l'aéroport Pierre-Elliot Trudeau par la Sûreté du Québec (tirée de Facebook)
Nejib Belhaj-Chtioui, un homme de 36 ans avec la double nationalité canadienne et tunisuenne, soupçonné d’avoir tenu des propos faisant craindre des activités terroristes et arrêté dimanche à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau par la Sûreté du Québec restera détenu jusqu’à nouvel ordre (tirée de Facebook)

Nejib Belhaj-Chtioui, arrêté par la Sûreté du Québec dimanche à l’aéroport Montréal-Trudeau à son retour de Tunisie pour des «propos terroristes» et dont l’enquête sur cautionnement avait lieu ce mardi 9 décembre restera encore détenu jusqu’à nouvel ordre.

À l’enquête sur cautionnement ce mardi du Canado-Tunisien arrêté dimanche à sa descente d’avion pour des «propos terroristes», la juge a reporté l’audience et l’accusé reviendra maintenant devant le tribunal jeudi 11 décembre.

L’enquête sur cautionnement devait s’amorcer aujourd’hui, mais, l’accusé annonçant qu’il avait un nouvel avocat, Me Nicolas Welt de l’aide juridique, et celui-ci n’ayant pas pu prendre encore connaissance de la preuve, l’affaire a été reportée.

L’accusation s’était déjà objectée lundi à la libération sous caution de Belhaj-Chtioui. Selon la procureure Lucie Martineau, un mandat d’arrestation avait été émis en 2013 à l’encontre de Belhaj-Chtioui, mais l’accusé ne serait jamais rentré au pays après l’émission de ce mandat.

Nejib Belhaj-Chtioui, 36 ans, fait face à deux accusations criminelles: d’avoir transmis des renseignements qui, compte tenu du contexte, sont susceptibles de faire raisonnablement craindre que des activités terroristes sont ou seront menées et d’avoir commis des actes qui, compte tenu du contexte, sont susceptibles de faire raisonnablement craindre que des activités terroristes sont ou seront menées.

Le porte-parole de la Sûreté du Québec, le sergent Ronald McInnis, a expliqué que les autorités avaient commencé à enquêter sur Belhaj-Chtioui après avoir été averties que le suspect avait tenu sur Facebook des propos pouvant faire craindre des activités terroristes.

L’enquête a été menée par le Service des enquêtes sur la menace extrémiste de la Sûreté du Québec

Pour l’instant, ni la police, ni l’accusation n’ont donné de détails sur les propos publiés par Chtioui, mais il semble que l’accusé était dans la mire des autorités policières depuis mai 2011.

On ne badine plus avec les menaces

Dans une autre affaire le 2 décembre, la Sûreté du Québec a procédé à l’arrestation d’un homme relativement à des menaces diffusées sur Internet.

Il ne s’agissait pas cette fois de menaces terroristes, mais cela démontre que la police prend dorénavant très au sérieux toutes les menaces, peu importe l’intention et même sur Internet, peut-être même surtout sur Internet.

«Tout propos haineux ou menaçant fera l’objet d’une enquête et son auteur sera retracé», prévient désormais la Sûreté.

En outre, dans le cas de menaces terroristes, le Code criminel canadien rend passible d’une peine maximale de cinq ans de prison les personnes qui transmettent ainsi des informations menaçantes visant à instiller la peur,  peu importe que les informations s’avèrent  vraies ou fausses ultérieurement.

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83.231 (1) Commet une infraction quiconque, sans excuse légitime et avec l’intention de provoquer une personne à craindre la mort, des lésions corporelles, dommages substantiels aux biens ou une entrave sérieuse à l’utilisation ou l’exploitation légitime de la propriété,

(a) transmet ou fait en sorte que soit véhiculée une information qui , dans les les circonstances, est susceptible de provoquer une crainte raisonnable que des activités terroristes sont ou seront menées, sans être convaincu de leur véracité; ou

(b) commet un acte qui, dans les circonstances, est susceptible de provoquer une crainte raisonnable que des activités terroristes sont ou seront menées, sans croire que cette activité se produit ou se produira.

En septembre dernier le groupe extrémiste l’État islamique lançait un appel  qui faisait un devoir à tout musulman, où qu’il soit, de tuer les «infidèles».

Depuis, les 20 et 22 octobre à St-Jean-sur-Richelieu et Ottawa, deux militaires canadiens ont été assassinés par des aspirants djihadistes.

De plus, la semaine dernière un aspirant djihadiste âgé de 15 ans était arrêté dans la métropole québécoise et, il y quelques jours, un Canadien d’Ottawa converti à l’Islam et passé au djihad menaçait tout les Canadiens dans une vidéo.

Au Canada, dont les nerfs  es autorités et des cotoyens commencent à être à vif, on risque désormais de réagir même à l’ombre d’un danger et on ne badine plus avec les menaces, comme vient de s’en apercevoir Nejib Belhaj-Chtioui.