France: des policiers abattent un islamiste présumé qui les agressait… dans un commissariat!

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Vers 14h00 locales, un homme armé d'un couteau est entré au commissariat de la localité de Joué-lès-Tours a blessé au visage un policier qui se trouvait à l'accueil, et deux de ses collègues. (Archives/Police nationale)
Vers 14h00 locales, un homme armé d’un couteau est entré au commissariat de la localité de Joué-lès-Tours a blessé au visage un policier qui se trouvait à l’accueil, et deux de ses collègues. (Archives/Police nationale)

Un homme criant «Allah Akbar» a blessé trois policiers samedi après-midi dans le commissariat de Joué-lès-Tours, en France, avant d’être abattu. Une enquête a été ouverte pour tentative d’assassinat et association de malfaiteurs, le tout en lien avec une entreprise terroriste.

«Cela ressemble au mode d’action préconisé par le groupe Etat islamique (EI), actif en Syrie et en Irak de s’en prendre ainsi aux forces de l’ordre», a déclaré à l’AFP une source proche de l’enquête.

C’est d’ailleurs ce qu’avait demandé de faire le groupe islamiste dans un appel au meurtre, fin septembre.

Il était près de 14 heures, quand le jeune homme de 20 ans s’est présenté dans le commissariat et semblait particulièrement énervé. Trois policiers ont tenté de l’approcher pour le calmer. mais sans aucune explication, l’homme a sorti un couteau qu’il a caché dans son dos. Aussitôt, il s’attaque à un policier et le blesse au niveau de la joue et de l’oreille, sans toucher la carotide, tout en criant «Allah Akbar». Il donne un autre coup de couteau aux deux autres agents en service. Un adjoint de sécurité sort alors son arme et tire à deux reprises sur l’homme, qui meurt sur le coup.

L’agresseur, un Français né au Burundi en 1994, mais dont le nom n’a pas été publié (certains médias indiquant le prénom de Bertrand N.) serait connu des services de police. L’agresseur avait commis des actes de délinquance classiques mais n’était pas fiché pour des activités à caractère terroriste, selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui avait auparavant condamné «l’agression brutale d’un policier à l’arme blanche». Dans un communiqué, le ministre a «salué le sang-froid et le professionnalisme des policiers».

En revanche, le frère de l’agresseur est connu des services de police pour ses positions radicales et a un temps envisagé de partir en Syrie avant de renoncer, selon la même source.

Le Premier ministre Manuel Valls a apporté son soutien aux policiers gravement blessés et choqués, promettant la «sévérité de l’État» à ceux qui s’en prennent à eux.

La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête pour tentative d’assassinat et association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.

Le retour de djihadistes français qui ont combattu en Syrie, avec des projets individuels ou commandités par l’EI, est d’ailleurs l’inquiétude numéro une des autorités françaises, même si l’individu isolé autoradicalisé est aussi une crainte, d’autant qu’il s’agit d’actes plus difficiles à déjouer.

Acte terroriste, loups solitaires

Faut-il donc y voir l’ombre de l’islamisme radical du groupe EI derrière l’attaque de samedi ?

Depuis plusieurs mois, les «incidents» isolés se sont multipliés, comme au Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu, le 20 octobre et à Ottawa deux jours plus tard, ainsi que plus récemment en Australie à Sydney.

Depuis l’été 2013, cinq projets d’actions terroristes djihadistes ont été déjoués en France, selon M. Cazeneuve. Plus de 1.200 Français ou personnes résidant en France sont impliquées dans les filières djihadistes vers la Syrie ou l’Irak, un chiffre qui a doublé depuis le début de l’année.