Le Canado-Tunisien arrêté à l’aéroport Montréal-Trudeau pour des propos terroristes reste détenu

Aéroport Montréal Trudeau (WikiCommons)
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Un homme de 36 ans, soupçonné d'avoir tenu des propos faisant craindre des activités terroristes, a été arrêté dimanche à l'aéroport Pierre-Elliot Trudeau par la Sûreté du Québec (tirée de Facebook)
Un homme de 36 ans, soupçonné d’avoir tenu des propos faisant craindre des activités terroristes, a été arrêté dimanche à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau par la Sûreté du Québec (tirée de Facebook)

On ne badine pas avec le terrorisme: l’homme arrêté hier par le Service des enquêtes sur la menace extrémiste de la Sûreté du Québec à l’aéroport Montréal-Trudeau en lien avec des propos et des actes susceptibles de faire craindre des activités terroristes et qui comparaissait aujourd’hui au Palais de Justice de Montréal restera détenu.

Le message est clair, le Canada a perdu son innocence et ne plaisante plus avec le terrorisme.

Nejib Belhaj-Chtioui, 36 ans, un ancien employé de Bell Canada, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrestation, a été arrêté à l’aéroport Montréal-Trudeau, alors qu’il revenait au pays après un séjour en Tunisie.

Le canular à l’origine de l’arrestation de l’accusé remonterait à mai 2013. On ne sait pas pour l’instant si la cible aurait été au Canada ou ailleurs.

Le Sergent Audrey-Anne Bilodeau de la Sûreté du Québec a indiqué que le suspect est un citoyen canadien qui semble partager son temps entre la Tunisie et Montréal et n’a pas d’adresse permanente ici. «Il semble aller et venir toutes les quelques semaines ou quelques mois». «Ici, il a des parents et amis, mais pas d’adresse permanente.», a déclaré la porte-parole de la Sûreté.

Il comparaissait cet après-midi au Palais de justice de Montréal aujourd’hui où il fera face à des accusations d’avoir transmis des renseignements qui, compte tenu du contexte, sont susceptibles de faire raisonnablement craindre que des activités terroristes sont ou seront menées et d’avoir commis des actes qui, compte tenu du contexte, sont susceptibles de faire raisonnablement craindre que des activités terroristes sont ou seront menées.

Le Code criminel canadien rend en effet passible d’une peine maximale de cinq ans de prison les personnes qui transmettent ainsi des informations menaçantes visant à instiller la peur, peu importe que les informations s’avèrent vraies ou fausses ultérieurement.

On ne plaisante pas avec le terrorisme et l’accusation s’est opposé à la libération sous caution opposition de Nejib Belhaj-Chtioui qui restera détenu, au moins jusqu’à son enquête sur le cautionnement prévue pour mardi matin, toujours au Palais de justice de Montréal.

Depuis l’appel lancé en septembre par l’État islamique en septembre qui fait un devoir à tout musulman, où qu’il soit, de tuer les «infidèles» et l’assassinat les 20 et 22 octobre à St-Jean-sur-Richelieu et Ottawa de militaires canadiens par des aspirants djihadistes, les menaces n’ont cessé de se multiplier.

La semaine dernière un aspirant djihadiste âgé de 15 ans était arrêté dans la métropole québécoise et, il y quelques jours, un Canadien d’Ottawa converti à l’Islam et passé au djihad, menaçait tous les Canadiens dans une vidéo.

Tout récemment, le Canada se proposait de durcir encore la Loi sur le terrorisme et de donner plus de pourvoir à ses services de sécurité et renseignement.

Au Québec, la Gendarmerie royale du Canada, la Sûreté du Québec et le Service de police de la Ville de Montréal composent la Structure de gestion policière contre le terrorisme (SGPCT) et collaborent, dans le cadre de cette structure, avec les divers services de police municipaux pour combattre le terrorisme.

Dans le communiqué annonçant l’arrestation de l’homme, la Sûreté du Québec rappelle aux citoyens l’importance d’être vigilant et de signaler toute information sur le terrorisme ou sur des activités suspectes connexes à la Centrale de l’information criminelle ou à leur service de police local.