Suède: collision évitée entre un avion militaire russe et un avion de passagers

Le Premier ministre suédois Stefan Loefven (au premier plan), suivi du ministre de la Défense Peter Hultqvist, le 14 novembre 2014 à Stockholm (Claudio Bresciani/AFP)
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Le Premier ministre suédois Stefan Loefven (au premier plan), suivi du ministre de la Défense Peter Hultqvist, le 14 novembre 2014 à Stockholm (Claudio Bresciani/AFP)
Le Premier ministre suédois Stefan Loefven (au premier plan), suivi du ministre de la Défense Peter Hultqvist, le 14 novembre 2014 à Stockholm (Claudio Bresciani/AFP)

Pour la deuxième fois cette année, un avion militaire russe, transpondeur éteint, pour échapper à un radar commercial est passé près d’entrer en collision avec un avion de passagers au-dessus de la Suède.
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Mise à jour au 14/12/2014 à 13h53

Le ministère de la Défense de la Russie a démenti dimanche les déclarations affirmant que, pour la deuxième fois cette année, un avion militaire russe avait failli entrer en collision avec un avion de passagers suèdois, insistant sur le fait que les deux avions n’ont jamais été à moins de 70 kilomètres de distance l’un de l’autre.

Scandinavian Airlines, qui opérait le vol commercial, a également déclaré que l’incident avait été exagéré et que le vol de vendredi de Copenhague à Poznan, en Pologne, n’avait pas été mis en péril.

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Sur les ondes d’une radio suédoise, le ministre suédois de la Défense, Peter Hultqvist, a qualifié l’incident rapporté par la revue suédoise Expressen de «grave» et «inapproprié».

Les autorités du ministère russe de la Défense n’ont pas immédiatement voulu commenter.

L’avion militaire russe est passé près de la collision, au-dessus du sud du pays, avec un avion commercial de passagers qui avait décollé de Copenhague vendredi, ont indiqué aujourd’hui les autorités suédoises.

Le commandant des forces aériennes suédoises, le major général Micael Byden, a déclaré que les transpondeurs de l’appareil, qui le rendent visible sur les radars commerciaux, avaient été éteints. Des avions de chasse ont été déployés et l’ont identifié comme un avion de renseignement russe.

Le général Byden considère l’incident dans l’espace aérien international «plutôt grave», d’autant plus que l’avion de passagers a immédiatement dû changer de trajectoire. Des médias suédois et danois affirment que l’avion se rendait en Pologne, mais la compagnie aérienne ou le nombre de passagers à bord n’ont pas été confirmés.

En mars, un avion russe était passé à 100 mètres d’un avion du transporteur aérien suédois SAS.

Dans les derniers mois, la Russie a intensifié sa présence militaire dans la région de la mer Baltique, ce qui a mené des autorités en Suède à comparer la situation avec la Guerre froide.

En octobre, la Suède avait lancé sa première chasse au sous-marin depuis la chute de l’Union soviétique.

Les autorités ont affirmé qu’un petit sous-marin étranger était entré illégalement en eaux suédoises, mais ne l’ont jamais retrouvé et n’ont pas révélé sa nationalité.

Mais, si l’armée et le gouvernement n’ont jamais dit soupçonner les Russes, tous les experts militaires sont convaincus de leur implication.

Devant les ambitions russes, la Suède revoit sa défense

Les ambitions russes ont amené la Suède à entreprendre un renforcement de ses capacités militaires après une décennie de diète, mais elle aura besoin de plusieurs années avant d’avoir une dissuasion crédible.

Le gouvernement a réintroduit la possibilité d’appeler ses anciens conscrits à des exercices militaires, l’une des mesures les plus radicales décidées depuis la fin de la Guerre froide par un pays qui avait eu tendance à se désarmer.

Le ministre de la Défense Peter Hultqvist a invoqué à la télévision «le réarmement de la Russie», l’annexion de la Crimée et son rôle dans le conflit dans l’Est de l’Ukraine.

«Il y a un historique de coups de coude donnés par la Russie à ses voisins, y compris la Suède», rappelle Stefan Hedlund, chercheur au Centre d’études russes et eurasiennes de l’université d’Uppsala, cité par l’AFP.

«Cela pourrait même concerner un petit peu plus la Suède puisqu’ils [les Russes] voient que c’est un pays sans aucune capacité de se défendre», dit l’expert

La mobilisation pour de nouvelles manoeuvres de 7.500 Suédois ayant effectué soit leur service militaire entre 2004 et 2011, soit une formation militaire en tant que volontaire, ne pourra toutefois avoir lieu qu’à partir de fin 2015.

Mais la mesure démontre le sérieux avec lequel la Suède, qui a fêté cette année 200 ans sans guerre, à prend les menaces réelles ou supposées contre son territoire.

Là menace russe pourrait amener la Suède à devenir membre de l’Otan, réintroduire la conscription et rebâtir sa défense.

Selon un sondage Ipsos réalisé en avril, 45% des Suédois souhaiteraient un accroissement des dépenses militaires, 36% une stabilité, et seulement 10% une baisse

*Avec AFP