Ukraine: le Canada n’attend pas et y va d’un nouveau train de sanctions contre la Russie

Le président ukrainien Petro Porochenko est arrivé à Ottawa mardi soir pour une visite à Ottawa, où il s'est aussi adressé aux parlementaires canadiens (Service de presse de la présidence ukrainienne)
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Le président ukrainien Petro Porochenko est arrivé à Ottawa mardi soir pour une visite à Ottawa, où il s'est aussi adressé aux parlementaires canadiens (Service de presse de la présidence ukrainienne)
Le président ukrainien Petro Porochenko et le premier ministre Stephen harper lors de la visite du chef d’État ukrainien à à Ottawa en septembre 2014 (Service de presse de la présidence ukrainienne)

Alors que les efforts de paix s’enlisent en Ukraine où cinq soldats ont été tués en 24 heures dans l’Est rebelle prorusse, le Canada n’attend pas les Américains et annonce ce vendredi 19 décembre de nouvelles sanctions économiques contre la Russie et des interdictions supplémentaires de voyager contre 20 individus russes et ukrainiens, ainsi que de nouvelles restrictions à l’exportation de technologies utilisées par le secteur de l’exploration et de l’extraction du pétrole en Russie.

Déjà frappée par de lourdes sanctions économiques occidentales qui ont participé à aggraver une crise monétaire, la Russie risque aussi de nouvelles mesures américaines contre ses entreprises énergétiques et militaires.

Le président Obama a en effet promulgué hier une loi qui lui donne la possibilité d’introduire de nouvelles sanctions contre la Russie, ce qui, selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, peut «saper pour longtemps» les relations entre les deux pays.

Mais le président américain n’envisage pas de nouvelles sanctions à l’encontre de Moscou dans l’immédiat, ayant indiqué à plusieurs reprises qu’il jugeait contre-productive l’imposition de sanctions américaines supplémentaires sans coordination avec l’Union européenne.

Après l’Union européenne, les États-Unis se sont contenté d’interdire à leur tour tous les échanges commerciaux avec la Crimée pour protester contre l’annexion de cette péninsule ukrainienne par Moscou au printemps dernier, a annoncé vendredi le président Barack Obama.

Le premier ministre Harper, lui, y va tout de suite d’un nouveau train de sanctions visant l’ensemble de la Russie, sanctions dont la valeur reste en partie symbolique, puisque le Canada n’a pas de toutes façons de liens économiques forts avec la Fédération de Russie, mais qui parviennent tout de même à agacer Moscou qui a déjà déclaré comprendre mal l’acharnement et l’intérêt des Canadiens à agir de la sorte.

«Depuis le début du conflit, le régime Poutine a constamment violé l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine», explique pour sa par le premier ministre canadien.

«Le Canada n’acceptera pas l’occupation illégale de la Crimée et l’activité militaire persistante et provocatrice menée dans l’est de l’Ukraine. Par conséquent, nous annonçons encore une fois de nouvelles sanctions économiques et interdictions de voyager contre des individus russes et ukrainiens. Nous imposons également de nouvelles restrictions à l’exportation de technologies utilisées par le secteur de l’exploration pétrolière et de l’extraction de la Russie, en plus de préciser davantage les interdictions existantes liées au financement par emprunt et au financement par actions», a expliqué le premier ministre Harper.

«Les sanctions que nous avons imposées à ce jour, en étroite collaboration avec nos alliés et partenaires, exercent de réelles pressions économiques sur la Russie pour la pousser à mettre fin à son militarisme dans le territoire ukrainien», a affirmé dans le communiqué annonçant ce nouveau train de sanctions le chef du gouvernement canadien.

«Le Canada demeurera inébranlable dans le soutien qu’il accorde à la population ukrainienne, qui poursuit sa lutte pour la paix et la liberté contre le régime Poutine. Nous restons prêts à mettre en place d’autres mesures proposées, de concert avec nos alliés et partenaires, s’il y a lieu», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le premier ministre Harper s’est également entretenu aujourd’hui avec le Président ukrainien Petro Porochenko.

Il a félicité l’Ukraine pour son gouvernement récemment formé, et a encouragé l’Ukraine à faire preuve de détermination dans sa quête de réformes profondes et rigoureuses.

Les dirigeants ont aussi discuté de la situation dans l’est de l’Ukraine et de la nécessité de réagir à l’agression russe. Le Premier ministre Harper a réitéré le soutien du Canada envers l’Ukraine, qui se manifeste notamment par des mesures concrètes comme la livraison de trousses pour l’hiver et d’autre équipement militaire non létal. Il a aussi souligné l’importance de la Déclaration d’intention, signée récemment, qui porte sur la coopération en matière de défense. Les deux dirigeants se sont aussi engagés à mener à bien les négociations sur le libre-échange entre le Canada et l’Ukraine le plus rapidement possible.

Les représentants de Kiev et des rebelles n’étaient pas parvenus vendredi soir à fixer une date pour la réunion de Minsk destinée à relancer le processus de paix et ainsi mettre fin à conflit qui a fait plus de 4.700 morts jusqu’à maintenant.