Un jeune Canadien radicalisé arrêté à Montréal après avoir menacé des postes de police

Le Service de Police de la Ville de Montréal a dépêché des spécialistes afin de contenir la menace (Sgt Sébastien Frechette/AP 5 GBMC)
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Le Service de Police de la Ville de Montréal a dépêché des spécialistes afin de contenir la menace (Sgt Sébastien Frechette/AP 5 GBMC)
Un véhicule du Service de Police de la Ville de Montréal Archives/Sgt Sébastien Frechette/AP 5 GBMC)

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) annonce l’arrestation d’un jeune Canadien de 21 ans, Jeffrey Labelle, jusqu’ici sans antécédents judiciaires, mais qui aurait récemment proféré des menaces de nature terroriste après s’être radicalisé.
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Mise à jour au 22/12/2014

La comparution de Jeffrey Labelle a été remise à mardi 23 décembre au Palais de Justice de Montréal où son avocate, Me Julie Bernier, devrait faire témoigner son père lors de sa requête pour remise en liberté.

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L’individu radicalisé, qui a été arrêté « préventivement », aurait proféré des menaces à l’endroit d’au moins quatre postes de police de Montréal.

C’est sa propre mère, inquiète, qui l’aurait dénoncé à la police, avisant les autorités que le suspect commençait à se radicaliser depuis quelques semaines et l’individu a finalement été arrêté vendredi par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et il pourrait comparaître au tribunal en journée, ce lundi 22 décembre, au Palais de justice de Montréal.

Qu’il y ait lieu de porter des accusations ou pas contre un individu, la loi prévoit que des policiers peuvent emmener des gens contre leur gré à l’hôpital s’ils deviennent très dangereux pour eux ou pour autrui. Un membre de la famille, un voisin, donc, peut appeler la police.

Labelle n’est un immigrant de première ou deuxième génération, mais bel et bien d’un Canadien ‘de souche’ « comme le jeune radicalisé de St-Jean-sur-Richelieu », a aussi tenu à souligner à 45eNord.ca le commandant Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM,se référant au jeune Martin « Ahmad » Couture Rouleau, le jeubne aspirant djihadiste qui a foncé avec sa voiture dans un parking sur un groupe de militaires en uniforme le 22 octobre, tuant l’adjudant Patrice Vincent.

Au domicile du jeune homme dans le quartier Saint-Michel, les policiers ont entre autres trouvé une carte de l’île de Montréal sur laquelle étaient identifiés quatre postes de police de quartier, Côte-Saint-Luc (9), Notre-Dame-de-Grâce (11), Montréal-Nord (39) et Saint-Léonard (42).

La police y aurait aussi trouvé des armes, une machette, un couteau de chasse et des cartouches de fusil de calibre 12, selon un proche du suspect.

Le SPVM a aussitôt avisé les postes de police concernés à la suite de cette arrestation.

L’individu sera maintenant accusé d’avoir «laissé craindre à des actes terroristes».

Comme on l’a vu dans le cas d’un autre individu arrêté début décembre à l’aéroport Montréal-Trudeau, le Code criminel canadien rend passible d’une peine maximale de cinq ans de prison les personnes qui transmettent ainsi des informations menaçantes visant à instiller la peur, peu importe que les informations s’avèrent vraies ou fausses ultérieurement ou que les menaces soient mises à exécution ou non.

Une évaluation psychiatrique devrait également être demandée en Cour, a également indiqué le commandant Lafrenière.

Montréal à l’heure du terrorisme

Le sentiment d’insécurité est à la hausse après l’assassinat de deux policiers, samedi après-midi, à New York et l’attaque au couteau ce même jour en France dans un commissariat par homme criant «Allah Akbar» qui a blessé trois policiers avant d’être abattu.

Depuis l’appel au meurtre lancée par le groupe l’État islamique le 22 septembre, les attaques se sont multipliés.

Ici, à Saint-Jean-sur-Richelieu, le 20 octobre et à Ottawa deux jours plus tard, des aspirants djihadistes ont abattu deux soldats avant d’être abattu à leur tour et, à Sydney en Australie tout récemment, une prise d’otages pas un autre individu radicalisé s,est terminé par la mort de deux otages et celle du preneur d’otages.

«Nos gens doivent être vigilants en tout temps. On voit ce qui se passe au Canada. Toronto a déjà sécurisé ses postes il y a quelques années et Ottawa est en train de le faire», a déclaré pour sa part le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, à l’antenne de la chaîne d’information continue LCN ce matin.

«Ça va nous prendre des mesures de sécurité renforcées partout sur le territoire. Quand il s’agit du crime organisé, on peut plus facilement travailler. Par contre, quand ce sont des individus isolés, c’est plus difficile», a indiqué Yves Francoeur, ajoutant que «Les policiers ne peuvent pas faire ce travail seuls. La population doit nous aider, notamment sur les réseaux sociaux, ou en faisant le 911 en cas de menace possible».

Les avantages de la médiatisation de ces cas, soit une vigilance et une collaboration du public, l’emporte nettement sur les inconvénients, comme le risque de susciter des « copy cats », confiait pour sa part à45enord.ca le commandant Lafrenière, responsable des communications du SPVM.

Dorénavant, comme plusieurs grandes villes avant elle, Montréal vit à l’heure du terrorisme et, désormais, une surveillance constante est menée par une structure antiterroriste au Québec composée d’agents de Gendarmerie royale du Canada (GRC), de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Dans ce cas-ci, la SQ et la GRC ont d’ailleurs effectivement participé à l’enquête du SPVM.